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    Région Mena: Ça chauffe toujours

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5624 Le 29/10/2019 | Partager
    Taux de chômage, défis budgétaires, pressions sociales…
    Plusieurs aléas influent sur les prévisions, selon le FMI
    Des remèdes pour surmonter les obstacles
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    Fébrilité sociale, chômage persistant, conjugué à une conjoncture mondiale défavorable (révisée à la baisse: 3% en 2019 et 3,4% en 2020)… les pays de la région Moanap (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) se trouvent face à plusieurs défis. De 0,5% en 2019, sa croissance devrait évoluer à 2,7% en 2020. Dans ses perspectives économiques régionales publiées le 28 octobre, le FMI revient sur les aléas qui influent sur les prévisions.

    ■ Une nouvelle vague de protestations: Elle a éclaté ces derniers mois dans plusieurs pays (Algérie, Soudan, Irak, Liban…) où les manifestants réclament des réformes économiques et conspuent la corruption. L’évolution de ces événements met en évidence la nécessité de procéder à des réformes. Le taux de chômage demeure élevé dans de nombreux pays. Ce qui accentue les tensions sociales. Il s’établit en moyenne à 11% dans la région, contre 7% dans les autres pays émergents et en voie de développement. Plus de 18% des femmes et près de 23% des jeunes étaient sans emplois en 2018. «Le taux de croissance des pays de la région est inférieur à ce qui est nécessaire pour lutter contre le chômage», a commenté le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour.

    ■ Impact des tensions commerciales: Les pays qui entretiennent des liens commerciaux avec la Chine sont les pays exportateurs de pétrole de la région. Cela dit, les effets d’un ralentissement dû à ces tensions risquent de se faire sentir dans d’autres pays également. Même ceux dont les ventes directes à la Chine sont faibles peuvent être touchés par une réorientation des échanges et l’intensification de la concurrence qui en découle. Et ce, à mesure que les pays qui exportent beaucoup vers Pékin cherchent de nouveaux débouchés.

    ■ Prix du pétrole: La volatilité s’est accrue tout en restant inférieure aux sommets atteints en 2018. Le niveau global demeure toutefois semblable à celui prévu au printemps. Cela est probablement dû à la fois à l’élasticité croissante de l’offre mondiale de pétrole, du fait de l’expansion de la production d’huile de schiste aux Etats-Unis, et aux chocs liés aux tensions géopolitiques et à la demande mondiale.  De fait, les récents événements dans le Golfe ont mis en évidence à quel point le marché pétrolier mondial était sensible à toute déstabilisation des expéditions ou des installations pétrolières. Les projections du FMI reposent sur un certain nombre d’hypothèses dont celle du cours moyen du baril de pétrole qui serait de 61,8 dollars en 2019 et de 57,9 dollars en 2020.

    ■ Brexit désordonné: Ce facteur pourrait avoir de fortes répercussions sur la région. Un ralentissement général en Europe réduira la demande extérieure dans les pays entretenant des liens commerciaux étroits avec le continent, notamment le Maroc et la Tunisie. A noter que le Royaume et le Royaume-Uni ont conclu un accord d'association à Londres qui entrera en vigueur une fois le Brexit consommé  (voir aussi notre édition N°5623 du lundi 28 octobre 2019). De fait, les répercussions directes d’une forte contraction de l’économie britannique risquent d’être beaucoup plus graves et imprévisibles. Les circuits financiers pourraient se révéler particulièrement importants, car le Royaume-Uni est la plus importante contrepartie bancaire de la région Moyen-Orient et Asie centrale.

                                                                              

    Le Maroc interpellé

    Des réformes concernant la conduite de la politique budgétaire s’imposent dans la région. Cela doit être le cas aussi pour les institutions qui en sont chargées pour remédier au niveau élevé de l’endettement public (il dépasse 85% du PIB en moyenne et est supérieur à 150% du PIB au Liban et au Soudan).  De nombreux pays ont éprouvé des difficultés à réduire leur endettement, même ceux qui ont resserré leurs finances publiques (cas du Maroc).

    Les réductions des dépenses en capital ont contribué à stabiliser la dette, mais au détriment de la croissance future. La masse salariale publique élevée demeure une composante majeure des dépenses hors investissement (Maroc, Tunisie). Le Royaume figure en outre sur la liste des pays où la réduction, voire la suppression, des subventions énergétiques régressives a eu des effets positifs considérables. La position budgétaire des pays où le recouvrement des coûts est quasiment complet est beaucoup moins vulnérable à l’augmentation des cours mondiaux du pétrole (Egypte, Jordanie, Maroc).

    D’autre part la composition des flux de capitaux vers la région a évolué et est devenue moins propice à la croissance. Le Maroc est sur la liste des pays qui ont reçu près de deux tiers des entrées de portefeuille et entrées bancaires en hausse. Comme il obtient un meilleur cadre budgétaire ce qui a permis aux pays importateurs de pétrole de la région d’obtenir un bon score pour l’indicateur CBMT (qui inclut l’existence d’une dimension pluriannuelle dans la planification budgétaire, la politique de dépense et la budgétisation).

    Les investissements directs étrangers (IDE) ont été remplacés par des flux d’investissements de portefeuille, en particulier dans les pays de la région Moanap. Des mesures visant à promouvoir des marchés plus étoffés, à réduire les restrictions à l’investissement et à améliorer la stabilité macroéconomique peuvent contribuer à attirer des IDE.

    Fatim-Zahra TOHRY

     

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