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    Noor III Ouarzazate: Toujours des problèmes d’impayés

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5679 Le 20/01/2020 | Partager
    Une quinzaine de prestataires réclament 200 millions de DH
    200 cas de non-conformité relevés

    Les problèmes de délais de paiement opposant actuellement la société Sepco III, constructeur de la centrale solaire Noor III à Ouarzazate, et une quinzaine de sous-traitants ressemblent à une affaire kafkaïenne. Ces sociétés réclament à Sepco III 200 millions de DH de créances en souffrance, dont certaines remontent à environ deux ans. Il s’agit de prestations de génie civil effectuées entre 2016 et 2018.

    «Tous leurs travaux auraient subi des contrôles de qualité sévères avant d’être validés». Les sous-traitants en veulent pour preuve la mise en service de la centrale solaire. Par prestataire, le montant des créances varie entre 1 million et 35 millions DH.

    «Nous sommes devenus les bailleurs de fonds d’un projet structurant qui se voulait un levier pour développer la région sur le plan économique. Mais cela risque de devenir la nécropole des sociétés impliquées. Aujourd’hui, nous n’avons plus la capacité de soumissionner à d’autres marchés, sans oublier les charges fixes auxquelles nous devons faire face», déclare à L’Economiste le directeur technique d’une société. Aucune des entités concernées n’osent s’exprimer ouvertement de peur d’être définitivement écartées des prochains marchés de la firme chinoise ou de ne jamais être payées.

    La situation a duré tellement longtemps que le doute commence à s’installer chez les créanciers. Certains attribuent l’allongement des délais de paiement au changement intervenu dans l’équipe dirigeante de Sepco III.

    Contacté par L’Economiste, Han Wenzhou, directeur commercial de Sepco III, déclare que «les procédures n’ont pas changé et exprime son étonnement au sujet du montant des créances». Interrogé sur les raisons derrière les retards de paiement en question, il affirme que «toutes les prestations de génie civil ont été bel et bien payées selon les modalités du contrat».

    De ce fait, la direction générale aurait récemment arrêté un planning pour le paiement de 25 sociétés sur un délai de quatre mois afin de solder toutes les créances dues par Sepco III. Ce planning de paiement concerne aussi les prestations qui viennent d’être validées et ont fait l’objet d’acceptation. Il concerne les sous-traitants dont les travaux sont en cours d’exécution et de vérification.

    Par ailleurs, «certains sous-traitants n’ont pas respecté le cahier des charges en termes de qualité et d’échéancier sur certains travaux».  A cet égard, «nous avons enregistré plus de 200 cas de non-conformité reliée au manque de qualité tel que décrit dans le contrat, portant sur des problèmes de qualité majeurs, ainsi qu’une liste de réserves leur a été  adressée sans suite de leur part.

    Dans la plupart des cas, ce sont des sociétés marocaines», affirme Wenzhou. Il est à noter que les sociétés en question ont généré un retard important par rapport à l’échéancier contractuel, chose qui génère automatiquement des pénalités de retard. «Il va de soi que ces pénalités soient en partie répercutées sur les sous-traitants».

    Peur des représailles

    Le fait que les sociétés sous-contractantes de Sepco III préfèrent s’exprimer dans l’anonymat ne permet pas à Sepco III de répondre avec exactitude sur la nature du litige qui les oppose. Le management de Sepco III tient à ménager son image et affirme qu’il respectera à la lettre ses contrats. Bien malin sera donc celui qui devinera comment sera tranché le conflit qui met en prise encore une fois un donneur d’ordre avec ses sous-traitants. Sepco III est disposé en toute transparence à s’assoir avec tout les sous-traitants afin de régler tout litige d’une façon définitive tout en respectant les dispositions du contrat et la loi en vigueur.

    Hassan EL ARIF

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