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    «Columbo», l’histoire du commissaire romancier

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5585 Le 04/09/2019 | Partager
    Un talent hors pair pour démêler les affaires criminelles
    Refusant d’enfreindre la loi, il se retire et recommence sa vie à zéro
    Il laisse une riche collection de polars et d’ouvrages juridiques
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    A l’issue de la soutenance de son premier doctorat en droit à l’université Hassan II, entouré de certains de ses proches amis, vers la fin des années 90. Il enchaînera avec un deuxième de l’université de Perpignan (Ph. ANa)

    Dans les rangs de la police, son nom est célèbre. Si vous leur demandez après Miloudi Hamdouchi, ils vous répondent: «Columbo?». C’est ainsi qu’il était connu. Miloudi Hamdouchi, c’est l’histoire d’un brillant commissaire, doté d’un talent hors pair pour démêler les affaires criminelles.

    Un homme juste et éclairé, qui s’est construit une réputation à toute épreuve. Il a été en service dans plusieurs villes, dont Casablanca, Fès et Tanger. Il était loin d’imaginer qu’un jour il sera contraint de se retirer, au sommet de sa gloire, abandonnant une carrière qu’il avait passé des années à bâtir.

    C’est dans la ville du détroit qu’il s’est fait le plus remarquer, vers le début des années 90, en s’attaquant aux réseaux de trafic de drogue. Ses exploits faisaient le tour du Maroc. Un jour, l’un de ses coups de filet pêche un gros trafiquant, en flagrant délit. Il ne tarde pas à recevoir, selon ses confidences, un coup de fil d’un haut dignitaire de l’Etat, lui ordonnant de le relâcher.

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    Une partie de sa bibliothèque personnelle sera léguée à la faculté de droit de Casablanca-Aïn Chock, dans laquelle il a enseigné pendant près de 25  ans (Ph. ANa)

    Hamdouchi aurait refusé, répondant que «nul n’est au-dessus de la loi». Il savait qu’il s’était créé un ennemi, mais il avait la conscience tranquille. Peu de temps après, le haut dignitaire est nommé saint patron de la DGSN (Direction générale de la sûreté nationale). Columbo comprend très vite qu’il n’a plus sa place dans le corps de police, et démissionne, la mort dans l’âme.

    Miloudi Hamdouchi se retire ainsi dans sa maison de Dar Bouazza, à une quinzaine de kilomètres au sud de Casablanca. Sans travail, sans ressources et sans soutien. Hormis quelques rares fidèles, ses amis gradés l’abandonnent. Sa traversée du désert sera néanmoins de courte durée.

    Titulaire d’une licence ès littérature française, et d’une deuxième en droit, suivie d’un DES (diplôme d’études supérieures), très vite il se voit proposer un poste d’enseignant à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Casablanca. Un nouveau chapitre s’ouvre dans sa vie. Hamdouchi s’entoure d’une nouvelle catégorie de compagnons de route, des professeurs universitaires et intellectuels.

    Yasmina Khadra, Tahar Benjelloun, Mohamed Zefzaf, Mohamed Choukri, Taïeb Seddiki… et bien d’autres faisaient partie de son proche cercle d’amis. L’ex-Columbo s’adonne en parallèle à la recherche universitaire, mais aussi à l’écriture, un loisir qu’il avait commencé plus tôt, avec un recueil de nouvelles en arabe «Société du hasard».

    Comme la roue de la vie tourne, l’ancien haut dignitaire est remplacé à la tête de la DGSN après quelques années. Miloudi Hamdouchi est aussitôt appelé pour diriger l’Institut royal de police de Kénitra. Une consécration inattendue. Il y passera trois années, durant lesquelles il transformera l’établissement.

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    Inspiré par son expérience en tant que commissaire de police, et aussi d’avocat, l’ex-Columbo a excellé en matière de polars. Il a même été conseiller technique pour d’autres romanciers, notamment Abdelilah El Hamdouchi (simple ressemblance de nom), avec lequel il a coécrit deux romans policiers, adaptés à la télévision (Ph. ANa)

    Réhabilitation des bâtiments, aménagement d’espaces verts, révision des menus, ouverture des programmes sur la culture des droits de l’Homme et du service aux citoyens, rapprochement avec le monde universitaire en intégrant des intervenants marocains et étrangers…

    Hamdouchi obtient ensuite un premier doctorat de l’université Hassan II vers la fin des années 90, puis un deuxième en 2001 de l’université de Perpignan. L’enseignant universitaire devient, en outre, avocat aux barreaux de Casablanca et de Paris. Une belle revanche pour ce natif de Safi (23 juillet 1947), issu d’une famille modeste. Il sera ensuite accueilli à la DGSN avec les honneurs qui lui sont dus, et se verra attribuer un poste de conseiller. 

    Bon vivant, amateur des marches matinales en bord de mer, «loualid», «le père», comme l’appelaient ses amis les plus proches, ne semblait souffrir d’aucun souci de santé. Son décès, vendredi dernier à l’âge de 72 ans, a pris de court son entourage et sa famille. 

    En tant qu’écrivain, il laisse derrière lui plus d’une quinzaine de polars, rédigés en arabe et en français, dont certains ont été adaptés à la télévision. Parmi eux, «Le poisson aveugle», «La sainte Janjah», «Les griffes de la mort», «Nice dream», «Un nourrisson à vendre», «Le saint et le symbole», «La maison du djin»… Il a également enrichi la bibliothèque juridique d’une dizaine d’ouvrages, parus aux éditions Remald et Okad. Adieu «loualid».

    Ahlam NAZIH

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