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    Régions

    Un plan de sauvetage pour l’Oukaimeden

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5575 Le 16/08/2019 | Partager
    Il sera mené par la région et la Smit
    204 millions de DH d’investissement pour réhabiliter et transformer le site
    500.000 visiteurs attendus à l’horizon 2030
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    La station de l’Oukaimeden pourrait générer à l’horizon 2030 près de 987 millions de DH si le plan de développement touristique se réalise (Ph. L’Economiste)

    C’est tout un plan de sauvetage que le Conseil de la région a imaginé pour l’Oukaimeden afin d’en faire une véritable station qui attirera 500.000 visiteurs une fois le plan de réhabilitation et de sauvetage achevé. C’est ce qu’indique une étude commanditée par la Smit et le Conseil régional et réalisée par le cabinet Neugest 1957. Ce dernier a proposé un plan de développement, un calendrier pour le réaliser après avoir tiré le diagnostic. Celui-ci était déjà connu.

    En effet, plusieurs appels lancés par les habitués de la station (skieurs, professionnels et occasionnels, et familles) aux autorités nationales, régionales et locales, avaient pointé du doigt la situation déplorable du site tant pour l’accès qui reste souvent impraticable, notamment en périodes de neige, que pour la gestion du site. «Il n’est pas normal de vivre une situation aussi catastrophique», déplore Dr Aziz Cherkaoui, initiateur de ce mouvement.

    La station de l’Oukaimeden -«Louka», comme on l’appelle plus familièrement- est un site unique en Afrique. Elle est sise à 70 kilomètres de Marrakech, mais pour y accéder, il faut 2 heures de route sinueuse et, durant les courtes périodes d’enneigement, il faut y ajouter des heures d’embouteillage.

    L’appel a été bien entendu et les solutions sont en train d’être identifiées et leur mise en œuvre ne saura tarder, informe Ahmed Akhchichine, président de la région. Pour cette station, il fallait revoir et redimensionner l’ensemble des projets, imaginés depuis 10 ans pour la station et jamais réalisés, en l’absence de vraie vision réaliste.

    Aujourd’hui, trois administrations, qui n’ont rien à voir avec le tourisme, gèrent cette station. Il s’agit de l’ONEP, propriétaire du télésiège et responsable des remontées mécaniques,  le ministère de la Jeunesse et des Sports et les Eaux et Forêts. Les trois départements ont des moyens très limités et ne peuvent régler le problème de cette station, notamment ceux de l’accès, la sécurité, l’infrastructure ou encore la saisonnalité.

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    Pour réaliser cette nouvelle vision, il faudra d’abord intervenir au niveau de la gouvernance, indique Akhchichine. L’étude de réhabilitation de l’Oukaimeden suggère deux modèles de gestion: la création d’une SDR pour une gestion mixte ou la concession à un opérateur privé.

    Mise à niveau sécuritaire et réorganisation urbanistique, professionnalisation des services, création d’activités tout au long de l’année avec aménagement du lac seront donc les principaux axes de travail pour l’Oukaimeden. L’objectif est de créer des activités d’hiver et d’été (randonnées, escalades, VTT, kayak au lac…).

    Il est prévu ainsi de créer des tyroliennes, un parc d’aventures, des karts… et, pour attirer davantage de touristes, il va falloir capitaliser et mettre en avant le parc national du Toubkal et l’observatoire astronomique. Pour régler définitivement le problème de transport et réduire le temps d’accès à la station, la solution identifiée est la télécabine à l’instar de ce qui se fait ailleurs. Elle permettra d’effectuer un parcours aérien de l’Ourika jusqu’à l’Oukaimeden.

    Ceux qui préfèrent s’y rendre en voiture pourraient toujours le faire. Le projet sera réalisé en 4 phases pour un investissement total de 204 millions de DH dont le tiers sera apporté par le privé pour les auberges, les hôtels, les restaurants d’altitude… la première phase de 12 millions de DH sera prise en charge par la Smit et la région pour l’urbanisme, la construction et la requalification des infrastructures existantes.

    31 millions de DH seront consacrés par le public en 2e phase pour la création des activités et autant en phase 3. Si le projet se concrétise en totalité, l’impact économique sur la région à l’horizon 2030 sera important et estimé à 987 millions de DH avec la création de 600 emplois dont près de la moitié dès 2021.

    Une malédiction

    C’est le énième projet de développement de la station de l’Oukaimeden. Espérons que cette fois-ci sera la bonne. Dans les années 1990, un programme de revalorisation du site devait être mis en place, financé conjointement par les gouvernements marocain et canadien. Ce programme n’a jamais vu le jour: la partie marocaine n’a pas pu honorer ses engagements sur le financement du projet. Et les Canadiens avaient fini par plier bagage. En 2004, Atlas Engineering, porté par un voyagiste marrakchi spécialisé dans le tourisme de montagne et d’autres associés, avait imaginé un schéma qui comprenait un 18 trous, un enneigement artificiel et des résidences sur 70 hectares ainsi qu’un écomusée de la transhumance. Il ne verra jamais le jour. En 2006, le groupe Emaar devait construire un projet colossal sur le site et mettre à niveau la station pour répondre aux standards internationaux des activités de sports d’hiver avec des hôtels, des résidences… Il est passé à la trappe 3 ans plus tard.

    De notre correspondant permanent, Badra BERRISSOULE

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