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    Culture

    L’industrie culturelle, levier de développement

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5651 Le 10/12/2019 | Partager
    «Une commission interministérielle est obligatoire», estime Neïla Tazi
    La présidente de la FICC interpelle l’Exécutif pour booster l’inclusion
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    Avec son écharpe orange en solidarité avec la campagne de l’Unesco «oranger le monde pour combattre la violence faite aux femmes», Neïla Tazi s’est voulue porteuse de plusieurs messages…En premier, celui de soutenir la créativité culturelle pour favoriser le développement et l’inclusion (Ph. YSA)

    La culture peut être un véritable levier de développement économique. C’est la conviction de Neïla Tazi, présidente de la jeune Fédération des industries culturelles et créatives (FICC). La responsable qui intervenait, mercredi dernier, au Forum économique de Fès-Meknès, a saisi la présence du chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, pour l’interpeller au sujet de «la création d’une commission interministérielle dédiée au développement des industries culturelles et créatives (ICC)».

    Cette cellule devrait se pencher sur la question de la création culturelle et l’inclusion des populations au plus vite. « Il faut que le potentiel artistique et culturel, qu’il soit patrimonial ou contemporain, puisse devenir une force pour notre pays, un levier beaucoup plus important que ce qu’il a été jusqu’à présent», explique Madame Culture de la CGEM. Décryptage.

    ■ Fès et Essaouira rayonnent grâce à leurs festivals
    Pour sa première sortie, la présidente de la FICC a rappelé «l’importance de la dimension régionale et l’implication des conseils régionaux et des communes dans le renforcement des industries culturelles et créatives». C’est d’ailleurs l’une des principales recommandations des premières assises des ICC tenues en octobre dernier à Rabat. S’exprimant à Fès, «ville pionnière dans la mise en valeur d’une offre culturelle pertinente, cohérente, et dont le rayonnement international nous enorgueillit», Tazi n’a pas omis de souligner le rôle du festival de Fès des musiques sacrées du monde et sa contribution «inestimable»au dialogue des cultures, des religions et des civilisations. Idem pour le festival d’Essaouira qui a permis à cette ville de rayonner. «D’une ville agonisante il y a 25 ans, Essaouira est devenue, il y a à peine un mois, ville créative de l’Unesco. Et bientôt, les Gnawas seront reconnus comme patrimoine mondial de l’humanité», annonce Tazi.

    ■ Miser sur une économie créative et culturelle
    La culture est devenue une des composantes essentielles du produit touristique. Elle contribue à «l’esprit du lieu» et fait de l’expérience touristique une expérience de partage et de découverte, dans laquelle l’inclusion des populations locales devient une importante source de satisfaction des visiteurs. En effet,40% des touristes dans le monde choisissent une destination de voyage à partir de son offre culturelle.A noter que la contribution du touriste culturel est encore plus importante en valeur qu’en nombre. «Car, un touriste culturel dépense en moyenne 1/3 de plus qu’un touriste conventionnel», explique Tazi. Selon elle, « la combinaison culture / tourisme a démontré qu’elle est une source de croissance durable, de développement économique et social, et de création d’emplois». Ceci étant, l’enjeu ne porte plus sur l’offre culturelle uniquement mais sur la créativité. D’où l’impératif de mettre l’accent sur la notion d’agglomération créative et culturelle, avec des «secteurs créatifs», des «quartiers culturels», des «périmètres à caractère ethnique», estime la présidente de la FICC. En effet, le tourisme créatif ne repose pas uniquement sur le patrimoine culturel, mais aussi sur l’offre générée par la créativité contemporaine et tous les services autour. «C’est ainsi que de nombreuses villes ont pu connaître un essor sans précédent en misant sur une économie créative et culturelle. C’est le cas de villes comme Bilbao et Malaga en Espagne, de Glasgow au Royaume-Uni ravagée dans les années 80 par la désindustrialisation!», argue Tazi. 

    ■ L’économie de l’immatériel, un vecteur de croissance
    Pour l’Unesco, les industries culturelles et créatives sont à l’intersection entre l’économie et la culture. Elles sont composées des biens et de services qui véhiculent des contenus et qui possèdent, en plus de leur valeur économique, une valeur sociale contribuant au bien-être collectif. Les industries créatives apparaissent comme des outils de gestion et de communication de l’identité d'un pays, d'une région ou d’une ville. Leur développement rapide est le reflet de la contribution de plus en plus importante de l’économie de l’immatérielà la croissance économique. «Il s’agit bien là de créativité, d’innovation, et surtout de synergies et d’intelligence collective pour accroître l’avantage concurrentiel d’un territoire en faisant appel à de nouvelles formes d’organisation et de commercialisation», insiste la présidente du festival de Gnaoua et musiques du monde. Et de poursuivre: «les collectivités locales sont amenées aujourd’hui à se regrouper pour concevoir de nouveaux produits culturels à vocation touristique plutôtque de se concurrencer». Faire émerger des clusters créatifs dans les villes, mettre en synergie les créateurs, les acteurs de l’économie numérique, les professionnels du tourisme et de l’artisanat, les développeurs, les médias… ne sont pas en reste. «Enfin de nouvelles orientations des politiques publiques sont également nécessaires pour aller vers des partenariats public-privé innovants», conclut Tazi.

    Une politique nationale s’impose

    A l’instar du gouvernement français, qui a créé dernièrement une commission ministérielle dédiée aux ICC, l’Exécutif marocain doit se pencher sur ce chantier.  Le but étant de mieux valoriser les atouts immatériels et culturels au profit d’une économie productive et génératrice de plus de croissance. Pour y parvenir, une politique nationale, régionale et locale volontariste, par la réforme des textes législatifs, par une fiscalité incitative, par la formation professionnelle….s’impose. Celle-ci ne devrait plus considérer les dépenses et les investissements en faveur du développement créatif et culturel, comme des dépenses secondaires. «Les ICC c’est désormais une réalité mais surtout une chance que nous devons saisir ! Car elles représentent des sources de revenus nouvelles, généralement profitables aux jeunes, des créations d’emplois par milliers, l’attractivité des territoires, des impulsions réelles aux arrivées de touristes, une inclusion de fait des populations», appelle la présidente de la FICC.

    Youness SAAD ALAMI

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