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    Société

    100 ans d’aviation au Maroc: L’Aéropostale n’a pas livré tous ses secrets!

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5603 Le 30/09/2019 | Partager
    En auto-stop aérien de Cap Juby à Dakhla…
    Mission accomplie dans le désert marocain
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    L’Economiste s’envole de Tarfaya à Dakhla (Ph. Faiçal Faquihi)

    Il fallait coûte que coûte rejoindre Dakhla, et à temps. Plus d’une vingtaine d’avions sont alignés au bord de la piste de Cap Juby (Tarfaya). Le Rallye Toulouse-Saint-Louis s’apprête à entamer, en ce 25 septembre, sa dernière étape marocaine.

    Après Dakhla, les pilotes vont s’envoler vers Nouadhibou en Mauritanie puis Saint-Louis au Sénégal. Les participants comptent y rester pratiquement jusqu’à la fin du mois. Le directeur de la Succession Saint-Exupéry devra inaugurer au Sénégal la chambre de l’écrivain-aviateur (voir entretien).

    Est-ce la fin de l’aventure à Tarfaya? Depuis le début, notre pari est de faire l’étape marocaine de A à Z. Elle est la plus longue et la plus historique de ce raid aérien. Notre équipage et son Cessna 172 monomoteur diesel de 555 chevaux ont dû rebrousser chemin à Casablanca à cause d’une urgence extrême. Votre serviteur se devait de trouver une solution pour atterrir à Dakhla. Il fallait de plus composer avec un «passager clandestin»: une vicieuse bronchite attrapée dès le début de ce rallye à Rabat!   

    Toutefois, notre autorisation de vol dans les provinces du Sud est un atout. Etant muni de ce document, la direction technique du rallye ne voyait aucun inconvénient à ce que L’Economiste poursuive son périple dans un autre avion. Encore faut-il le trouver. A Agadir déjà, un équipage français s’était proposé de nous emmener à bord.

    C’est à cette étape que notre voyage allait être compromis une première fois. Et ce à cause de l’autorisation de vol qui tardait à venir de l’administration de l’aviation civile! Arrivés finalement à Tarfaya, l’équation change. L’autorisation de vol est là mais pas l’avion.

    L’Economiste retrouve l’équipage «Les Sirlis du désert». Michel Molina et sa copilote Annie Brun sont membres de l’aéroclub du Giennois en Orléans. Ils nous prennent à bord de leur Robin DR 400. D’une puissance de 180 chevaux, leur engin Bravo Charlie est fabriqué en grande partie de bois et de toile.

    Le rallye doit faire un détour par l’aéroport de Laâyoune pour se ravitailler en carburant avant d’aller à Dakhla. La partie est loin d’être gagnée. Un équipage a eu une panne le 24 septembre à Tan-Tan. «Si leur appareil n’est pas réparé, l’un de ses membres va prendre votre place», nous avertit le directeur technique, Daniel Vacher.

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    Une mystérieuse médaille à l’effigie de Saint-Exupéry retrouvée à Laâyoune (Ph. Faiçal Faquihi)

    Le mécanicien en chef du rallye, Ismaïl Expositto, parvient en fin de compte à redémarrer l’avion. Il nous sauve au dernier moment et sans le savoir. «Le régulateur ne fonctionnait plus. Nous l’avons remplacé par celui d’une automobile acheté dans un magasin de pièces mécaniques», nous confie le mécanicien originaire des Îles Canaries.  «Celui qui ne sait vers quel port se diriger ne trouve jamais de vent favorable», selon Sénèque.

    Dans le ciel marocain, le littoral n’en finit pas de nous subjuguer. Les autorités, de Tanger à El Gouira, sont-elles vraiment conscientes de sa splendeur?

    Nous avons croisé les participants d’un autre rallye à l’aéroport de Laâyoune, celui de la Ligne Latécoère. La perte cruelle d’un de leur équipage en Espagne confirme la dangerosité des vols sur ce trajet.

    Les plaisirs compensent les risques. L’Economiste a partagé un moment de grâce devant un tagine de viande de chameau avec notre sympathique pilote, Michel Molina. Il y avait autour de notre table l’un des héritiers de Saint-Exupéry, et un vétéran du raid Toulouse-Saint-Louis, Jean-Marie Audibert. Ce dernier regrette les temps où «les vols étaient plus libres». Le terrorisme et les mesures sécuritaires qu’il a fini par engendrer ont quelque part tué l’esprit d’aventure d’un Indiana Jones ou d’un Ibn Battouta!   

    Tout est question de perception. La découverte peut s’annoncer dans un endroit aussi banal qu’une boutique de souvenirs. A l’aéroport de Laâyoune, L’Economiste a «mis la main» sur une ancienne médaille à l’effigie de Saint-Exupéry! Même son arrière-petit neveu n’en connaissait pas l’existence. Françoise-Dominique Bastide, spécialiste réputée de la vie et de l’œuvre de l’auteur du «Petit prince», n’en revenait pas non plus lorsque nous lui avons rapporté la nouvelle.

    Le propriétaire du bazar, Tami Mbarek, a acquis la fameuse médaille chez un Sahraoui de Boujdour. Ce dernier l’a trouvée dans le désert marocain et s’en servait pour… casser des pains de sucre... A en croire notre négociant, «la médaille très convoitée appartenait à un pilote dont l’avion a fait un crash». L’épopée des aviateurs disparus continue de s’écrire à l’encre fraîche.

    A Dakhla, un autre constat se révèle à nous. En un siècle d’épopée, jamais un journal marocain et son reporter n’ont emprunté la Ligne Latécoère et «côtoyé» les pionniers de l’Aéropostale. Archives, experts, pilotes et témoins consultés tout au long de ce périple le confirment. Le Maroc est à la veille de renouer avec son histoire de l’aviation.

    Faiçal FAQUIHI

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