×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

International

Brexit: «L’UE, je te quitte…»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5687 Le 30/01/2020 | Partager
31 janvier 2020: date du grand départ
Ce qui va changer au 1er février
brexit-087.jpg

Vendredi dans la soirée, l'UE va pour la première fois perdre un Etat membre, qui plus est l'un des plus grands et des plus riches pays du bloc. Avec le départ de 66 millions d'habitants, l'Union verra sa population passer à quelque 446 millions. Son territoire diminuera de 5,5%. Si jamais le Royaume-Uni décidait un jour de revenir, il devrait se soumettre à la procédure d'adhésion habituelle (Ph. AFP)

Sauf surprise, le Brexit interviendra vendredi 31 janvier dans la soirée, soit 1.317 jours après la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne. En s'éloignant, le Royaume-Uni entend redevenir le champion du libre-échange en négociant des accords tous azimuts, mais ce projet pourrait s'avérer périlleux.

■ Les échanges quotidiens: Ils vont continuer entre le Royaume-Uni et l'UE comme avant jusqu'à fin 2020. Pendant cette période de transition de 11 mois, Londres et Bruxelles vont négocier leur relation future. Quelques changements pratiques vont toutefois intervenir d'ici là. A défaut d'accord commercial, les relations économiques entre les deux parties seraient régies par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) avec le retour des droits de douane.

■ Un pays tiers: A Bruxelles, le retrait de l'Union Jack devant le Parlement européen symbolisera un changement bien réel: le Royaume-Uni sort de l'UE et devient un pays tiers. Plus aucun des 73 eurodéputés britanniques élus en mai ne siègera. 46 des sièges seront réservés pour de futurs Etats membres et 27 seront redistribués. Londres n'aura plus le droit de présenter un candidat à un poste de commissaire européen. Il n'y avait déjà plus de représentant britannique dans l'exécutif européen, Boris Johnson ayant refusé d'en proposer un dans la nouvelle Commission.

■ Fini les sommets et réunions: Le Premier ministre britannique ne sera plus invité aux sommets européens, pas plus que les membres du gouvernement n'assisteront aux réunions ministérielles. En tant que citoyens d'un pays étranger, les Britanniques ne pourront plus prétendre à des postes de fonctionnaires à Bruxelles. Nombre d'entre eux ont toutefois acquis une double nationalité afin de pouvoir rester. En revanche, le Royaume-Uni, deuxième contributeur net au budget de l'UE derrière l'Allemagne, continuera à payer jusqu'à la fin de la transition.

■ Droits des citoyens: Selon les Nations unies, environ 1,2 million de citoyens britanniques vivent dans un pays de l'UE, principalement en Espagne, Irlande, France, Allemagne et Italie. Selon l'office britannique des statistiques, 2,9 millions de ressortissants des 27 pays de l'UE vivent au Royaume-Uni, soit quelque 4,6% de la population. En vertu de l'accord de retrait, les expatriés installés de part et d'autre de la Manche avant la fin de la période de transition conserveront leurs droits de résider et de travailler dans leur pays d'accueil. Les citoyens européens résidant au Royaume-Uni doivent s'enregistrer pour bénéficier de ces droits. Pour les Britanniques vivant dans l'UE, les procédures diffèrent d'un pays à l'autre. La liberté de circulation s'appliquera jusqu'à fin décembre 2020. Les détails des droits réciproques seront négociés après le Brexit.

■ Les négociations: Le Royaume-Uni a déjà passé plusieurs années à négocier les termes de son départ avec la task force de la Commission européenne dirigée par Michel Barnier. Mais les négociations vont entrer dans une nouvelle phase après vendredi. Le Royaume-Uni restera toutefois soumis au droit de l'UE et à la Cour de justice de l'UE jusqu'à la fin de la transition. Michel Barnier est en discussions avec les Etats membres pour définir un mandat de négociation pour la relation future, en particulier au niveau commercial. A la différence de l'accord entre le Royaume-Uni et la Commission, ratifié par les Etats membres et le Parlement européen, l'accord commercial pourrait devoir être avalisé par plus de 30 parlements nationaux et régionaux.

■ Une période de transition: Les Britanniques entreront après leur départ dans une période de transition jusqu'au 31 décembre, pendant laquelle ils continueront d'appliquer les règles européennes. C'est pendant cette période que devra être négociée la nouvelle relation. La Commission présentera le 3 février un mandat de négociation, qui devra être approuvé par les Etats membres lors d'une réunion ministérielle le 25 février. Les discussions pourront alors officiellement débuter. Première échéance: le 1er juillet. Au plus tard à cette date il sera décidé de prolonger ou non la période de transition (et donc de négociation) d'une ou deux années. Mais Boris Johnson a déjà rejeté une telle extension et l'a inscrit dans la loi.
Si l'on tient compte du temps nécessaire à la ratification d'un accord, Londres et Bruxelles ne devraient donc disposer, au mieux, que de huit mois, de mars à octobre, pour parvenir à s'entendre.

■ Des compromis: Bruxelles a pour priorité de parvenir en 2020 à des compromis sur la pêche, la sécurité intérieure et extérieure et surtout le commerce de biens. Le reste sera négocié plus tard. En matière commerciale, Londres n'ambitionne de toute façon qu'un simple accord de libre-échange, à l'image de ceux négociés par l'UE avec le Canada ou le Japon. L'Union souhaite que l'accord comprenne un mécanisme pour régler les différends, qui pourrait imposer des sanctions, voire suspendre le futur «deal» en cas de non-respect de ses dispositions.

■ Principale préoccupation de Bruxelles: C’est de s'assurer que Londres ne dérégule pas son économie en matière environnementale, sociale, fiscale ou d'aides d'Etat, et de commerce en suivant des règles du jeu équitables. Certains Etats membres aimeraient que les Britanniques s'alignent sur les règles de l'UE dans ces quatre domaines, puis s'adaptent de manière automatique aux changements de législation. Une demande jugée indispensable étant donnée la proximité géographique et économique du Royaume-Uni.

Le Maroc a tout à y gagner

Donner un nouvel élan aux relations bilatérales, aux niveaux économiques et au secteur de l’éducation et de la recherche scientifique notamment… C’était le but de la récente participation du chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani et une importante délégation au Sommet afro-britannique sur l'investissement. Celui-ci avait pour but de redéfinir les contours de la politique étrangère britannique au lendemain du Brexit. Au cours des deux dernières années, les relations entre le Maroc et le Royaume-Uni ont été renforcées, d'abord à travers un accord stratégique signé en 2018, puis par un accord de partenariat en 2019, à l’instar de celui conclu avec l'UE. Au total, 116 entreprises marocaines et 225 britanniques ont pris part à cette importante rencontre économique dont l’objectif est de présenter les opportunités d’échanges commerciaux et d’investissements.

F. Z. T.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc