×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Le CMC interpelle Lahlimi sur l'inflation

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5603 Le 30/09/2019 | Partager
    Le taux de 0,2% enregistré à fin août en contradiction avec le ressenti
    Même l'indice de confiance des ménages indique une dégradation du pouvoir d'achat
    Interrogations sur les chiffres du chômage
    cmc_inflation_003.jpg

    La transformation des structures productives est jugée lente par le CMC. Il prévoit une croissance de 4,6% en 2020, année de rattrapage

    Tous les ingrédients d'une polémique entre le Centre marocain de conjoncture (CMC) et le Haut commissariat au plan (HCP) semblent réunis. Le CMC(1) interpelle Ahmed Lahlimi sur le taux d'inflation qui ressort à 0,2% à fin août.

    Ses experts, qui ne remettent pas en cause «la fiabilité» des statistiques produites par le HCP, estiment que «le taux d'inflation à 0,2 % n'est pas cohérent» et attendent des explications. «Nous nous demandons si nous sommes dans une situation de poussée déflationniste. Le niveau de l'indice des prix à la consommation est très faible», s'interroge M'Hammed Tahraoui, membre du comité scientifique. Dans l'Union Européenne, l'inflation est à 1,2% dans la Zone Euro contre 4 à 5%  dans les pays émergents.

    «Le niveau de l'indice du prix à la consommation (IPC) montre une stabilité presque parfaite des prix, ce qui est en contradiction avec d'autres données fournies par le HCP. Cela devrait inquiéter puisque la déflation indique la chute de l'activité économique. C'est même un indicateur de faiblesse de l'activité économique», poursuit Tahraoui.

    Au quotidien, le ressenti des ménages est tout autre. L'indice de confiance des ménages, publié trimestriellement par le HCP, relève une contradiction avec le niveau de l'inflation mesuré par le HCP. Au deuxième trimestre, 46,2% des ménages ont déclaré une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 32,9% un maintien au même niveau et 20,8% une amélioration.

    Le solde d’opinions sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 25,4 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport à une année auparavant. Il indique aussi «qu'au cours des 12 prochains mois, 27,3% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 40,6% à un maintien au même niveau et 32 % à une amélioration».

    Le CMC pose plusieurs interrogations cherchant ainsi une meilleure compréhension des mécanismes de l'économie: ce taux d'inflation traduit-il la réalité telle que constatée et perçue par les ménages? Un tel résultat est-il cohérent avec les autres constats? L'idée qui revient est la mise à disposition de statistiques cohérentes et d'informations pour pouvoir interpréter les données.

    «Nous aimerions mieux comprendre les résultats à travers une plus grande explication des méthodologies. Cela assurera une bonne lecture des données fournies par le HCP et tous les organismes», poursuivent les experts du CMC. C'est même la condition sine qua none pour «se projeter dans le futur et élaborer un nouveau modèle de développement; sinon cela sera difficile».

    4,6% de croissance en 2020

    L'année 2020 serait celle du rattrapage et devrait être soutenue par des mesures budgétaires de relance. Le CMC prévoit un taux de croissance de 4,6%. Le redressement prévisible du cycle conjoncturel en 2020 est attribué principalement au secteur agricole. Sa croissance devrait s'établir à 9,5% après un repli de 3,7 en 2019. L'économie reste dépendante de l'aléa climatique dont elle devrait en principe s'affranchir à même de gagner en termes de croissance, de revenus et de création d'emploi.

                                                                                   

    Le taux de chômage est-il vraiment le bon?

    Les explications du Haut commissariat au plan sur le taux de chômage enregistré au deuxième trimestre sont également attendues par le Centre marocain de conjoncture. Les économistes du CMC s'interrogent sur le taux enregistré dans le rural, 3,3%, qui économiquement équivaut au plein emploi. Pareil pour la baisse de  13,7 à 12,4% dans le milieu urbain. Or la conjoncture est marquée par une «régression» du PIB à 2,6% contre 3% l'année dernière. «Nous attendons des éléments d'explication. Comment lire ces chiffres», s’interrogent les experts du CMC. Ils ont également fait le lien entre le niveau de la population en situation de  sous emploi qui s'élève à 999.000 personnes et celles de la population au chômage qui atteint 1,026 million. Cela se  traduit par un résultat choquant puisque le CMC estime que «le taux de chômage serait le double de ce qui est présenté officiellement».

    Khadija MASMOUDI

    -------------------------------------------------------

    (1)  Le Centre marocain de conjoncture a tenu une conférence de presse jeudi 26 septembre à Casablanca

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc