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    La fuite rocambolesque de Carlos Ghosn

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5667 Le 02/01/2020 | Partager
    Il dénonce un système judiciaire «partial» où prévaut la «présomption de culpabilité»
    Chronologie des faits depuis son arrestation en 2018 à Tokyo
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    Le feuilleton Ghosn est riche en rebondissements et coups de théâtre. La sortie tant attendue de la semaine prochaine promet d'élucider cette affaire atypique (Ph. Bziouat)

    Une fuite rocambolesque digne d'un film hollywoodien! Carlos Ghosn n'en finit pas de défrayer la chronique. En effet, l'ex-PDG de l'Alliance Renault-Nissan vient de prendre la fuite. L'homme fort de l'industrie automobile, qui a pu redresser l'Alliance franco-japonaise, a rejoint Beyrouth lundi dernier à bord d'un Jet privé. Il a atterri au Liban à bord d'un avion en provenance de Turquie.

    Mardi dernier, Ghosn a confirmé se trouver au Liban, d’où il promet de parler librement à la presse dès la semaine prochaine. Pour rappel, l’ex-PDG de Renault-Nissan devait comparaître le printemps prochain devant la justice japonaise pour de présumées «malversations financières». Il était assigné depuis plusieurs mois à résidence.

    L'affaire a surpris tout le monde. Carlos Ghosn a confirmé lui-même sa fuite via un communiqué diffusé mardi matin. «Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l’otage d’un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité», a-t-il écrit, selon un document transmis par l'un de ses porte-parole.

    «Je n’ai pas fui la justice, je me suis libéré de l’injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias... Ce que je ferai dès la semaine prochaine», précise l'ancien patron emblématique de l'industrie automobile.
    Flashback: la chronologie du feuilleton judiciaire de Ghosn remonte à novembre 2018.

    L'ex PDG de l'Alliance Renault Nissan s'est fait arrêter le 19 novembre 2018 à Tokyo. Chef d'accusation: «Omission de déclarer une grande partie des revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2015». Juste après, il a été révoqué par le management de l'Alliance Renault Nissan.

    En effet, le 20 novembre (soit le lendemain de son arrestation), la direction exécutive du groupe français Renault est  confiée à son numéro deux, Thierry Bolloré. Ensuite,  Ghosn est révoqué de la présidence du conseil d'administration de Nissan 2 jours plus tard.

    La même semaine, le 26 novembre, Mitsubishi Motors limoge Carlos Ghosn. En même temps,  gouvernements français et japonais réaffirment leur soutien à l'alliance. 14 jours plus tard, il est inculpé par la justice japonaise pour «dissimulation de revenus» entre 2010 et 2015.

    Le 21 décembre 2018, de nouvelles accusations se succèdent: Ghosn est soupçonné d'avoir tenté de «faire couvrir», par Nissan, «des pertes sur des investissements personnels en 2008». Le 8 janvier 2019, au tribunal de Tokyo,  l'ex-patron de Renault affirme être «faussement accusé et détenu de manière injuste».

    Le même mois, il est lâché par le management de la marque au losange. Carlos Ghosn est inculpé le 11 janvier pour «abus de confiance» et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan. A partir de là, les choses se compliquent.

    Ses avocats demandent qu'il soit libéré sous caution. Mais le tribunal japonais rejette la demande de libération. A ce moment là, il démissionne de la présidence de Renault. Il est aussitôt remplacé par le binôme Jean-Dominique Senard, président, et Thierry Bolloré, directeur général. Ce dernier sera à son tour limogé quelques mois plus tard.  

    «Dépenses suspectes»

    Fin janvier, depuis Tokyo, Carlos Ghosn fait une révélation fracassante à la presse française: Il dénonce «un grand complot» par Nissan pour empêcher un projet d'intégration plus poussée avec Renault. En février, c'est le coup de massue. Renault déclare à la justice que son ancien patron a reçu pour son bénéfice personnel (l'organisation de son mariage en octobre 2016) des avantages en nature de l'ordre de 50.000 euros dans le cadre d'une convention de mécénat signée avec le Château de Versailles.

    Quelques jours plus tard, (le 5 mars), la justice japonaise accepte la libération de l'ex-PDG sous caution de 1 milliard de yens (8 millions d'euros), avec interdiction de quitter l'archipel. Sauf qu'il est de nouveau arrêté le 4 avril. Il a été accusé d'avoir utilisé 5 millions de dollars pour son bénéfice personnel.

    En avril de la même année, il est encore une fois inculpé pour abus de confiance aggravé, mais à nouveau libéré le 25 du même mois sous caution, toujours dans des conditions très strictes avec l'interdiction de quitter le Japon. Début juin, un autre rapport accablant: les résultats d'un audit interne mené par Renault et Nissan au sein de leur filiale néerlandaise (RNBV) révèlent 11 millions d'euros de dépenses suspectes engagées par Carlos Ghosn. Dès lors, Renault décide d'engager des poursuites aux Pays-Bas.

    Ce n'est  qu'en septembre dernier que  la date du début du procès de Carlos Ghosn a été fixée pour...  avril 2020 par le tribunal de Tokyo. Un mois plus tard, les bureau et domicile de Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, sont perquisitionnés.

    C'était dans le cadre d'une enquête sur des contrats de conseil facturés auprès d'une filiale de Renault-Nissan. S'ensuit une sortie de la Défense de Carlos Ghosn qui dénonce «la nullité des poursuites». Lors d'une audience préliminaire, ses avocats rejettent l'ensemble des accusations et considèrent la  «procédure illégale».

    Le 30 décembre dernier, Ghosn quitte le Japon pour le Liban en passant par la Turquie, à bord d'un avion privé. Aussitôt il déclare dans un communiqué «avoir fui un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité».

    A.R.

     

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