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    Economie

    Rapport de la Cour des comptes/Soread-2M: Pléthore de contrats de gré à gré

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5592 Le 13/09/2019 | Partager
    Des marchés de l’ordre de 275 millions de DH
    C’est l’équivalent de 74% du budget dépensé par voie d’appel d’offres
    Chute libre du chiffre d’affaires

    «Le modèle économique de la Soread-2M est non-adéquat», déduit la Cour des comptes. Depuis 2008, la chaîne d’Aïn Sebaa ne réalise que des résultats déficitaires. 2M a subi une perte moyenne annuelle de 98,4 millions de DH entre 2008 et 2017.

    Des pertes sèches qui sont la conséquence directe de l’importance des charges par rapport aux produits. Selon les magistrats de la Cour des comptes, «l’ensemble des agrégats comptables et financiers de la Soread sont alarmants». La valeur ajoutée représente moins de 50% des charges d’exploitation. Parfois, la valeur ajoutée n’arrive même pas à absorber les charges du personnel. Du coup, le chiffre d’affaires est totalement asphyxié par les charges.

    Compte tenu de la situation inquiétante de sa trésorerie, la chaîne procède à l’escompte de son chiffre d’affaires, sous forme d’effets, par avance de 2 mois et demi. Ce qui aggrave considérablement, d’année en année, la situation financière de l’entreprise compte tenu des frais induits.

    Indicateurs à l’appui, le chiffre d’affaires de 2M a chuté de 62% entre 2008 et 2017. Sur la même période, le CA est passé de 22 à 8,4 millions de DH. Outre la masse salariale et les charges de fonctionnement, les coûts de production... l’entreprise supporte des charges importantes liées à sa station radiophonique (Radio 2M) en plus de dépenses relatives aux campagnes marketing confiées à une agence privée. Plus encore, le digital est non seulement déficitaire, mais il ne couvre même pas ses charges directes. En 2017, le résultat analytique de cette activité a présenté un déficit de l’ordre de 9,2 millions de DH.

    En principe, précisent les magistrats de la Cour des comptes, «une restructuration des capitaux propres de la Soread-2M devait être faite avant fin 2016 pour se conformer à la loi». D’autant plus que la situation nette de l’entreprise est toujours inférieure au quart du capital social. L’Etat, qui n’a pas souscrit sa part de l’augmentation du capital, a demandé le report de la date de souscription.

    Sur la composante de la gouvernance, le pôle audiovisuel public tel que préconisé par la HACA n’a pas été mis en place Et ce, malgré le fait que les deux sociétés audiovisuelles publiques disposent d’un même PDG, sans pour autant constituer un groupe. Du coup, les deux entreprises sont parfois contraintes de mener des actions complémentaires sans coordination ni économies d’échelle induites par la mutualisation des actions.

    La Cour des comptes relève aussi que l’acquisition des programmes de 2M ne passe pas forcément par le recours à la concurrence, à travers des appels d’offres. D’ailleurs Soread 2M a procédé à la conclusion de plusieurs contrats de gré à gré pour l’acquisition de programmes prêts à diffuser (PAD). Des marchés dont la valeur globale dépasse 275 millions de DH!

    Soit l’équivalent de 74% du budget dépensé pour l’acquisition de programmes, par voie d’appel d’offres, durant la période 2013-2017, qui est de 368 millions de DH. Il s’agit là de contrats tripartites dits de sponsoring répartis entre Soread, Régie 3 et la société de production. Les magistrats pointent également du doigt l’absence de procédures formalisées pour l’acquisition des droits de diffusion. Sur ce point précis, le prix reste la seule référence.

    Régie publicitaire...

    Autre aberration, l’attribution des opérations de publicité à la même régie que d’autres médias. En effet, le régisseur exclusif (Régie 3) de la Soread, dont la part du chiffre d’affaires représente près de 95% des ventes globales de 2M, est en même temps le régisseur exclusif d’autres médias concurrents, notamment Médi1 TV et Radio Médi1. «Cette situation présente de gros risques pour la Soread». Ceci étant, l’analyse des contrats d’engagement afférents à 2M a montré que Régie 3 impose aux annonceurs l’acquisition d’une part de l’espace publicitaire de médias concurrents à Soread (Médi1 TV en l’occurrence).

    A.R.

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