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    Dossier Spécial

    MBA: Première clientèle, les ingénieurs

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5596 Le 19/09/2019 | Partager
    La demande augmente, la concurrence fait rage
    Les employeurs financent de plus en plus
    Des tarifs frisant les 300.000 dirhams
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    Dans le monde, ce sont les MBA des business-schools des plus prestigieuses universités américaines qui occupent la tête du classement, suivies de l’institut européen Insead. Une école chinoise figure, désormais, dans le top 5 (Ceibs). Les lauréats de ces programmes doublent, voire triplent, leur salaire à l’issue de leur diplôme. Leur salaire annuel moyen peut frôler les 230.000 dollars par an

    Les cadres et dirigeants ont envie de se former. C’est ce qui ressort du coup de sonde réalisé par L’Economiste auprès des business-schools. Les programmes MBA, en particulier, sont de plus en plus demandés.

    «Avec l’évolution des métiers et l’importance de l’acquisition des soft skills et compétences managériales pour naviguer dans un environnement complexe, la demande s’est accrue pour ces programmes», témoigne Nada Biaz, DG du groupe ISCAE.

    La business-school reçoit chaque année une centaine de candidats aux épreuves écrites et orales de son executive MBA, pour une trentaine de places disponibles. «Depuis notre installation au Maroc il y a 5 ans, nous enregistrons une forte demande pour notre Executive MBA», relève Mourad El Mahjoubi, directeur de l’emlyon business-school Africa. L’école ouvre deux promotions d’une quinzaine de participants par an. La prochaine sera lancée fin septembre.

    «L’offre étant davantage diversifiée sur le marché national et international, la concurrence devient exacerbée. Ce qui signifie que les standards deviennent très élevés pour satisfaire les exigences des candidats», souligne Biaz. Pour Thami Ghorfi, fondateur de l’ESCA, qui accueille une vingtaine d’inscrits par promotion dans son international MBA, le diplôme originellement né dans le monde anglo-saxon commence à rentrer dans les mœurs au Maroc. «Il est devenu plus visible et les cadres en ont compris l’intérêt», pense-t-il.  

    Les ingénieurs sont clairement les principaux clients des programmes MBA. A HEM, par exemple, 70% des participants sont des ingénieurs, avec 3 à 4 années d’expérience professionnelle. «Parmi les lauréats des Ponts et Chaussées, ils représentent environ 57%. Après quelques années d’expérience terrain, ils ressentent très vite le besoin d’une formation supplémentaire, afin de donner un coup d’accélérateur à leur carrière», relève Hicham Bouzoubaâ, ancien président de l’Association des alumni du MBA de l’Ecole des Ponts et Chaussées Paris, lui-même ingénieur de l’Ecole nationale supérieure des mines de Rabat.

    A l’ISCAE,  60% des participants à l’executive MBA sont de profil ingénieur, contre 22% de diplômés en management. 60% proviennent du monde de l’industrie et des services, 19% du secteur bancaire et financier et 17% du secteur public. Près de sept sur dix cumulent entre 5  et 10 ans d’expérience professionnelle et 31% plus de dix ans.

    Les cursus durent en général entre 18 mois et deux ans. Les frais sont assez élevés, notamment chez les enseignes françaises installées au Maroc. Dans le parcours des Ponts et Chaussées, il faut compter 270.000 DH. A l’emlyon, 295.000 DH (contre 40.000 euros en France).

    «Pour des raisons d’ancrage sur le marché marocain, nous avons volontairement adapté notre prix, même si nous proposons le même programme, avec le même corps professoral», précise El Mahjoubi. L’école offre aussi des bourses pouvant aller jusqu’à 90.000 DH. A HEM, le prix est de 130.000 DH, contre 83.000 DH à l’ISCAE.

    Généralement, les cadres autofinancent leur formation. «Mais ces trois dernières années, nous avons remarqué que les entreprises sont plus disposées à prendre en charge une partie du financement», assure Nada Biaz. La plupart des établissements confirment cette prise de conscience accrue des employeurs, par rapport à la nécessité d’accompagner la formation de leurs ressources humaines.

    A HEM, près de 40% des participants bénéficient du financement, la plupart du temps partiel (jusqu’à 80% du coût), de leur cursus par leur employeur. «Les sociétés restent quand même frileuses, car elles n’ont aucune garantie de garder leur cadre sur le long terme. Beaucoup de candidats préfèrent payer leur diplôme pour garder leur liberté», note Hassan Sayarh, DG de HEM.

    A l’emlyon, la moitié des inscrits sont soutenus par leur employeur, dont 80% en totalité. «Nous avons signé des partenariats avec des entreprises œuvrant principalement dans l’industrie, et des administrations publiques, qui placent chaque année 2 à 3 de leurs managers chez nous», précise son directeur Afrique. 

    Au Maroc, les programmes sont soit en français, en anglais, ou les deux. Les cours se déroulent les vendredis après-midi et les week-ends, à raison de un à trois week-ends par mois. Certaines écoles choisissent de libérer les dimanches.

    Aucune incitation pour la formation diplomante

    La formation continue au Maroc est en panne depuis des années. Cela fait plus de 15 ans que le processus des contrats spéciaux, permettant aux entreprises de se faire rembourser leurs actions de formation, est bloqué. Le nombre de bénéficiaires est en stagnation (1.100 à 1.500, bon an mal an). En l’absence de tout soutien, la majorité des employeurs n’est pas encouragée à investir dans le perfectionnement de son capital humain. La formation diplomante, elle, ne fait l’objet d’aucun dispositif d’accompagnement. Elle est financée par les cadres eux-mêmes, ou par les entreprises qui acceptent d’investir dans leurs meilleurs talents, en courant le risque de les perdre par la suite. «Il n’existe pas de volonté politico-économique pour encourager la formation continue. Or, ce n’est pas dans l’intérêt des travailleurs, ni du tissu économique. Le développement des compétences devrait être un souci permanent», estime Hassan Sayarh. L’enjeu est pourtant de taille. Selon la Banque mondiale, le Maroc est déjà privé de 50% de son capital humain, en raison de déficiences en matière d’éducation et de santé.

                                                                             

    Un vrai booster de carrière?

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    Passer par un MBA peut complètement transformer une carrière, à condition de choisir le bon programme et de travailler, bien en amont, sur son projet professionnel. Dans les parcours de prestige à l’international, à Harvard, Stanford, l’Insead… Le retour sur investissement est garanti.

    Les participants peuvent bénéficier d’une promotion et voir leur salaire doubler à l’issue de leur programme, voire tripler. Au Maroc, toutes les écoles n’opèrent pas un suivi rigoureux de leurs lauréats avec des données précises, mais elles assurent recevoir des retours positifs de leurs alumnis.

    «La majorité a pu bénéficier d’un réel saut de carrière et d’une évolution en termes d’hiérarchie et de responsabilités au sein de leur entreprise. D’autres changent de structure ou s’expatrient et ce, avant même d’avoir fini la formation», confie Nada Biaz. «Environ 30% de toutes nos promotions changent de poste ou évoluent pendant leur cursus MBA», relève, pour sa part, Mourad El Mahjoubi.

    En tant qu’alumni, les lauréats gardent aussi des liens forts avec leurs écoles, qui continuent à les impliquer dans leurs programmes. «Le MBA produit un grand impact, non seulement sur la situation professionnelle, mais aussi en termes de développement personnel, dans la mesure où le retour sur les bancs de l’école et les échanges d’expériences avec d’autres participants ouvrent de nouveaux horizons», ajoute la DG de l’ISCAE.

    Ahlam NAZIH

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