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    Economie

    Une première dans les annales du Parlement: Une mission d’information sur le secteur bancaire

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5671 Le 08/01/2020 | Partager
    Cette opération, lancée en début de semaine, risque de faire beaucoup de bruit
    Objectif: faire le point sur les apports en faveur des entreprises
    L’idée est aussi d’identifier des solutions pour les problèmes d’accès au financement

    Le discours royal à l’ouverture de la session d’automne du Parlement, invitant les banques à s’impliquer davantage dans le financement des jeunes porteurs de projets, a ouvert une brèche. La Commission des finances de la Chambre des représentants, présidée par Abdallah Bouanou, a mis en place lundi une mission d’information sur le secteur bancaire.

    C’est une première dans les annales du Parlement, qui pourrait faire autant de bruit que la mission d’information sur les hydrocarbures. Pour l’heure, le dossier a été déposé au bureau de la Chambre qui devra se prononcer rapidement. C’est après cette étape que les travaux démarreront, une fois le président de la mission choisi.

    Pour mener ce travail, les députés ont arrêté une méthodologie. Elle consiste dans des visites de terrain auprès du ministère des Finances, de Bank Al-Maghrib, de la TGR, de la CDG, le GPBM, la CCG, le FEC et les banques. Il s’agit d’écouter les exposés des responsables au niveau central et régional, en plus de la recherche documentaire et des rapports élaborés sur la question.

    La Commission des finances a élaboré une plateforme comportant plus de 16 pages. Pour ses auteurs, le sujet intéresse la société marocaine compte tenu du rôle moteur qu’il joue dans le financement de l’économie, la mobilisation de l’épargne et des investissements. Ce qui contribue à la création de la valeur ajoutée et des emplois.

    Ce secteur est également un pilier pour la consolidation des liens avec les MRE qui transfèrent régulièrement des fonds importants. Ce qui représente un levier principal dans la constitution des réserves nationales en devises. Le secteur joue un rôle capital dans la diplomatie économique, particulièrement en Afrique subsaharienne. Ce qui représente une profondeur géostratégique dans la création des richesses et le renforcement de la stabilité dans ces pays partenaires.

    Pour les initiateurs de cette mission, vu cette importance, il était normal que les parlementaires planchent sur le rôle des banques pour tenter de trouver des réponses convaincantes et des solutions pour que ce secteur confirme sa réussite dans le modèle de développement recherché, lit-on dans la note de présentation.

    Trouver des solutions révolutionnaires

    Pour convaincre du bien-fondé de leur initiative, la mission a commencé par planter le décor. Pour elle, les banques réalisent de grands bénéfices, dans un contexte marqué par une faiblesse de la croissance, un déficit budgétaire et commercial inquiétant et une hausse de l’endettement public. A cela s’ajoute le recul des crédits accordés aux entreprises dans la majorité des secteurs. C’est pour cela que la problématique est centrale.

    Les services et missions des banques ont connu un développement qui leur a permis d’entrer dans une nouvelle génération de missions. Pour les parlementaires, le rôle des banques dans le développement économique est important. C’est pour cela qu’elles sont attendues plus qu’auparavant pour faire preuve de créativité en trouvant des solutions révolutionnaires, en mesure de provoquer un saut qualitatif et historique. Il s’agit d’opter pour un modèle de développement qui assure le décollage à travers une plus grande intégration de l’économie solidaire et sociale, l’auto-emploi, l’informel dans le secteur organisé.

    Le but est de garantir une justice sociale, avec une répartition équilibrée des richesses pour que les différentes catégories sociales puissent profiter des fruits de la croissance, souligne la plateforme. Cela a été confirmé par le discours royal qui a lancé une invitation directe à ce secteur  pour un engagement plus franc et une adhésion positive dans la dynamique de développement que vit notre pays.

    C’est le cas pour notamment le financement de l’investissement, l’appui aux activités génératrices de revenus et d’emplois. Et cela sans perdre de vue les solutions aux difficultés d’accès des jeunes entrepreneurs aux crédits et à la faiblesse de l’accompagnement des lauréats pour la création de PME.

    Selon cette note, «le Maroc est doté d’un secteur bancaire solide, qui a réussi à accumuler une longue expérience, avec une place de choix au niveau régional et africain, contribuant ainsi à la résistance de l’économie marocaine face aux chocs internes et externes. En dépit de ce bilan, le secteur est perçu par les usagers comme un système basé sur le gain rapide et garanti, en se concentrant sur des plans qui s’éloignent de la prise de risque».

    La structure du secteur bancaire marocain

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    ■ 86 établissements de crédit dont 24 banques. 19 sont classiques et 3 des banques participatives.

    ■ 32 sociétés de financement et 6 banques offshore.

    13 associations de microcrédit, 9 établissements spécialisés dans le transfert de fonds

    ■ 6.388 agences bancaires, soit un guichet pour 5.450 citoyens

    7.025 GAB et 1.405 agences bancaires à l’étranger

    ■ 54.651 personnes actives dans le secteur

                                                                                         

    Questions brûlantes

    Dans une conjoncture économique et sociale difficile, le secteur bancaire continue de réaliser des bénéfices annuels importants. Cette performance suscite des interrogations sur les missions essentielles des banques dans le domaine de la promotion de l’investissement et la mobilisation de l’épargne publique pour le secteur privé.

    Leur capacité à financer les TPME, les jeunes entrepreneurs, les projets générateurs de revenus, sont autant de points qui intéressent les parlementaires. En gros, les députés ont mis en avant une quinzaine de «questions brûlantes» dont l’une porte sur la contribution des banques dans l’élimination des obstacles au développement et à l’investissement.

    Les députés veulent également connaître et évaluer l’implication de ce secteur dans les programmes de relance de l’emploi des jeunes, Idmaje, Taâhile, Moukaoualati… Mais également les interpeller pour justifier les difficultés rencontrées par les jeunes entrepreneurs dans l’accès aux crédits et l’absence d’accompagnement des lauréats dans la création de PME.

    Autre interrogation: les marges bénéficiaires réalisées par les banques sont-elles grandes, en prenant en compte le taux d’intérêt directeur et celui appliqué à la vente. Les tarifs des services bancaires sont-ils élevés par rapport à leur qualité?

    Les parlementaires enfoncent le clou, avec une avalanche d’interrogations qui touchent un aspect plus grave et qui concerne l’éventualité d’un accord implicite entre les banques sur la tarification des services, le positionnement géographique… Dans quelle mesure tout cela respecte-t-il la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, s’interrogent des députés.

    Autre point soulevé: l’origine de la hausse des marges bénéficiaires des banques opérant au Maroc par rapport à certaines maisons mères à l’étranger? Les parlementaires s’interrogent également sur l’application des principes de transparence et de contrôle. Qu’en est-il du tableau de pilotage et des principes de vigilance contre les différents risques, des standards internationaux de la bonne gouvernance…

    Mohamed CHAOUI

     

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