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Economie

Maroc-Turquie: La riposte par le textile

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5696 Le 12/02/2020 | Partager
Le déficit en défaveur du Maroc atteint 20 milliards de DH
Les pertes d’emploi dans ce secteur se comptent en plusieurs dizaines de milliers
Des compensations pour contrebalancer les pertes avec l’UE et les USA
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Moulay Hafid Elalamy et Ruhsar Pekcan, la ministre turque du commerce, à l’issue  de la réunion du comité mixte de l’accord de libre-échange Maroc-Turquie à Rabat le 15 janvier dernier. Une réunion qui a abordé l’épineux dossier des exportations massives de la Turquie vers le Maroc, notamment dans le textile-habillement (Ph Bziouat)

La séance des questions orales de lundi dernier a été animée. Le choix du thème relatif au bilan des accords de libre-échange (ALE) fait par plusieurs groupes parlementaires, n’était pas anodin.

Dans un premier temps, le ministre du Commerce et d’Industrie s’est contenté de rappeler que Rabat avait signé deux sortes d’accords: les petits, qui ne posent pas de problèmes et les grands dont les montants sont importants.

Ces derniers, qui concernent les Etats-Unis, l’Union européenne et la Turquie, enregistrent un déficit sérieux en défaveur du Maroc. Par la suite, pour planter le décor, Moulay Hafid Elalamy a abordé les trois zones de libre-échange dont les montants du déficit donnent le tournis. En tête, les relations avec la Turquie, où le déficit s’élève à 18 milliards de DH.

«Rabat n’achète ni hydrocarbures ni avions», précise Moulay Hafid Elalamy. Dans le cadre des investissements extérieurs, ce pays représente moins de 1% et naturellement, sans le moindre soutien. Pourtant, à titre de comparaison, avec d’autres pays, les investissements turcs sont importants. C’est le cas en Algérie où Ankara investit 5,4 milliards de dollars.

Dans les détails, ce problème avec la Turquie se situe dans le textile où les pertes d’emplois sont en progression. Ainsi, en 2017, ce sont 44.000 personnes qui se sont retrouvées au chômage. Il y a trois ans, le ministère était intervenu pour limiter les arrivées de marchandises en provenance de la Turquie via des droits de douane. «Le phénomène a baissé,  mais en 2020, nous ne pouvons plus continuer sur cette voie», a noté Moulay Hafid Elalamy.

Une première réunion avec son homologue turque a permis de lui signifier la nécessité de stopper cette dérive et de trouver une solution au problème dans ce secteur. Autrement, le ministre s’est dit «prêt à déchirer l’accord» si la Turquie continue à faire la sourde oreille. 

Par la suite, «la ministre turque est venue au Maroc pour nous dire qu’il était impossible de revoir l’ALE puisque ces accords étaient asymétriques. Pourtant, cela existe et dans le cadre de l’OMC», note le ministre. Si la Turquie ne veut pas geler l’accord, ni le réviser, alors que faire, s’est interrogé Moulay Hafid Elalamy devant les députés en rappelant qu’il ne peut pas laisser des marocains licenciés et jetés à la rue.

Finalement, la Turquie a accepté de revoir cet accord pour que le Maroc trouve la meilleure solution. «Nous devions le concrétiser vers la fin janvier, mais elle a demandé un délai pour le 6 février. Dans les prochains jours ou semaines, nous allons aboutir à des solutions». La ministre turque a accepté les listes négatives. En plus, «il est inconcevable de continuer avec zéro investissement au Maroc. Ailleurs, le déficit est accompagné par des compensations», dit-il.

Par ailleurs, lors de cette séance, les députés ont appris que le déficit avec l’Union Européenne atteint 75 milliards de DH par an. L’étude menée montre que la source de ce déséquilibre provient notamment de l’importation des hydrocarbures qui dépassent 20 milliards de DH.

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Les importations réalisées dans le cadre de l’accord avec la Turquie continuent d’augmenter, enregistrant en 2018 une hausse de 14,7%, soit 2 milliards de DH de plus

Toutefois, ces dernières années, sa progression a été ralentie. Pour convaincre, il a cité les importations des voitures à hauteur de 18 milliards de DH, mais contrebalancées par des exportations des mêmes produits pour 60 milliards de DH. En effet, l’Europe dispose de plus de 71% de ces investissements extérieurs au Maroc.

A cela s’ajoute l’appui financier de ces pays sous forme de subventions. Ainsi, entre 2014 et 2020, l’Europe a donné au Maroc 1,4 milliard d’euros, soit plus de 15,4 milliards de DH. En plus des touristes européens, les MRE transfèrent des devises au Maroc. «Lorsque nous voyons de plus près, nous trouvons que la relation entre le Maroc et l’Europe des 27 pays est bénéficiaire. Surtout que nous devons acheter les hydrocarbures d’Europe ou d’ailleurs», a indiqué le ministre.    

Le 2e accord important est avec les USA: le déficit est de 20 milliards de DH dont 15 milliards de DH d’hydrocarbures et 3,5 milliards de DH pour l’achat des avions Boeing. «Nous ne construisons que 32% des avions, nous ne sommes pas encore arrivés à 100%», rappelle le ministre du Commerce et d’Industrie.

Au niveau des investissements étrangers, les Etats-Unis représentent 6%. Quant aux dons, ils sont de l’ordre de 1,2 milliard de dollars, soit près de 12 milliards de DH, accordés dans le cadre du Compact Millenium challenge.

                                                                  

Le cas BIM

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Le cas de la chaîne de magasins BIM n’a pas échappé à la vigilance du ministre du Commerce et d’Industrie. En effet, il y a 5 ans, Moulay Hafid Elalamy a convoqué son président pour lui signifier son mécontentement et attirer son attention sur les dégâts provoqués par les multiples implantations sur le réseau commercial local.

Par conséquent, la partie marocaine ne pouvait pas rester les bras croisés. «Je lui ai dit que c’était impossible de rester dans les relations actuelles. Vous avez investi au Maroc avec l’appui de votre pays. C’est très bien. Mais dès que vous entrez dans un quartier, ce sont 60 commerçants qui baissent les rideaux».

De plus, poursuit-il, les produits vendus par cette chaîne ne sont pas marocains. «Si nous arrivons au moins à 50% des marchandises locales écoulées dans les magasins BIM, nous pouvons à la limite comprendre. Mais là ce n’est pas le cas. Donc, il est impossible de continuer dans cette voie sans arrêter cette activité par tous les moyens», a-t-il martelé.

Mohamed CHAOUI

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