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    Politique

    Le RNI célèbre les 20 ans de règne

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5560 Le 19/07/2019 | Partager
    Le parti s’ouvre sur les compétences externes, le temps d’un débat
    Aujjar fait le bilan en matière des droits de l’homme
    Constitution, coordination gouvernementale, disparités sociales...

    Le RNI veut innover. Près d’une dizaine de jours avant la fête du Trône, le parti de la Colombe a organisé mercredi une rencontre consacrée à la célébration des 20 ans de règne. L’innovation a résidé dans la formule choisie. En effet, le parti a invité des intervenants d’horizons divers, en dehors de leur formation.

    C’est le cas de Nadia Bernoussi, Mbarek Bouderka, l’auteur des mémoires de Abderrahman Youssoufi, ou encore Ali Bouabid. Cette recherche d’un ancrage historique et national dénote de l’image d’un RNI comme un parti de l’administration. Il s’agit d’un plus qui a accroché l’assistance, en présence du président Aziz Akhannouch, qui n’a pas pris la parole.

    L’intervention de Ali Bouabid a été fortement applaudie, particulièrement quand il a abordé la question de la faiblesse de la coordination au niveau de l’exécutif. Le gouvernement ne doit pas être une juxtaposition de partis mais d’un travail collectif dont ses points faibles demeurent la coordination.

    Pour convaincre, il a donné l’exemple des deux exécutifs que sont «le palais royal et le gouvernement. Ainsi, pour le conseil des ministres, il n’y a pas de travail collectif de préparation entre les conseillers royaux et le gouvernement. Donc, la coordination n’existe pas».

    Un pareil discours a séduit l’assistance, composée en majorité de jeunes, qui n’a pas l’habitude d’aborder ce type de questions, considérées comme taboues. Pour Mohamed Aujjar, ministre de la Justice, le chef du gouvernement doit avoir une forte personnalité pour assurer une meilleure coordination.

    La constitutionnaliste Nadia Bernoussi était également de la partie. Elle a reconnu que la Constitution a été élaborée dans l’urgence et la précipitation, en 3 mois et demi en tout. Les pouvoirs publics doivent faire preuve de diligence pour l’adoption des textes. Nadia Bernoussi a donné l’exemple du couac du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement resté bloqué plusieurs mois dans une commission.

    En abordant la révision de la Constitution, elle rappelle que l’article 47 n’est pas la seule disposition à traiter comme l’a précisé le Pr Mohamed Hanine, ancien parlementaire du RNI. «Cette révision ne doit pas être partielle. Si elle intervient avant les élections, cela donnera l’impression de prêt-à-porter qui risque de produire des résultats contreproductifs».

    A noter que Nadia Bernoussi a été membre de la Commission de la révision de la Constitution de 2011. Pour sa part, Mohamed Aujjar considère que la révision constitutionnelle non politique n’est pas un défaut. D’autant qu’il faut reconnaître qu’elle a «prévu une inflation d’institutions». De  plus, le gouvernement précédent n’a pas adopté les lois organiques qui devaient être approuvées dans un délai de 5 ans, ajoute-t-il.

    Ali Bouabid a aussi surfé sur cette question en affirmant que la classe politique doit être capable de faire vivre la Constitution comme lors de la révision de 1996, sur le plan des pratiques institutionnelles. Ce n’est pas le problème du texte mais de la manière dont les acteurs politiques se l’approprient, précise-t-il.

    Après 20 ans de règne, les acquis sont incontestables comme les problèmes aussi. S’il faut s’arrêter pour dresser le bilan, il est aussi impératif de se projeter dans l’avenir. Surtout que la cohésion nationale est ébranlée et les disparités sociales se creusent.

    Réponses à des attentes profondes

    Par ailleurs, Mohamed Aujjar s’est attaqué au bilan du règne en matière de droits de l’homme. D’emblée, le Roi avait marqué son territoire par des actes forts, ce qui a forcé l’admiration de tant de pays et observateurs internationaux. Pour lui, qui était aux avant postes en tant que jeune ministre en charge des Droits de l’homme, les actions royales en la matière étaient des réponses à des attentes profondes au sein de la société.

    C’est pour cette raison que cette rencontre, conçue comme une contribution du parti pour fêter l’intronisation du Roi, se devait de mettre en valeur les importantes réalisations dans ce domaine. Déjà, l’empreinte de l’allégeance à l’intérieur du palais, avec la signature des femmes ministres, donnait la couleur.

    Le lancement du processus de réconciliation des marocains en matière des droits et de la commission d’indemnisation en août 1999, un mois après son intronisation, montre la direction de la volonté royale. En septembre de la même année, les marocains ont assisté, ébahis, au retour de Brahim Serfati, marocain exilé en France pour ses idées politiques.

    Ils ont pu constater la mise sur orbite d’anciens détenus politiques comme notamment Driss Benzekri, avec la création de l’Instance Equité et Réconciliation en 2003. Tous ces changements s’inscrivent dans le cadre de la réconciliation des marocains avec leur histoire.

    Moudawana, le grand projet de société

    Sur le plan social, l’une des réformes ayant marqué le Maroc moderne a été relative à la Moudawana. La  société marocaine était divisée sur le plan d’intégration de la femme dans le développement, conçu par le secrétaire d’Etat du PPS Said Saâdi. La confrontation a été si forte qu’une manifestation à Casablanca, convoquée par les islamistes, avait mobilisé un million de personnes.
    Le Roi a pris en main le dossier et nommé Mhamed Boucetta, l’ancien patron de l’Istiqlal et ministre des Affaires étrangères, à la tête d’une Commission chargée de se pencher sur cette question cruciale. Elle a réussi le challenge. Pour Aujjar, le Roi a permis à notre pays de dépasser les circonstances douloureuses pour ouvrir de nouveaux espoirs aux marocaines et leur donner confiance dans le nouveau règne. Le fait de considérer le choix démocratique comme un élément fondamental dans la Constitution est une grande avancée dans l’histoire du pays.

    M.C.

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