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    Dossier Spécial

    MBA: «Soyez entrepreneur de votre formation!»

    Par L'Economiste | Edition N°:5596 Le 19/09/2019 | Partager

    Cela prend beaucoup de courage de se lancer dans un programme MBA. Aux contraintes d’organisation, il faut ajouter l’effort financier. Dans le cas des parcours en full time, il est nécessaire de mettre sa vie professionnelle entre parenthèses. Un sacrifice que peu de personnes arrivent à consentir. Mais le jeu en vaut la chandelle, à condition de bien choisir son école et de bien préparer son projet. Les conseils pour ne surtout pas rater son expérience MBA. 

    ■ De l’autodiscipline avant tout

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    Nada Biaz, DG du groupe ISCAE (Ph. ISCAE)

    Il est souvent difficile de combiner études, travail et responsabilités familiales. Les cadres sont obligés de sacrifier leurs soirées et leurs week-ends pour suivre leur programme. Pour la DG du groupe ISCAE, le mot magique, c’est l’autodiscipline. Il est aussi important de faire preuve d’engagement et d’une forte implication. Pas question de se laisser aller à des absences ou de faire les choses à moitié. Il faudrait «contribuer de manière effective à la richesse du programme». «Le participant doit être entrepreneur de sa formation», estime Biaz. En tant qu’apprenants, cadres et patrons doivent, en outre, faire preuve de «curiosité, d’humilité, d’ouverture d’esprit et de partage». Autre conseil, et pas des moindres, «l’expérimentation rapide des enseignements, outils et approches discutés lors des cours dans son activité professionnelle du moment», afin d’en tirer profit au maximum.

    ■ Ne pas chercher un diplôme, mais des apprentissages

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    Thami Ghorfi, président de l’ESCA Ecole de management
    (Ph. F. Alnasser)

    S’inscrire en MBA pour rajouter un titre à sa collection de diplômes serait une erreur. Pour le patron de l’ESCA, dans ce genre de programme, il ne s’agit pas de chercher un diplôme ou de décrocher des notes. «L’essentiel est de construire une compréhension de comment décider et agir en tant que dirigeant», insiste Thami Ghorfi. La prise de décision et le leadership étant des composantes phares de ce cursus destiné aux cadres et dirigeants. «Et il faut y aller avec l’humilité nécessaire pour apprendre des autres participants», poursuit-il. La qualité de la promotion est de ce fait décisive. Plus elle est diversifiée, plus les apprentissages «co-construits» sont intenses.
    «Le programme est aussi une occasion fantastique pour développer sa résilience, en gérant à la fois sa formation, ses activités professionnelles, ses responsabilités familiales, ses travaux personnels et lectures…», estime Ghorfi. Plus que des contraintes, il faudrait y voir une chance.
    Enfin, le timing du MBA est décisif. «Beaucoup de jeunes souhaitent s’y inscrire trop tôt. Or, c’est quand vous justifiez d’un peu de maturité que vous pouvez donner du sens à ce que vous acquérez», suggère le président de l’ESCA. Une expérience d’au moins 5 ans est ainsi souhaitable. 

    ■ Redevenir étudiant et jouer pleinement le jeu

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    Hassan Sayarh, DG de HEM (Ph. HEM)

    La réussite d’un programme MBA dépend en grande partie de la préparation en amont du projet. «Une formation sérieuse nécessite un fort investissement, à la fois financier, physique, organisationnel, en temps et en disponibilité intellectuelle», insiste le DG de HEM, Hassan Sayarh. Il est donc important de se poser les bonnes questions, de choisir le bon moment, de préparer et d’impliquer son entourage, sa famille, car selon Sayarh, le projet est loin d’être individuel. En cas de baisse de régime, l’entourage peut représenter un précieux appui, ou au contraire, un facteur d’échec. «Très souvent, quand le projet n’est pas suffisamment étudié et préparé, les participants se retrouvent en difficulté, au risque d’abandonner leur cursus», prévient-il.
    Autre warning: En remettant la caquette d’étudiant, il faudra se plier aux contraintes étudiantes (présence, examen, travaux à rendre…). En gros, jouer le jeu pleinement, et non pas se réfugier dans son statut de cadre ou de dirigeant. «Le programme peut apporter énormément, y compris sur le plan intellectuel. Mais il faudrait choisir un vrai MBA, à même de procurer de la valeur ajoutée, et non un carton supplémentaire», insiste Sayarh.  

    ■ Investir en soi-même, nettement plus rentable!

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    Hicham Bouzoubaâ, ancien président de l’Association des alumni du MBA Ponts et Chaussées (Ph. L’Economiste)

    Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des mines de Rabat (promotion 1998), Hicham Bouzoubaâ crée très vite son cabinet de conseil en ingénierie, un an seulement après sa diplomation. Mais il ressent  rapidement le besoin d’étoffer ses compétences en management. En 2002, il décide de mettre son activité en suspens et de s’inscrire dans le MBA des Ponts et Chaussées à Paris, proposé en full time sur deux ans. Un risque considérable, puisqu’il fallait arrêter de travailler pendant deux ans, et s’acquitter de quelque 30.000 euros. «J’ai utilisé mes économies pour investir en moi-même, et la rentabilité est nettement meilleure. Je le referai sans hésiter. Le MBA est un accélérateur de carrière», confie Hicham, aujourd’hui directeur de développement Afrique d’une multinationale. Son conseil, «se préparer à l’avance et être prêt». «Vous avez l’impression qu’il s’agit d’une décision personnelle, mais si votre famille ou votre partenaire ne sont pas alignés avec vos objectifs, cela crée des tensions et nuit à votre engagement. Or, le programme nécessite beaucoup d’implication et de sacrifices», souligne-t-il. Par manque de préparation, certains passent à côté de leur cursus ou abandonnent. Parmi les participants des Ponts et Chaussées, le taux d’abandon est de 12%, selon une étude réalisée par Hicham, du temps où il présidait l’Association des alumni. «Les prérequis imposés par le jury de sélection ont également du sens. Si vous n’avez pas 4 à 5 ans d’expérience terrain, des objectifs professionnels clairs, un bon niveau d’anglais… vous ne pouvez pas en profiter pleinement», assure Hicham.

    ■ «Quand vous en avez la possibilité, foncez!»

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    Mourad El Mahjoubi, directeur de l’emlyon Business-School Africa (Ph. emlyon Business-School)

    «Reporter son MBA d’un an, c’est aussi reporter ses ambitions professionnelles et se priver d’un an de richesse. Il faut évidemment s’organiser, mais il faut se lancer. Certains, à force de décaler, ne s’y engagent jamais et finissent par le regretter», insiste Mourad El Mahjoubi, directeur de l’emlyon Business-School Africa. Hésiter, c’est pour lui la principale erreur à éviter. «Une fois inscrit, le cursus doit être partie prenante à la vie personnelle et professionnelle du participant. Les travaux à réaliser doivent être orientés vers son quotidien. Il ne faut surtout pas déconnecter les deux mondes», conseille El Mahjoubi. Le networking fait également partie des principaux bénéfices à tirer d’un MBA. Pour le directeur de l’emlyon Business-School Africa, il est toujours plus intéressant d’élargir son réseautage au-delà de sa promotion et de ses enseignants, en découvrant d’autres promotions et cursus, et en profitant du réseau global de son école.

     

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