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    Economie

    Fonction publique: Stopper la politisation

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5585 Le 04/09/2019 | Partager
    Une agence ad hoc contre le noyautage
    La résistance a déjà commencé
    Benabdelkader présente sa réforme demain au conseil de gouvernement
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    Benabdelkader va-t-il y arriver, alors que tout le monde a échoué sur la réforme de la fonction publique? Cinq mois après son exposé devant le conseil de gouvernement sur sa vision stratégique du nouveau modèle de l’administration, Mohamed Benabdelkader, le ministre en charge, revient devant ses pairs demain jeudi.

    Cette fois-ci pour présenter son «plan d’action pour la mise en œuvre de la refonte des statuts de la fonction publique». Si cette réforme aboutit, il aura été le premier à le faire. Car, la réforme de ce système a été reportée par plusieurs gouvernements. Seuls ont réussi les réformes de certains ministères, individuellement et sans toucher aux statuts, promulgués en 1958: ils n’ont jamais été révisés. On s’est contenté d’introduire des modifications techniques d’application.

    Ce chantier est tellement lourd et complexe que les délais de fin de mandat, en 2021, ne suffisent pas. D’autres actions viendront par la suite. En fait, ce «plan exécutif» que va dévoiler le ministre devant ses collègues demain prévoit des mesures, des décrets et des modifications de sorte que la «culture des compétences» puisse primer dans toutes les étapes de la carrière des fonctionnaires, du recrutement, à la promotion en passant par l’évaluation.

    Aujourd’hui, il y a une prise de conscience, de plus en plus partagée, que la politisation de l’administration à outrance, initiée ces dernières années, est néfaste.

    «Emplois supérieurs», recrutements aléatoires

    La loi sur les nominations dans les emplois supérieurs, entrée en vigueur en juillet 2012, a affaibli la fonction publique. La plupart des ministres choisissent leurs collaborateurs par filiation politique, clientélisme et népotisme. C’est ce que dictent les règles de recrutement dans la haute fonction publique. Mais pour respecter les formes, ils désignent une commission avec un président qu’ils auront choisi.

    C’est de notoriété publique, certains d’entre eux mettent en place des critères sur mesure pour tel candidat. Cette pratique s’est généralisée au cours de ces dernières années au point que des partis de la majorité avaient commencé à s’échanger les postes de responsabilité pour brouiller les pistes.

    Evidemment, avec de telles pratiques, ce ne sont pas les compétences qui sont recherchées pour l’administration, la loyauté y est préférée. Le projet n’est pas très populaire auprès des ministres qui vont faire de la résistance. Déjà, ils s’opposent à l’idée d’organiser un concours unifié entre plusieurs ministères pour les recrutements dans la fonction publique.

    Faut-il continuer dans la même voie pour que chaque département organise son concours, quitte à recruter deux postes budgétaires? Sachant que pour ces deux postes, des milliers de candidats vont se présenter, avec toute la logistique que l’administration mettra en place pour organiser chaque concours.

    L’autre disposition consiste à créer le poste de directeur régional, actuellement assimilé à un chef de division. Cela s’inscrit dans le cadre de la politique de déconcentration lancée par le gouvernement, selon les orientations tracées par le Roi.  D’ailleurs, les schémas directeurs de trois ministères (Intérieur, Finances et Equipement) sont bouclés. Les autres vont suivre.

    Organigramme des ministères

    Chaque ministère devra se doter d’un référentiel des emplois et des compétences (REC). Le but est de «professionnaliser la fonction publique». Pour cela, il faudra d’abord procéder à la réforme en profondeur des organigrammes des ministères, sur la base de la nouvelle politique de déconcentration.
    L’idée qui prévaut également est de réorganiser les services extérieurs pour qu’on puisse parler demain d’une fonction publique régionale qui peut recruter sans demander l’aval de l’administration centrale.
    D’ailleurs, la réflexion en cours sur le nouveau modèle de développement ne doit pas marginaliser la réforme de l’administration pour répondre aux attentes. La Commission qui sera mise en place devra repenser le système administratif et proposer une nouvelle vision de la fonction publique. 

                                                                                  

    Les hauts fonctionnaires, la patate chaude

    L’un des domaines qui ne manquera pas de susciter le débat concerne la restructuration de la haute fonction publique. Le but est de renforcer le rôle de leadership pour entretenir le sentiment d’appartenance à l’administration.

    En effet, «le secrétaire général d’un ministère est un top-manager qui devra animer et inspirer les fonctionnaires de son département», note un responsable. Selon lui, cette qualité de leadership manque au Maroc. Il s’agit d’introduire la culture de la contractualisation avec le secrétaire général, sur la base d’un contrat programme par objectifs et sur lequel il sera évalué et jugé.

    Dans la haute fonction publique, le ministre compte intervenir sur trois dispositions. La plus importante concerne la création d’une instance indépendante, chargée du recrutement dans les emplois supérieurs, à l’instar du Selor en Belgique ou le SPS (Secrétariat des postes supérieurs) du Québec. Cette idée fait son chemin. Elle pourrait prendre la forme d’une agence, chapeautée par un président autonome, de préférence nommé par le Roi.

    Ainsi, le ministre qui veut changer un directeur ou un secrétaire général devra passer par cette instance qui prendra en charge l’ouverture des postes, l’appel à candidature et la proposition de trois candidats pour la nomination au sein du conseil de gouvernement, conformément à la Constitution.

    M.C.

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