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    International

    Le marché pétrolier en ébullition

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5594 Le 17/09/2019 | Partager
    Déjà une hausse de plus de 10% du prix du baril
    Malgré les apaisements saou­dien et américain, les incerti­tudes persistent
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    Premier exportateur de l’or noir, l’Arabie Saoudite détient les deuxièmes plus importantes réserves de brut juste derrière le Venezuela

    Forte perturbation du marché mondial du pétrole. Hier lundi 16 sep­tembre le cours du Brent ou brut de la mer du nord, une variation du pétrole fai­sant office de référence en Europe, avait brièvement gagné jusqu’à 20% alors que le WTI (West Texas light Sweet) s’est renchéri de 15%.

    En moyenne la hausse s’est établie à plus de 10%, toutes origines confondues. Et les incertitudes persistent dans un contexte de tension forte entre l’Iran et les Etats-Unis. Mal­gré la décision de Washington de «puiser dans ses réserves stratégiques pour assu­rer l’approvisionnement du marché».

    Le président américain Donald Trump avait annoncé dimanche soir «avoir autorisé l’utilisation de réserves stratégiques américaines de pétrole si besoin, pour compenser la baisse de production de l’Arabie Saoudite.

    Poids lourd de l’OPEP

    De son côté, le ministre saoudien de l’Energie, le prince Abdel Aziz ben Sal­mane, a déclaré le même jour que Riyad utilisera ses vastes stocks pour compen­ser en partie la perte de production. Les prix du pétrole ont quand même bondi lundi de plus de 10%, les accusations contre l’Iran alimentant de nouvelles craintes géopolitiques.

    Pour rappel, les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l’Iran et qui font face depuis cinq ans à une coalition mili­taire menée par Riyad, ont revendiqué les attaques contre les installations de la compagnie pétrolière saoudienne. Elles ont provoqué une réduction brutale de production de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l’approvision­nement mondial.

    L’Arabie saoudite, premier exporta­teur mondial de brut, devait rétablir hier lundi au moins un tiers de la production perdue. Le bulletin spécialisé Energy Intelli­gence a indiqué, en citant des sources in­dustrielles, que le major pétrolier saou­dien était «sur le point de rétablir jusqu’à 40 %» de la production perdue, soit environ 2,3 millions de barils par jour. Citant des sources proches du dossier, le Wall Street Journal écrit qu’il faudrait des semaines pour rétablir la pleine capa­cité de production. La firme de consul­tants Energy Aspects a également estimé que le pays serait en mesure de restaurer près de la moitié de la production perdue dès le début de cette semaine.

    L’Arabie saoudite, poids lourd de l’OPEP, pompe 9,9 millions de barils par jour, soit près de 10 % de la demande mondiale, dont 7 millions de barils par jour sont destinés à l’exportation. (Voir infographie ci-contre).

    Le royaume dispose également d’une capacité inutilisée d’environ deux mil­lions de barils par jour qu’il peut mettre sur le marché en période de crise. Sauf, que les autorités saoudiennes «veulent d’abord favoriser leur clientèle habi­tuelle».

    Dans un communiqué relayé par l’agence officielle SPA il a été indiqué «qu’une partie du manque (de la pro­duction de pétrole) sera compensée pour les clients grâce aux stocks» de l’Arabie saoudite. Pour faire face à des cas d’ur­gence, cinq sites de stockage souterrains, pouvant contenir des dizaines de millions de barils de différents produits pétroliers raffinés, ont été construits dans plusieurs endroits du royaume.

    Les conséquences redoutées sur le marché mondial, en premier lieu une augmentation du prix du baril de pétrole, ne devraient donc pas être ressenties à court terme. La grande inconnue tient à l’ampleur des dégâts causés, relèvent des spécialistes des questions pétrolières. L’incertitude plane également sur les dé­lais nécessaires pour que «le royaume revienne à pleine capacité».

    Ce qui est sûr pour le moment, c’est la crainte que les dernières attaques contre des installations pétrolières en Arabie saoudite soient suivies d’une es­calade des tensions régionales entre les différents protagonistes engagés dans la guerre au Yémen. Washington n’a d’ail­leurs pas tardé d’accuser Téhéran d’être le principal instigateur des attaques des sites pétroliers saoudiens. Une accusa­tion que l’Iran rejette de manière énergique.

    Les Houthis, en ciblant des installations pétrolières, mènent «une stratégie de déstabilisation» du royaume saoudien, analysent certains politologues. A leurs yeux, «ils ont frappé là où ça fait mal, le pétrole et les infrastruc­tures critiques qui constituent le talon d’Achille de l’Arabie saoudite».

    Ces attaques se sont aussi produites à un moment où la compagnie pétrolière prépa­rait son introduction prochaine en Bourse. C’est donc aussi une manière d’hypothéquer la réussite de cette opération censée rappor­ter quelque 100 milliards de dol­lars en mettant sur le marché 5 % du capital de l’Aramco. L’objectif est de financer la transition énergétique du royaume prônée par le plan Vision 2030.

    A.G.

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