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    Economie

    Ecole publique: Sortir de l’idéologie de l’échec

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5559 Le 18/07/2019 | Partager
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    Moulay Ismaïl Alaoui, ancien ministre de l’Education nationale: «Malgré tout le débat que nous avons connu dernièrement, je ne vois pas d’issue dans un temps relativement court, permettant de sauver nos générations futures d’une impasse pouvant être très grave pour l’ensemble de la nation» (Ph. Bziouat)

    Moulay Ismaïl Alaoui a endossé la responsabilité de ministre de l’Education nationale, en charge de l’enseignement primaire et collégial, il y a de cela vingt ans. Il faisait partie du premier gouvernement d’alternance. Avec un mandat d’un peu plus de deux ans (mars 1998-septembre 2000), il n’a pas pu mener à terme ses réformes. Mais il a pu cerner les maux du système. Avec un recul de deux décennies, il nous livre son ressenti par rapport à l’école publique.    

    - L’Economiste: Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’école publique sur les vingt dernières années?
    - Moulay Ismaïl Alaoui:
    Notre école pâtit encore de dysfonctionnements extrêmement graves. Depuis l’indépendance, notre système d’enseignement se complait dans une sorte d’idéologie de l’échec. Cela peut paraître abrupt de présenter les choses ainsi, mais l’on ne peut qu’arriver à la conclusion que notre système d’enseignement n’est pas conforme aux besoins actuels et futurs de notre société. Comment cela se fait-il que nous nous dépêtrions dans les mêmes problèmes, tels que celui du choix de la langue d’enseignement, depuis des décennies? Malheureusement, les choses ne sont pas encore claires chez tous les responsables.

    - Pourtant, depuis 2015, nous disposons d’une feuille de route à l’horizon 2030…
    - En effet. Cependant, le Conseil supérieur de l’éducation, qui a élaboré cette feuille de route, ne dispose pas des moyens nécessaires pour appliquer les résultats de ses réflexions. D’ailleurs, même si la stratégie a été formulée il y a quatre ans, nous n’en voyons pas encore la traduction dans les faits. Cela trouve une explication sur le plan politique.  Mais aussi dans le caractère timoré des responsables du secteur, dans le sens où ils n’ont pas encore pris conscience de l’urgence de sauver le système d’enseignement public. C’est comme si tout était fait pour que des missions étrangères et opérateurs privés remplacent les responsabilités qui doivent incomber à l’Etat. Il existe une exagération dans le choix de ce libéralisme, au sens économique du terme, et non politique.  

    - S’il y avait une clé de réforme à activer, quelle serait-elle?
    - La formation des formateurs. C’est une question fondamentale. Si nous disposons de formateurs de bon niveau, nous obtiendrons un enseignement de haut niveau. Si nous continuons à bricoler, nous irons de catastrophe en catastrophe. La vocation d’enseigner peut être acquise grâce à une bonne formation, y compris continue. Le corps enseignant doit bénéficier d’un accompagnement solide sur le plan pédagogique et moral. Depuis deux décennies, nous constatons malheureusement, un recul du niveau moral de nos enseignants. Cela me fait mal, car moi-même je fais partie de cette famille, j’ai enseigné pendant 40 ans.

    - Ce déficit de formation des enseignants, est-ce la principale cause de la déchéance du système?
    - Il en existe plusieurs, comme cette hésitation en ce qui concerne l’enseignement des langues. Il faut savoir que la langue maternelle est fondamentale pour former la personnalité de l’enfant, et partant, de l’homme et de la femme à venir. Nous continuons à idéologiser un problème qui ne devrait pas l’être. Il faudrait agir comme tous les pays du monde, y compris les plus petits. Ils enseignent d’abord dans leur langue nationale, et cela ne les empêche pas d’être performants dans les langues internationales. Lorsqu’un enfant assimile bien sa langue maternelle, avec une formation de base correcte, il peut apprendre toutes les autres. Je peux parler en connaissance de cause, puisque j’ai moi-même appris l’arabe, le français, l’anglais, le latin, et l’espagnol. Formons des formateurs compétents, et des pédagogues qui sont à même d’inculquer à l’enfant l’amour de ce qu’on lui enseigne.o

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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