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Tribune

2020, à quelles sauces serons-nous mangés?

Par Gabriel BANON | Edition N°:5685 Le 28/01/2020 | Partager

On le connaît pour avoir tenu un débat/chronique sur Atlantic Radio. Gabriel Banon, ingénieur civil, économiste et expert en géopolitique, a développé une double carrière, en politique et en tant que patron d’entreprises industrielles. Conseiller économique de différents chefs d’Etat, il fut appelé dès le début du processus de paix au Moyen-Orient auprès du président Yasser Arafat (1994-2004). Chroniqueur sur Atlantic Radio, conférencier, consultant international, il a été élu «Géopoliticien de l’année 2003», par un panel de journalistes spécialisés à Genève. Gabriel Banon a publié 6 livres. Le 7e un manuel de géopolitique sorti l’année dernière. On soulignera que son angle de vue est celui des pays du Maghreb et du Moyen-Orient (Ph. L’Economiste)  

L’analyse géopolitique permet d’anticiper les événements sans pour cela faire du géopoliticien un Nostradamus. Aussi, chercher à définir ce que nous réserve la nouvelle année, c’est surtout donner les tendances et les orientations des actions politique et sociétale, avec un éclairage sur ce que peut être la stratégie géopolitique des États.

Fin de l’hyper-mondialisation?

Menace climatique, Brexit, baisse des échanges, colères sociales… L’économie mondiale pourrait connaître le début d’une ère différente, marquée par une stagnation de l’activité et la fin de l’hyper-mondialisation de la décennie 1990-2000.

La nouvelle année va démarrer sur un horizon assombri, un peu partout dans le monde. L’activité mondiale qui s’est ralentie et qui continue à s’essouffler, va aggraver les crispations commerciales et technologiques, donner du champ au populisme et creuser les inégalités sociales.

Le Brexit va entrer dans les faits fin janvier, mais une très difficile négociation sur les futures relations du Royaume-Uni avec une Union européenne affaiblie, va occuper les négociateurs toute l’année. L’ère de la mondialisation libérale sera définitivement révolue. L’onde de choc populiste va rebondir et menacer la démocratie.
2020 sera une année de campagne électorale pour Trump et celle de tous les dangers pour le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

En Italie, Matéo Salvini continuera à ronger son frein, pendant que le gouvernement dirigé par Giuseppe Conté restera paralysé dans son action, avec une coalition contre nature entre le MSS et le parti démocrate.

En Turquie, Erdogan poursuivra sa fuite en avant par ses engagements militaires en Syrie et en Libye. Mais cela ne sera pas suffisant pour masquer la récession qui frappe son pays et ses difficultés politiques et sociales avec ses citoyens.

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Une photo marquant des changements radicaux: à gauche, Boyko Borisov, le Premier ministre bulgare, près de lui le président russe Vladimir Poutine, en gilet, le président turc (et hôte de cette rencontre) Recep Tayyip Erdogan et, sur la droite, Aleksander Vuçic le président serbe, le 8 janvier 2020. L’occasion est l’inauguration d’un nouveau gazoduc, alors que les tensions remontent en Syrie et en Libye, avec les interventions turques (Ph. AFP)

Le retour des bulles

 Jair Bolsonaro au Brésil et Rodrigo Duterte aux Philippines n’arriveront pas à conquérir l’opinion mondiale par leur violence d’État pour lutter contre la criminalité et leur complaisance envers la dévastation de l’environnement.

En 2020, les Etats-Unis perdront définitivement leur guerre commerciale engagée contre la Chine. Cette défaite illustrera l’avantage du temps long de Xi, élu à vie, sur les quatre ans de mandat de Trump.

En économie, le fait saillant de cette année est la reconstitution des bulles financières qui s’achèveront par un nouveau krach. C’est l’abandon de toute discipline monétaire et budgétaire dans les grands pays développés qui va le précipiter.

La croissance mondiale ne dépassera pas les 2%.   2020 verra la poursuite de la déstabilisation des classes moyennes, la polarisation des territoires, l’atomisation des sociétés, les désarrois identitaires et la montée des violences. Cela sera la porte ouverte au populisme, malgré ses échecs économiques ici ou là.   La situation va demander en 2020 une prise de conscience des politiques et des élites, un pragmatisme qui leur a fait défaut jusqu’alors, afin d’éviter le pire. Il faut qu’ils retrouvent un véritable patriotisme, au-delà des querelles de personnes, l’intérêt général avant le parti, si on veut sauver la démocratie du péril populiste.

L’année 2020 sera comme la langue d’Ésope, bonne ou mauvaise, selon ce que nous en ferons.

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Tensions commerciales

Les tensions autour des politiques commerciales, particulièrement des deux grandes puissances, continueront d’affecter la confiance des investisseurs auxquelles s’ajouteront les incertitudes liées à l’action publique.

Durand toute l’année 2020, le ralentissement des échanges commerciaux persistera et nous assisterons à une forte décélération de la demande à l’échelle mondiale.

Les principales inquiétudes se concentrent sur les entreprises.

Aux Etats-Unis, sur le front du commerce extérieur, les résultats récents des douanes ne sont pas très favorables. Il y a un ralentissement marqué de la contribution des exportations américaines à la croissance. Comme l’économie américaine a décéléré, la croissance des importations va ralentir. La contribution du commerce extérieur sera quasiment nulle.

En Chine, la croissance devrait ralentir. L’économie chinoise subit des transformations majeures actuellement avec un secteur tertiaire toujours plus imposant dans la valeur ajoutée et une montée continue de la classe moyenne.

En zone euro, la croissance de l’activité devrait rester décevante avec une croissance attendue entre 1% et 1,1% pour 2020 et 2021.

 

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