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    100 ans d’aviation au Maroc: Cap Juby inspire et «Le Petit prince» devient lucratif

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5603 Le 30/09/2019 | Partager
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    Oliver d'Agay est le directeur de la Succession Saint-Exupéry et de la Fondation qui porte le nom de l'aviateur écrivain, disparu fin juillet 1944 en plein Méditerranée (Ph. Faiçal Faquihi)

    Le vent du Grand Sud berce nos échanges avec Olivier d’Agay, arrière-petit neveu de Saint-Exupéry. L’Economiste et le directeur de la Succession et de la Fondation Saint-Exupéry se trouvent sur la légendaire piste d’atterrissage de Tarfaya ou Cap Juby. Le Rallye Toulouse-Saint-Louis n’a pas encore pris son envol en ce 25 septembre vers Dakhla, la dernière escale marocaine. Notre invité de l’étape occupe son poste depuis 15 ans.

    - L’Economiste: Quelle est la fonction d’un directeur de Succession?
    - Olivier d’Agay:
    La Succession représente les héritiers de Saint-Exupéry. Je dirige plusieurs directions chargées du patrimoine intellectuel et immatériel. Il n’y a plus beaucoup de droits d’auteur puisque l’œuvre de Saint-Exupéry est tombée dans le domaine public. Ma mission est de préserver la mémoire et de diffuser le message de l’œuvre de Saint-Exupéry, comme «Le Petit prince»: expositions, colloques, musées, nouvelles éditions, publication de textes et dessins inédits... La Fondation Saint-Exupéry fait du mécénat en soutenant des projets d’éducation. Nous sommes partenaires du musée et de l’Association des amis de Tarfaya.   

    - Le personnage du Petit prince est une marque commerciale…
    - Effectivement. Nous la développons mondialement à travers par exemple des parcs d’attraction, notamment en France. Il y en aura bientôt un autre en Chine. Un film sur «Le Petit prince» a été réalisé il y a 4 ans. La Succession de Saint-Exupéry gère la marque. Elle compte 12 salariés et un conseil d’administration où siègent mes quatre oncles, les neveux de Saint-Exupéry. Son président âgé de 94 ans est le dernier à l’avoir connu.

    - Quel est votre chiffre d’affaires?     
    - Nos partenaires réalisent 100 millions de dollars par an. La Succession Saint-Exupéry a droit à 5% de ce chiffre d’affaires. Ce qui est excellent pour financer la Fondation Saint-Exupéry. Celle-ci réalise pour sa part un chiffre d’affaires de 500.000 euros par an. Ils sont  investis dans des projets éducatifs.

    - A proximité, se trouve le vieux fort où Saint-Exupéry a été chef d’escale à partir de 1927 pendant 18 mois. Comptez-vous restaurer ce lieu de mémoire?   
    - Il serait certainement intéressant de le restaurer au même titre que la Casa d’El mare. Avec le but d’en faire un site de tourisme de niche à Tarfaya. Il faut que les esprits mûrissent. Nous sommes dans une zone complexe et sensible. L’Etat et les autorités en sont totalement conscients. J’ai appris à être patient au Maroc. Les choses se font dans le temps. 

    - En avez-vous déjà discuté avec les autorités marocaines?
    - Notre fonction n’est pas d’aménager. Il faut trouver des investisseurs privés ou publics pour restaurer ces sites. Notre appui peut se faire d’un point de vue communicationnel (mais pas financier). Le projet de restauration doit émaner des autorités locales et nationales.
    Il a fallu se battre pendant 30 ans pour avoir un musée Saint-Exupéry en France alors qu’il en existe au Japon, en Argentine… La maison d’enfance de Saint-Exupéry, au nord de Lyon, est pourtant le lieu de mémoire le plus important avec Tarfaya comme source de son inspiration. 

    - La gourmette de Saint-Exupéry a été retrouvée en 1998 en Méditerranée par un pêcheur marseillais, Claude Bianco. Pourquoi avez-vous douté de son authenticité?
    - Tout le monde en a douté, pas seulement les héritiers. C’est un miracle de retrouver cette gourmette dans des filets de pêche. Nous n’avons jamais su qu’elle existait. L’identification de l’avion de Saint-Exupéry (en 2004) a établi la vérité. Tout le monde s’est excusé auprès de M. Bianco.

    L’histoire du jour

    «Le départ pour Dakar eut lieu le matin du 3 mai 1923 dans les plus mauvaises conditions météorologiques. Sans doute, le capitaine Jean Roig avait-il aux oreilles les mots du maréchal Lyautey: «Tu ne reviendras pas, petit… Pourquoi t’obstine-tu?»
    Les Casablancais, eux, pensaient bien que le chef de cette expédition ne serait pas assez fou pour respecter l’horaire. A l’heure du départ à Dakar, trois Bréguet 14, pilotés par Delrieu, Cueille et Hamm, accompagnés par un journaliste de choc, Georges Louis de la Vigie Marocaine, s’enfonçaient dans le coton en direction du Sud. Trois avions se perdirent de vue en cours de route. Ils se retrouvaient trois heures après, par le travers de Mogador (Essaouira), puis la baie d’Agadir. Ce fut à cette première escale que les nerfs d’un pilote craquèrent: «Non capitaine Roig… Je reste. Ce serait aller à la mort».
    Le capitaine sortit son revolver et le braqua contre le pilote, un vieil ami pourtant: «Si tu ne grimpes pas immédiatement, je te brûle la cervelle».
    Comme un automate, le pilote obéit. Il décolla en oubliant d’emmener avec lui le mécanicien. A ce lointain souvenir, le capitaine Roig murmure: «Ceux qui se tuent dans le désert sont ceux qui ont peur et qui n’ont pas la foi».
    Le 5 mai à 15 h, il expédia de Dakar ce télégramme: «Mission accomplie. Tout va bien».

    Source: Souvenirs de Joseph Roig

    Faiçal FAQUIHI

     

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