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    Affichage publicitaire: A qui profite l’anarchie?

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5609 Le 08/10/2019 | Partager
    Une grande opacité entache l’attribution de ce marché
    Sécurité, esthétique, absence d’autorisation, gré à gré… des non-conformités à la pelle
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    Opération coup de poing de retrait de panneaux d’affichage publicitaire à Casablanca (Ph. Alnasser)

    Encore une fois, l’affichage publicitaire suscite de vives polémiques à Casablanca. En effet, le week-end dernier, selon nos confrères du quotidien Assabah, le Souverain a donné ses instructions aux autorités locales pour mettre fin à l’anarchie. C’est le cas notamment de l’affichage pléthorique accroché sur panneaux électriques tout au long de la corniche d’Aïn Diab.

    Déployées sur le terrain, les équipes de la police administrative communale ont ratissé les différents arrondissements et artères de la ville pour le retrait des affiches non conformes. Le constat à Casablanca est que l’affichage échappe à tout contrôle et les marchés sont attribués dans des conditions opaques.

    Du coup, les panneaux pullulent sur l’espace public  et entravent la visibilité, voire présentent souvent des risques liés à la sécurité des piétons et automobilistes. Sans oublier la dégradation de l’esthétique des principales artères de la métropole.

    Selon une étude récente du cabinet de consulting «White House», le marché de l’affichage urbain présente une série de dysfonctionnements: prolifération anarchique, pollution visuelle, perturbation du trafic… Des panneaux ou enseignes publicitaires qui cachent les feux de signalisation à ceux perchés sur les arbres, sur les monuments historiques ou les devantures d’immeubles… en passant par les affiches abandonnées, anonymes, provisoires (qui deviennent permanentes)… Qu’est-ce qui a été fait depuis avril dernier?

    «La situation empire», dénonce un afficheur qui requiert l’anonymat. L’administration (ou la commune plus précisément) ne respecte même pas le droit de la concurrence. En principe, ces autorisations doivent être accordées par voie d’appels d’offres.

    Or, la pratique est tout autre.  Les marchés sont généralement octroyés en mode gré à gré. Selon la réglementation en vigueur, à chaque fois qu’un afficheur sollicite un espace pour la pose d’un panneau, une commission communale se réunit et étudie l’implantation avant d’accorder l’autorisation. Et ce n’est qu’à l’issue d’un vote que les espaces peuvent être attribués. Ce qui n’est pas souvent le cas.

    S’y ajoute le problème de délimitation des rôles et des périmètres  entre les autorités locale, les élus, les SDL…Contacté par L’Economiste, la SDL Casa Prestations refile la patate chaude à la commune de Casablanca: «Nous n’avons pas d’informations formelles ou précises à communiquer… Il va falloir contacter plutôt les responsables de la commune de Casablanca». Le secteur est de plus en plus gangrené par les passe-droits et les aberrations.

    Pour preuve, des afficheurs louent des espaces entre 3.500 DH et 4.000 DH par mois. Pourtant, la taxe communale s’élève à 5.500 DH/mois, en plus d’un forfait de 500 DH à payer à Lydec (redevances du raccordement à l’électricité), soit un total de 6.000 DH», dénonce un opérateur. Rien que le fait de louer un espace à un prix inférieur au coût de revient renseigne sur les complicités et les pratiques peu orthodoxes dans ce secteur en particulier.

    Autre constat, les redevances fixées par la commune pour l’occupation du domaine public restent dérisoires, au vu du chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs du secteur. Le montant des recettes prévisionnelles des redevances à recouvrer auprès des exploitants devrait s’élever à plus de 144 millions de DH, estime le schéma directeur de l’affichage urbain.

    Les recettes de l’affichage sont appelées à augmenter au fil des ans, selon les scénarios retenus dans le schéma directeur de l’affichage urbain. Les auteurs de l’étude ont préconisé une augmentation graduelle des redevances (à partir de 2020), tout en réduisant le parc existant.

    Selon ce scénario, l’année prochaine, les recettes de l’affichage publicitaire (toutes catégories confondues) passeront à plus de 161 millions de DH, puis à 166 millions (en 2021), 179 millions en 2022 et plus de 231 millions de DH en 2023.

    Cahier des charges

    Le cahier des charges impose de respecter un chaînage de 100 mètres linéaires entre un panneau et un autre. Ce qui est rarement le cas «Des panneaux sont plantés la nuit, à l’insu des autorités, sans que des sanctions soient prises», dénonce un afficheur. Les affiches sont censées être numérotées. Les cahiers des charges et les conventions ne sont même pas soumis à l’approbation du Conseil de la ville, ni au visa de l’autorité compétente. De même, le contrôle est quasiment absent et le nombre de panneaux exploités est imprécis. «Il arrive de trouver deux ou trois panneaux avec le même numéro de série», dénonce un autre opérateur. Selon la réglementation, les affiches devraient arborer le numéro de série avec le nom de l’entreprise, le n° d’autorisation d’exploitation ainsi que toutes les informations requises pour l’identifier. «Toutes les entreprises exploitantes ne sont pratiquement pas à jour de leurs paiements», indique le schéma directeur de l’affichage urbain, élaboré par le cabinet de consulting «White House», et commandité par la SDL Casa Prestations.

    M.Ko.

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