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    Economie

    Facultés de médecine: Etranges concessions aux grévistes

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5590 Le 11/09/2019 | Partager
    Concours d’internat et stages dans les CHU fermés aux facs privées
    La réforme du doctorat renvoyée à 2023-2024
    La 6e année de médecine dentaire suspendue!
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    Une avalanche de signatures sur la dizaine de pages du PV de l’accord du 28 août 2019, paraphé par les doyens des facultés de médecine, les directeurs des CHU et représentants des étudiants. Les examens de rattrapage auront lieu du 20 septembre au 19 octobre. Sans accord, l’année universitaire 2018-2019 aurait été perdue

    Ils ont tenu tête à leurs ministères de tutelle (Education nationale et Santé) jusqu’au bout et ont fini par imposer leurs exigences. Les concessions aux grévistes consignées dans l’accord signé le 28 août, entre les représentants des étudiants et l’ensemble des doyens des facultés publiques et directeurs des CHU sont pour le moins étonnantes, voire étranges. Certains doyens l’ont signé à contrecœur "car ils y étaient contraints par le ministre".

    Toutes les restrictions envers les étudiants des facultés de médecine privée sont passées comme une lettre à la poste. Pourtant, quelques semaines auparavant, les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé juraient qu’ils ne cèderaient sur aucune des mesures discriminatoires. Le PV de l’accord dont L’Economiste détient copie, montre le contraire.

    Les deux plus surprenants points de cet accord concernent l’exclusion des étudiants du privé et privé à but non lucratif des concours d’internat (préparant à une carrière universitaire) et des terrains de stage publics.  Le gouvernement s’engage à modifier la législation (décret 2.91.527), dans un délai d’un an, afin de réserver l’accès aux concours d’internat publics aux seuls étudiants du public. Il consent, également à une augmentation des postes à pourvoir.

    Une mesure inconstitutionnelle

    Pourquoi exclure des étudiants d’établissements reconnus par l’Etat, délivrant des diplômes équivalents, de concours publics où seul le mérite devrait primer? «Le privé n’est que le prolongement du public. Et du moment que nous instaurons un examen national pour tous, c’est la méritocratie qui prime», avait déclaré le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, à L’Economiste, s’exprimant à propos du concours de résidanat, que les étudiants grévistes souhaitaient aussi interdire à leurs camarades du privé.

    Le même raisonnement ne devrait-il pas être valable pour les deux concours? Pour sa part, le ministre de la Santé, Anas Doukkali, avait qualifié une éventuelle interdiction «d’inconstitutionnelle»… Les deux ministres ont tout oublié manifestement de leurs engagements.

    Le Maroc compte 8 facultés de médecine à scolarité payante dont 7 à but non lucratif. Une seule est privée, celle de l’Université privée de Marrakech, ouverte il y a un an. Le réseau public comprend 7 facultés de médecine, et une 8e est prévue à Laâyoune.  

    Concernant les stages, il est clairement précisé dans l’accord que les CHU resteront réservés aux étudiants des facultés publiques de médecine & pharmacie et de médecine dentaire. Etonnant.

    Les deux dispositions consacrent le cloisonnement entre les deux composantes, publique et privée, du système de formation. Pourtant, l’Etat a besoin de tous les efforts mobilisables pour former des médecins, sachant que le Maroc traîne un gros déficit en la matière. Le pays compte à peine quelque 7 médecins pour 10.000 habitants, alors qu’il en faudrait près de 10 fois plus, selon les standards internationaux. Pour avancer, le Maroc doit au moins tripler le nombre de lauréats en médecine. Un effort considérable, puisque chaque diplômé coûte à l’Etat entre 120.000 et 130.000 DH par an.   

    Entre autres concessions de taille, la suspension de 6e année d’études en médecine dentaire, instituée par le cahier de normes pédagogiques (validé par les conseils d’université qui comptent aussi des représentants des étudiants). Elle sera gelée en attendant de «préparer des conditions convenables» pour les stages prévus. Enfin, la réforme du troisième cycle a été, curieusement, reportée à 2023-2024.

    Le seul point sur lequel le gouvernement n’a pas cédé est celui du concours de résidanat, qui restera ouvert à tous. L’engagement a, cependant, été pris pour en augmenter les places offertes sur les cinq prochaines années, à partir de 2020 (100 places par an pour le résidanat contractuel, et 50 pour les postes non contractuels).

    Ahlam NAZIH           

     

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