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«Dans le cas extrême, l’intermédiation devrait disparaître»

Par Franck FAGNON | Edition N°:5639 Le 22/11/2019 | Partager
La blockchain va bouleverser le modèle d’affaires de plusieurs structures
Après la découverte, certaines banques centrales passent à l’action
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Karim Zine-Eddine, directeur des Etudes de Paris Europlace: «Plusieurs expérimentations ont dépassé le stade de prototype et vont rentrer en production dans les mois à venir» (Ph. KZ)

- L’Economiste: il y a encore peu, il était inimaginable de promouvoir la blockchain dans l’enceinte d’une banque centrale. A quoi est dû ce revirement?

- Karim Zine-Eddine: La blockchain est considérée comme la technologie la plus disruptive dans toutes les innovations dans le secteur de la finance parce qu’elle a la capacité d’enregistrer des opérations avec une très grande fiabilité et surtout, sans possibilité de falsification. Cette technologie est arrivée via le bitcoin, ce qui a contraint les banques centrales à prendre une position vis-à-vis non pas de la technologie, mais des cryptomonnaies soit pour les interdire, soit pour les intégrer. La courbe d’apprentissage fait qu’aujourd’hui, les banques centrales se trouvent dans l’obligation de considérer la blockchain comme une technologie et non une conséquence de la technologie. La nuance est importante. La réglementation ne régule pas la technologie, mais ses effets.

- Quel est le degré de maturité des régulateurs sur ces sujets?  
- Dans toutes les banques centrales, des équipes suivent la blockchain et ses conséquences pour le système financier. Pour elles, le principal défi d’une telle technologie est la stabilité financière. Elles procèdent à des expérimentations pour mieux comprendre leur impact sur les services financiers. Certaines sont plus avancées que d’autres. La Banque de France par exemple, a développé une solution destinée à générer des codes ISIN pour les titres financiers. Du côté des autorités de marché, la problématique est différente. La blockchain va accélérer la digitalisation des actifs financiers et donc il faudra adapter la réglementation.

- Certains observateurs craignent la mainmise d’un nombre réduit d’opérateurs sur cette technologie. Cela vous semble-t-il plausible?
- Le risque est inhérent à toute solution qui se développe. C’est la raison pour laquelle les autorités de marché ont besoin de bien comprendre l’impact de ces technologies sur les systèmes traditionnels qu’elles régulent.

- Les premiers cas d’usages sont en train d’émerger. Quelles sont les possibilités offertes par cette technologie?
- Plusieurs places financières se sont concentrées sur le post marché c’est-à-dire la conservation et le traitement des titres. En France par exemple, tous les professionnels des titres se sont réunis autour d’un consortium (LiquidShare) pour mettre en place une solution de règlement-livraison de titres complètement installée sur la blockchain. Les expérimentations coûtent cher c’est pourquoi les acteurs se réunissent en consortium sur différents types de projets. L’un des plus connus est R3 qui regroupe des banques internationales. Certains consortiums travaillent sur le Trade finance, d’autres sur les matières premières…Ces regroupements visent à capitaliser sur la R&D nécessaire au développement de ces plateformes.Aujourd’hui, aucune d’entre elles n’est rentrée dans la phase de production. En revanche, plusieurs expérimentations ont dépassé le stade de prototype et vont rentrer en production dans les semaines et les mois à venir.

- Que peut espérer un client de cette technologie dans sa relation avec sa banque ou son assureur?
- Dans le cas extrême, tous les intermédiaires devraient disparaître. Il s’agit des banques, des Bourses…encore faut-il que cette technologie tienne ses promesses. En tout cas, elle est en mesure de transformer profondément et d’impacter l’activité d’intermédiation de l’industrie financière.

Propos recueillis par Franck FAGNON

 

 

 

 

 

 

 

 

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