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    International

    Quand la France se déchire pour un bout de tissu

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5618 Le 21/10/2019 | Partager
    Une polémique de plus suscitée par un élu d’extrême droite
    Des dérapages dans les médias français

    Quelque 500 personnes, des femmes pour la plupart, se sont réunies samedi à Paris, en France, pour dénoncer une islamophobie de plus en plus décomplexée.  Trop peu nombreux selon une participante qui se désole du manque de solidarité face à un climat délétère.

    Toutes disent ressentir la peur et l’insécurité. Il faut dire que  30 ans après la première affaire du foulard, lorsque trois collégiennes, d’origine marocaine,  avaient été exclues pour avoir refusé de retirer leur voile à Creil, dans le département de l’Oise, la France est toujours aussi divisée sur la question.

    «L’affaire de Creil a créé un cycle dont on n’est pas sorti, avec une focalisation sur le foulard», constate Ismaïl Ferhat, maître de conférences à l’Université Picardie, qui a coordonné l’ouvrage «Les foulards de la discorde». «Toutefois, depuis, la cible s’est beaucoup élargie», ajoute-t-il, énumérant les débats à la crèche (l’affaire Baby-loup), sur le voile intégral, le burkini, les piscines municipales, les vêtements de sport et, tout récemment, sur les mères accompagnatrices de sorties scolaires.

    Sans jamais cesser, les attaques contre «le foulard islamique» dans l’hexagone, ont pris une tournure plus violente lorsqu’un élu sous l’étiquette du Rassemblement national au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a  profité d’une séance plénière pour prendre à partie une mère accompagnant une sortie scolaire, exigeant d’elle qu’elle retire son foulard au nom des «principes laïques».

    La séquence filmée est très vite devenue virale, s’invitant dans l’agenda politique de la semaine, donnant cours à des dérapages de la part d’hommes et de femmes politiques et des médias.  Pas moins de 85 débats sur le sujet ont été montés dans l’urgence par  les chaînes d’information continue, telles que LCI, CNews, France-Info et BFMTV. Le site Checknews, le service de fact-checking du quotidien Libération, a noté que sur l’ensemble de ces débats… aucune femme voilée n’a été invitée! Le site note toutefois des dérapages flagrants comme dans le cas du journaliste  Olivier Galzi comparant le voile aux uniformes SS. 

    Face à la polémique grandissante qui divise la majorité, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi dernier à ne pas «stigmatiser» les musulmans, en dénonçant un «raccourci fatal» entre lutte contre le terrorisme et islam. «Faisons bloc et ne nous divisons pas pour lutter d’abord et avant tout contre la radicalisation dans notre société, œuvrons pour que la République soit partout», a ajouté le chef de l’Etat tout en appelant,  tout de même, à «être intraitable avec le communautarisme».

    Hassan II et le voile

    Depuis l’affaire «Creil» la question du port du voile est encore d’actualité en France. Une affaire qui avait suscité l’intérêt du Roi Hassan II. Après plusieurs  mois de polémiques, les jeunes filles avaient finalement retiré leur voile, après une intervention personnelle du défunt Roi.  Hassan II s’en expliquera d’ailleurs lors de la célèbre émission «L’heure de vérité». «Les musulmans traditionalistes en France disent que le voile est essentiel», mais au Maroc «la majorité des femmes marocaines ne portent pas le voile. De plus en plus. (…) Les commandements de l’islam concernant le port du voile sont définis dans le temps et dans l’espace (…) D’ailleurs la preuve que quand on a demandé aux deux jeunes filles marocaines, quand je leur ai fait demander personnellement et en tant que père de famille, par l’intermédiaire de mon ambassadeur, de vouloir bien cesser cette affaire dont elles sont à l’origine sans le vouloir, elles ont parfaitement compris et leurs parents aussi».

    A.Bo

     

     

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