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    Rapport de la Cour des comptes/MedZ: Les zones d’activités offshore, un fiasco!

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5594 Le 17/09/2019 | Partager
    Absence d’études préalables, les objectifs pas atteints, non maîtrise du coût global…
    Il faut revoir le business model de MedZ, recommandent les inspecteurs

    Le business model de MedZ est à revoir. C’est la principale conclusion du dernier rapport de la Cour des comptes, qui s’est intéressé aux zones d’activités offshoring aménagées par la filiale de CDG développement. Au rendement modeste des investissements s’ajoutent un niveau faible des fonds propres, un niveau élevé d’endettement, une évolution négative du chiffre d’affaires, et un déficit de trésorerie. Bref, tous les ingrédients qui pourraient fragiliser l’entreprise sont réunis. Pour remédier à ces lacunes, l’établissement de Driss Jettou appelle MedZ à revoir son business model en l’adaptant à sa situation actuelle. Décryptage.

    ■ S’engager quitte à dépasser sa capacité financière
    Depuis 2006, et dans le cadre d’un partenariat public-privé avec l’Etat, la société s’est engagée à développer quatre parcs offshoring, d’une superficie de 602.000 m2, dans quatre villes, à savoir Casablanca, Rabat, Fès et Oujda. A cet effet, à fin 2017, MedZ a valorisé la moitié des superficies prévues dans les conventions d’investissement. Ainsi, le choix des autorités publiques de la filiale de CDG, comme société accompagnante pour la mise en œuvre de la stratégie d’offshoring, a poussé la société à s’engager à réaliser des projets dépassant sa capacité financière, ce qui a fragilisé sa situation financière. A telle enseigne que MedZ a investi, en 2006, un montant équivalent à 3,6 milliards de DH, d’autant plus que l’accélération des investissements et les retards de commercialisation se sont traduits par une détérioration de la rentabilité et de la trésorerie.

    ■ Absence d’études préalables et de planification

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    Le rapport de la Cour des comptes révèle une série de carences en matière de planification, d’aménagement et de construction des parcs offshoring. En fait, dans le cadre du partenariat avec l’Etat, et conformément aux dispositions des cahiers des charges relatifs aux zones offshoring, la société MedZ s’est engagée à réaliser les études préalables relatives au marché et au positionnement, ainsi que celles relatives aux volets techniques et financiers. «Néanmoins, la société n’a pas pu, à ce titre, respecter son engagement», lit-on dans le rapport. Par ailleurs, le choix du lieu d’implantation de l’ensemble des zones offshoring n’a pas été justifié par des études de faisabilité. Ce qui présente, généralement, un risque concernant l’attractivité des entreprises et des investissements par ces zones (exemples de Fès-shore, et Oujda-shore). Pour le parc Fès-Shore, à titre d’exemple, plusieurs entreprises regrettent la proximité avec la décharge publique et les odeurs nauséabondes fortement répandues durant l’été.  

    ■ Retard dans la réalisation et dans l’atteinte des objectifs

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    De l’avis des enquêteurs, les parcs offshore n’ont pas atteint leurs objectifs de construction. Des critiques sur le coût global de construction non maîtrisé, le retard dans la réalisation et non atteinte des objectifs de développement, et la création insuffisamment justifiée d’une zone franche au sein de Technopolis Rabat, ne sont pas en reste. En outre, jusqu’à fin 2017, plusieurs parcelles ont été aménagées, mais sont restées des terrains nus non construits et non valorisés. Ce qui va à l’encontre des engagements de MedZ avec l’Etat. D’autre part, jusqu’à fin 2017, un retard a été constaté dans la réalisation des projets CNS, Technopolis de Rabat (TRS) et Fès-shore. Aussi, aucun projet offshoring lancé par MedZ n’a été achevé dans les délais contractuels fixés à 72 mois, à compter de la date de lancement des travaux. En fait, le retard a atteint 72 mois pour le projet CNS, 48 mois pour celui de Fès-shore, et 60 mois pour le projet Technopolis Rabat (TRS). Ce dernier a vu l’installation d’activités tertiaires et des zones franches. Par conséquent, la vocation de la zone a substantiellement changé en autorisant des activités industrielles sans relation avec la vocation initiale, alors que la société  a aménagé pas loin de ce site (moins de 30 km), la P2I «AFZ» à Kénitra qui comprend une zone libre et une zone franche d’une superficie globale de 345 ha.

    ■ Les parcs touristiques ne sont pas mieux lotis

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    A fin 2017, MedZ a également initié et réalisé une dizaine de zones d’activités touristiques (ZAT) d’un coût atteignant 2 milliards de DH. La décision de s’engager dans ces projets, reste du ressort du groupe CDG, et ce dans le cadre soit de la vision touristique 2010 initiée en 2001, soit dans le cadre des plans de développement touristiques régionaux (PDTR) initiés par les collectivités territoriales.
    A ce titre, il a été relevé que le lancement de certaines zones ne répondent pas à la demande. Ce qui explique que dans certaines ZAT, les ventes des lots aménagés n’étaient pas réalisées selon les prévisions. Ce qui a poussé MedZ à redimensionner certaines zones et même revoir la vocation de certains lots. Par ailleurs, les observateurs ont constaté un retard de transfert des équipements de certaines zones aménagées aux collectivités territoriales, outre des délais d’aménagement relativement longs. Pour ce dernier volet, les fins limiers ont relevé des insuffisances en matière des études initiales de lancement du projet Oued Fès. Ce dernier a connu des difficultés dans la mesure où les délais de réalisation sont relativement longs.

    Multiplicité des intervenants

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    A côté de MedZ et ses filiales, d’autres partenaires de MedZ interviennent dans le processus de promotion des espaces offshoring, notamment le comité technique d’offshoring, le ministère chargé de l’industrie et l’ex AMDI. «Cependant, cette intervention se fait en l’absence d’une procédure formelle retraçant le rôle et les responsabilités de chaque partie. Ce qui pose un problème de coordination», souligne la Cour des comptes. Le rapport pointe également les difficultés de commercialisation des espaces offshoring. A cet égard, la commercialisation des espaces offshoring a connu une croissance moyenne de 5% durant la période 2013-2016. Signalons enfin que la demande en location enregistre une baisse en s’éloignant de Casablanca et Rabat vers Fès et Oujda. De ce fait, les parties construites des parcs de Fès-Shore et Oujda-Shore sont restées complètement non occupées plusieurs années après leur livraison et mise en exploitation. (Cf  L’Economiste N°3930 «Fès shore», parc fantôme?) 

    Y.S.A.

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