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    Economie

    Comment tirer profit du dividende démographique

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5595 Le 18/09/2019 | Partager
    Miser sur l’amélioration de l’activité des femmes et des jeunes
    La croissance économique potentielle à l’horizon 2050 ne dépassera pas 3%
    Un impact plus fort du dividende est à chercher dans des facteurs extra-démographiques

    Avec une forte population de jeunes, le Maroc dispose d’une fenêtre d’opportunités. Pour la saisir, «la clé réside dans l’amélioration de l’activité des femmes, qui reste faible, et la création d’emplois productifs pour les jeunes». C’est l’une des principales conclusions du rapport de l’Observatoire national du développement humain (ONDH) sur le dividende démographique, présenté hier à Rabat.

    Le recensement de 2014 montre que les jeunes âgés entre 10 et 24 ans représentent 28% de la population totale. «Les projections montrent que le poids démographique de cette catégorie restera élevé durant les 3 prochaines décennies», selon Louai Chbana, directeur régional du Fonds des Nations Unies pour la population.

    Pour El Hassan El Mansouri, secrétaire général de l’Observatoire, l’un des principaux mécanismes à déployer est d’investir dans une éducation de qualité, en oeuvrant pour une meilleure adéquation formation-emploi. L’idée est également de mettre en place des politiques en mesure d’améliorer l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes, a-t-il expliqué.

    Aujourd’hui, pour être en mesure de tirer profit du dividende démographique, il est décisif de «disposer d’une vision intégrée du développement humain». Celle-ci doit être déclinée en objectifs prioritaires clairs et partagés, en programmes d’action pour l’amélioration de la santé, de l’éducation, en plus de l’autonomisation des femmes et l’inclusion des jeunes, selon les responsables de l’ONDH.

    Le nouveau rapport de cet organisme tombe à un moment où le Maroc se penche sur la refonte de son modèle de développement. La réflexion sur le dividende démographique suscite un intérêt particulier, notamment pour évaluer les opportunités de l’aubaine démographique sur la création de la richesse et le bien-être de la population, selon El Mansouri. Il s’agit également de définir les défis liés notamment à l’emploi, au vieillissement de la population et aux mutations des valeurs de la société.

    Ce document s’est penché sur l’analyse de l’historique démographique au Maroc depuis les années 60. Il en ressort que «le premier dividende démographique a émergé tôt, au milieu des années 70». Les principales tendances enregistrées concernent l’augmentation de l’espérance de vie, passée de 47,2 ans à 74,3 ans pour les hommes entre 1960 et 2015.

    La mortalité infantile a baissé, mais reste élevée comparée à celle des pays avancés. La fécondité est également en recul, passant de 7,2 enfants par femme en 1962 à 2,21 enfants en 2014. Pour les responsables de l’ONDH, «cette dynamique a entraîné un changement de structure de la population, avec un impact certain sur les performances économiques et sociales».

    Sur la base de ces données, l’ONDH a réalisé une analyse prospective. 3 scénarios ont été explorés pour la période allant jusqu’à 2050. Ils sont basés sur des hypothèses relatives à la démographie, au marché du travail, à la participation de la femme, des jeunes et des seniors à l’activité économique future. Il en ressort que «le dividende démographique s’améliore, certes, mais pas dans des proportions importantes».

    La croissance économique potentielle à l’horizon 2050, par exemple, tenant compte de l’évolution des effectifs de l’emploi dans les 3 scénarios, ne dépassera pas 3%. Cette simulation montre que les gains en termes de croissance, avec un taux d’activité ne dépassant pas 52%, seront limités. La maximisation de l’impact du dividende est à chercher dans des facteurs extra-démographiques, qui permettraient l’amélioration de la productivité de l’économie, est-il indiqué.

    Premier dividende

    Comme précisé par ce rapport de l’ONDH, le premier dividende au Maroc a émergé au milieu des années 70. Il a été marqué par un taux d’accroissement annuel moyen de 0,53%. En dépit de l’évolution positive entre 1971 et 2014, liée à la hausse de la population active, particulièrement des femmes, les progrès économiques restent en deçà des attentes. Pour les responsables de l’ONDH, «la croissance économique per capita était insuffisante pour rattraper la cadence des pays émergents».

    M.A.M.

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