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    Fès: La mairie joue au trouble-fête!

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5702 Le 20/02/2020 | Partager
    Un nouvel arrêté communal organisationnel fait polémique
    L’objectif n’est pourtant que de réglementer les salles de fêtes
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    Les nouvelles conditions fixées par l’arrêté organisationnel communal concernant la gestion des salles de fêtes réduiraient de moitié les maisons se livrant à cette activité à Fès. Surtout celles situées dans des quartiers résidentiels, à côté des mosquées et cliniques… L’arrêté voté le 5 février dernier a suscité la colère des propriétaires et la joie des riverains. Encore faut-il qu’il soit approuvé par l’Intérieur (Ph. YSA)

    Voilà un nouvel arrêté organi­sationnel qui ne passe pas inaperçu. La mairie de Fès vient en effet d’approuver de nouvelles règles pour autoriser l’ou­verture et la gestion des salles de fêtes. Déclinée en 16 articles, la feuille votée le 5 février dernier s’appuie sur les «nom­breuses plaintes déposées par les voisins des propriétaires de ces salles».

    «Les ha­bitants mitoyens dénoncent les nuisances sonores ainsi que les problèmes liés à des endroits en fête tous les jours, et parfois dans des quartiers peuplés», explique-t-on. Et d’ajouter: «Certains ont porté leur contentieux avec les propriétaires de ces salles devant la justice».

    Pour endiguer ce phénomène, le maire PJD, Driss El Azami El Idrissi, a décidé de «limiter» les désagréments liés à la fête. Son but est de «fixer les règles d’octroi des autorisations d’exploitation des salles de fêtes». Définir les quartiers habilités à recevoir ce genre d’activités et garantir la quiétude des ci­toyens ne sont pas en reste. Décryptage.

    ■ Des arrêtés communaux qui ne font pas toujours l’unanimité
    A peine voté au conseil communal de Fès, le nouvel arrêté est dénoncé par nombre de propriétaires de salles de fêtes. Surtout, ceux qui exercent depuis plusieurs années et dont la nouvelle décision com­munale mettrait fin à leur activité. «Nous allons nous organiser dans le cadre d’une association professionnelle qui puisse dé­fendre nos intérêts», annonce l’un d’entre eux. Sous couvert d’anonymat, ce dernier affirme que «les propriétaires des salles feront un recours auprès des autorités lo­cales et judiciaires». D’autant plus qu’ils «ont investi énormément d’argent, payent leurs impôts et ne dérangent aucunement les riverains». Situées en majorité dans le quartier «route d’Imouzzer», ces «villas» de fêtes ont été appelées à respecter les ho­raires de travail, de 17h à minuit, en 2004. Mais voilà, 16 ans plus tard, qu’un nou­vel arrêté communal viendrait mettre fin à toute activité «festive» dans ce quartier résidentiel. «Et que dit-on des restaurants-bars logés au milieu de ce quartier et qui restent ouverts jusqu’à très tard dans la nuit (3 à 4h du matin)? s’interroge-t-on. A no­ter que ce n’est pas la première fois qu’un arrêté communal suscite des émois. Pour rappel, les élus de Fès avaient voté, en 2016, un arrêté organisationnel interdisant la mixité au sein des salons d’esthétique, de coiffure et spa. A l’époque, le ministère de l’Intérieur avait tapé fort en rappelant à l’ordre les élus de Fès.

    ■ Hygiène, sécurité, aération… ce que contient l’arrêté contesté
    Implantée au milieu des salles de fêtes de la route d’Imouzzer, une villa n’a pas eu dernièrement l’autorisation d’exploi­tation de ses voisines. «Sous prétexte que mon activité dérangerait les riverains, le maire a décliné ma demande», regrette un notable de la ville. Sans plus attendre, ce dernier a loué son local à une multinatio­nale. «Le loyer mensuel (50.000 DH) est versé dans la caisse d’une ONG qui milite pour les malades souffrant de problèmes valvulaires», confie-t-il. De son côté, Driss El Azami El Idrissi est catégorique. Le maire se dit «agir dans un cadre légal et afin d’assurer la quiétude des citoyens». Le nouvel arrêté que son bureau a fait valoir, lors de la dernière session, se réfère à la charte communale et aux décrets et lois régissant les collectivités locales (arrêté organisationnel 113.14, décret 1.15.85, loi des taxes communales 47.06). Au total, 16 articles régissent l’octroi des autorisations d’exploitation des salles de fêtes. «Se li­mite cette exploitation sur l’organisation des mariages et la célébration d’occasions familiales… Toute autre activité est pro­hibée», lit-on dans l’article 2 de l’arrêté contesté. Aussi, ces salles doivent respecter une distance de 200 mètres des mosquées (article 3), cliniques, et quartiers résiden­tiels à forte densité.

    ■ 90 jours pour se conformer aux nouvelles règles
    L’autorisation des salles de fêtes (article 5) sera désormais délivrée par la Commission unifiée régionale des inves­tissements (CURI) (www.cri-invest.ma) et selon de nouvelles conditions. Celles-ci se réfèrent à l’assurance, les conditions de sécurité, les issues de secours, l’aération, la lumière, l’hygiène, les extracteurs des odeurs et fumées et les systèmes d’iso­lation sonore. Pour ce dernier volet, la sonorité interne ne doit pas dépasser 100 décibels (50 décibels à l’extérieur de la salle). Et à partir de minuit, les haut-parleurs doivent être à l’arrêt. «La fête pourrait se poursuivre en silence». En outre, les salles de fêtes doivent disposer de multiples portes (grandes aussi) afin de faciliter l’évacuation en cas de problèmes (incendies, pannes électriques,…). Aussi, les voies d’accès à ses salles doivent être d’une largeur de 15 mètres. Bref, le nouvel arrêté n’a rien laissé au hasard. Même pour les parkings, le propriétaire doit engager du personnel qualifié. «Il est obligé d’être présent (ou quelqu’un qui le représente) durant ces fêtes afin de veiller sur les ac­tivités se déroulant dans le local sous sa propre responsabilité» (article 8). Aussi, ce dernier «doit s’engager» (article 9) à res­pecter ces conditions ainsi que les horaires de travail fixés par la commune. Celle-ci pourrait dépêcher une commission pour faire le constat de l’activité, établir des rapports de contravention, et statuer sur le sort des maisons de fêtes (les fermer pro­visoirement ou définitivement, ou encore les pénaliser en cas de manquement aux conditions de sécurité ou d’hygiène). Si­gnalons enfin que toutes les salles en exer­cice actuellement ont un délai de 90 jours pour se conformer aux nouvelles règles.

    Registre des réservations et alcool

    Selon l’article 8 de l’arrêté organisationnel, le registre des réserva­tions des fêtes familiales et autres activités doit être mis à la disposition des autorités élues. «Cette mesure rappelle celle des fiches de police remplies au niveau des établissements hôteliers», fait remarquer un observateur. Et d’ironiser: «Vu les nouvelles conditions, les Fassis devraient faire la fête chez eux». Il est à noter par ailleurs que la capacité des salles de fêtes, leurs plans d’accès, ainsi que les emplacements des cuisines, bonbonnes de gaz, WC, cartes sanitaires du personnel, entre autres, doivent être mentionnés. Il est enfin interdit de servir de l’alcool, ou produits similaires, au sein de ces salles (article 10), sous peine de les fermer à jamais.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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