×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Régions

Marrakech: Pourquoi des touristes ne reviendront plus

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5670 Le 07/01/2020 | Partager
Arnaques, taxis, harcèlement, insécurité dans la médina…, la face cachée de la destination
Un chaos qui nécessite une intervention rapide
Pourtant, ça ne semble inquiéter aucune autorité...
marrakech-taxi-070.jpg

Certains taximen restent des heures devant les hôtels et refusent d’embarquer les locaux. L’enjeu pour eux est la «commission» qu’ils percevront du bazar ou du restaurant auquel ils vont prescrire la clientèle (Ph. Mokhtari)

Il ne suffit pas d’avoir de beaux hôtels pour faire une destination. Le produit touristique comprend plusieurs autres prestations que l’hébergement. Et à ce niveau, Marrakech est très loin des normes. Les études réalisées par des cabinets internationaux ont mis en exergue une dizaine de points noirs de la ville qui, pourtant, espère figurer dans les 20 meilleures destinations du monde.

Des défaillances dont on parle dans les salons et les conférences, mais sans vraiment présenter des plans de correction. Il s’agit de l’insécurité dans la médina, le harcèlement, l’arnaque, l’incivisme des motos, le service en dégradation dans certains hôtels et restaurants, l’informel, la circulation chaotique….

«Pour entretenir la notoriété de la destination, nous avons besoin d’une réelle mise à niveau qui doit commencer par l’attitude des Marrakchis et une réorganisation des prestations», estime Ahmed Nait, voyagiste et président de la commission produit à Marrakech. On retrouve ces défaillances dans les réclamations des touristes sur Tripadvisor par exemple. «Il est désagréable de se balader dans la médina».

«Les taxis marchandent des prix 10 fois supérieurs aux prix légaux». «Les chauffeurs ont-ils vraiment leur permis?». «J’ai été harcelé durant tout mon séjour, je ne reviendrai pas». «On s’est fait voler un téléphone par un jeune et un complice a intervenu pour le récupérer et m’a demandé ensuite de l’argent». «La pollution causée par les scooters rend l’air irrespirable et les déplacements à pied périlleux».

«Nous avons été surpris par les fausses additions et des prix super exagérés». «Nous étions 8 clients dans un club très huppé et il y avait 6 serveurs et, pourtant, ils arrivaient à être très débordés». Ce sont des touristes qui ne reviendront plus et cela ne semble pas inquiéter les responsables (autorités, élus et professionnels). «Ces défaillances vont porter un coup dur à Marrakech si elles ne sont pas corrigées», estime un expert.

marrakech-070.jpg

Que ce soit en ville ou dans la médina, les motocyclistes inquiètent les touristes de par leur nombre et leur conduite (Ph. MDM)

Parmi ces points noirs, les taxis ou plutôt la pagaille des taxis. Devant l’aéroport, le touriste est désorienté devant tous ces chauffeurs qui l’interpellent. Il assiste à des altercations entre chauffeurs, voire des bagarres violentes. Aucune instance n’a réussi à créer un système ordonné comme ce qui se passe ailleurs dans les aéroports des destinations touristiques. «On peut pourtant régler le problème en créant un serpentin avec un préposé qui attribue les taxis à tour de rôle», recommande Nait.

Le parc de taxis à Marrakech est composé de 3.000 véhicules dont 1.600 petits taxis. Par ailleurs, on recense plus de 15.000 chauffeurs titulaires d’un permis spécial leur permettant d’exercer le métier de taxi. Pour chaque taxi, il faut compter au moins trois personnes (chauffeurs) qui se relaient en 3 fois 8. Mais seule une centaine de taxis «se spécialisent» dans le créneau de l’aéroport (voir encadré).

L’enjeu pour les chauffeurs n’est pas uniquement du côté des prix de la course, revus souvent à la hausse, mais aussi une mise en relation avec les touristes qui ne connaissent pas la destination et la «commission» qu’ils percevront du bazar ou du restaurant auquel ils vont prescrire la clientèle.

Autre facteur nuisible à Marrakech et notamment dans la médina, les motocyclistes et les triporteurs qui roulent à grande vitesse dans les ruelles au risque de terroriser les touristes. Là encore, peu d’actions ont été menées pour régler le problème alors que l’on peut déterminer les zones à risques et imposer des détours…

«Désolé, t'es pas blond»...!

Chez les taximen, il existe plusieurs catégories. La première est celle qui se spécialise dans les arrivées, à la gare ferroviaire, à l’aéroport et à la gare routière. Le deuxième groupe de taximen ne prend que les clients des hôtels et pratique des tarifs «spéciaux», sans compteur et sans prévenir le touriste. Une troisième catégorie sillonne les rues de Marrakech, mais ne prend que les touristes «aux yeux bleus et aux cheveux blonds» et refuse d’embarquer la clientèle locale. Cette pratique fondée sur le «délit de faciès» est passible pourtant de suspension de permis de conduire allant de 15 jours à 3 mois. Pas assez dissuasif puisqu’il n’y a pratiquement pas de contrôle. Enfin, le dernier groupe de taxis ne travaille que le soir pour «les travailleuses» de nuit.

B.B.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc