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    Régions

    Les chants féminins de Taroudant enfin répertoriés

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5588 Le 09/09/2019 | Partager
    Un riche patrimoine culturel en déperdition, sauvé par une ONG appuyée par l’Unesco
    Un outil de transmission sociale et de cohésion communautaire aussi
    Un recueil de poèmes, un livre, un documentaire et bientôt un festival
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    Le livre «Roh Abraz, trésor de l’histoire de Roudana» retrace le travail de documentation et de recherche effectué dans le cadre du projet de revitalisation des chants féminins de Taroudant. Des supports de vulgarisation et de formation ont également été réalisés: un film documentaire, un manuel illustré des chants ainsi que des brochures et dépliants explicatifs (Ph. Hassan Ennassiri)

    Griha, Ahidous, Shed Lmyzane, Hourrane et Hadra pour ne citer que ceux-là, les variantes des chants féminins de la ville de Taroudant et de sa région recèlent un riche patrimoine artistique. Au delà de son aspect musical et folklorique, cet art remplit une fonction sociale. Il joue, en effet, un rôle important dans la transmission des valeurs et dans la cohésion communautaire de la région, caractérisée par une grande diversité ethnique.

    Ce patrimoine culturel et social est, toutefois, en déperdition depuis plusieurs années. Ces chants féminins se font de plus en plus rares dans les occasions festives familiales et communautaires. Avec l'introduction de formes musicales modernes et l’interruption des voies classiques de transmission aux jeunes filles, qui n’accordent plus la même importance à la dimension culturelle, identitaire et sociale des chants patrimoniaux, la disparition de cet art est devenue imminente.

    C’est dans ce contexte que l’association Bhayer Dalya, née en 2013, entreprend de faire sortir de l’oubli ce patrimoine immatériel précieux, en lui redonnant ses lettres de noblesse. Le projet ambitionne de recréer ces chants, en les remettant au goût du jour, pour qu’ils puissent continuer à remplir leur rôle d’antan.

    L’initiative, qui a démarré en décembre 2017 et s’étale sur 24 mois, est soutenue financièrement dans le cadre de l’assistance internationale du Fonds du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. L’association Bhayer Dalia a aussi comme partenaires le ministère de la Culture et de la Communication, les autorités locales de Taroudant, l’Université Ibn Zohr ainsi que la société civile issue de la région de Taroudant.

    Pour la réalisation de ce projet, une approche scientifique a été adoptée dès le départ. «Un travail de recherche académique en profondeur a été entrepris depuis la création de l’association pour faire un inventaire de tous les aspects liés à ces chants. Le travail, quasiment terminé, a abouti à un recueil écrit de poèmes, un inventaire, le livre Roh Abraz, trésor de l’histoire de Roudana, et un documentaire de 13 minutes qui relate l’ensemble du parcours de ce projet», note Hassan Ennassiri, enseignant chercheur à l’université Ibn Zohr d’Agadir, et superviseur des recherches dans le cadre du projet de revitalisation des chants féminins de Taroudant.

    Un atelier de formation a été organisé au profit d'un groupe de jeunes femmes ayant un niveau d’instruction universitaire, avec comme objectif d’apprendre les différentes techniques. Ceci a permis de réaliser un inventaire des anciens chants féminins dans toute la région de Taroudant.

    Ces chants sont caractérisés par une grande diversité linguistique (Darija, tachelhit et hassani), mais aussi dans l’utilisation des accessoires, des ornements et des instruments de musique. L’inventaire s’est basé essentiellement sur la restitution des paroles en utilisant les enregistreurs audio, sur l’élaboration des fiches d’inventaire ainsi que la description des anciens costumes et des instruments de musique utilisés. Ces données ont été transcrites afin d’éditer un recueil. Celui-ci permettra d’assurer la sauvegarde des paroles et sera une référence pour toute personne manifestant un intérêt pour le sujet.

    Formation de six troupes de jeunes chanteuses

    Le projet porté par l’association Bhayer Dalya a abouti à la création de six troupes féminines qui ont été préparées pour entonner les anciens chants de Taroudant au cours des diverses occasions privées et publiques, et pour assurer leur transmission.
    «Il serait opportun d’accompagner les troupes constituées afin que chacune forme une association pour, in fine, se regrouper au sein d’une fédération. Le projet sera clôturé par une journée de restitution des actions réalisées, et un mini festival dédié», conclut Hassan Ennassiri.
    Les associations de la région pourraient tirer des leçons de ce programme, qui leur permettront à l’avenir de concevoir des projets pour d’autres éléments du patrimoine immatériel de la région du Haut-Atlas occidental.

    De notre correspondante permanente, Sabrina Belhouari

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