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    Les raisons d’une croissance fébrile

    Par L'Economiste | Edition N°:5558 Le 17/07/2019 | Partager
    Guerre commerciale, tensions politiques, risque financier…
    Des défis pour les ministres des Finances du G7
    Impact sur le Maroc

    La cheffe économiste du Fonds monétaire international Gita Gopinath lançait déjà l’alerte le 21 janvier dernier à l’ouverture du Forum économique de Davos: «les prévisions sont revues à la baisse et les politiques doivent agir».

    C’est ce qu’a réaffirmé Euler Hermes dans son scénario macroéconomique international où il est indiqué que la croissance du PIB mondial devrait décélérer et passer de 3,1% en 2018 à 2,7% seulement en 2019-2020. Un sujet qui ne manquera pas d’être évoqué par les ministres des Finances du G7 qui se retrouvent mercredi et jeudi à Chantilly (Oise) au nord de Paris.

    Ceci intervient dans un contexte de tensions politiques qui plongent l’économie dans l’incertitude. Les affrontements commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis «affectant les cycles internationaux d’échanges et d’investissement» sont principalement pointés du doigt. Les pays émergents commencent à souffrir particulièrement de cette situation. En conséquence, les prévisions de croissance du commerce mondial en volume sont revues à la baisse (+2,2% en 2019 et +2,5% en 2020, après +3,8% en 2018).

    La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a franchi un nouveau seuil, avec la mise en place de nouveaux tarifs par l’administration américaine. «Le nouveau régime commercial a déjà eu un impact sur la croissance marocaine. Une croissance des exportations plus faible devrait réduire d’environ 1 point de base la croissance du PIB, par rapport aux prévisions précédentes», comme l’a rapporté Euler Hermes dans ses perspectives du risque à l’export daté du 24 mai 2019.

    Les nombreuses instabilités et incertitudes politiques sont aussi une cause du ralentissement de la croissance mondiale. Sur la liste figurent l’issue du Brexit, les résultats d’élections dans de nombreux pays et les décisions que prendra le nouveau Parlement européen sur les sujets commerciaux.

    Et en plus du risque lié au climat politique qui domine, «l’interventionnisme, les excès de dépenses publiques et la remise en question des politiques économiques traditionnelles continuent de secouer les marchés», selon le spécialiste mondial de l’assurance-crédit.

    Ce dernier avertit quant à un «risque financier qui gagne progressivement du terrain» en raison des décisions récentes entreprises par les banques centrales des grands pays et régions, notamment l’Union européenne  et les Etats-Unis. Ces institutions avaient favorisé des «politiques monétaires accommodantes» afin de  «maintenir à flot leurs économies».

    Cependant, «l’objectif n’a pas été atteint» et la marge de manœuvre est à présent très restreinte en raison de taux d’intérêts très bas. Les économistes concluent qu’il s’agit de politiques qui se sont révélées «contre-productives et qui sont venues nourrir le risque financier à moyen terme, entraînant des excès d’endettement».

    Ainsi, même s’il est annoncé plus court, ce ralentissement appelle à la réactivité des décideurs politiques, et ce dans un contexte de multilatéralisme affaibli.

    La tendance concernant les défaillances d’entreprises est quant à elle à la hausse, et ce mondialement. Près de 70% des pays connaîtront une augmentation en 2019, principalement en Asie (+15%) mais aussi en Europe (+3%), avec un pourcentage global de +7%.

    Quelques indicateurs

    • Aux Etats-Unis, un ralentissement de la croissance est attendu en 2019 (+2,5%) et 2020 (+1,7%). Il est justifié par les incertitudes qui entourent la stabilité de la dette et pèsent sur le cycle d’investissement américain
    • L’économie chinoise devrait aussi décélérer (+6,3% en 2019 et +6,2% en 2020)
    • Mais moins que celle de la zone euro, dont la croissance devrait se limiter à +1,2% en 2019 et 2020 (+1,9% en 2018)

    Ali BENRAMDANE avec F. Z. T.

                                                                                    

    Ce que recommande l’OCDE

    Afin d’accompagner les Etats en ces temps difficiles, l’OCDE a publié une série de propositions de réformes par pays dans son «édition 2019 d’Objectif croissance». Le but est de réaliser une «croissance pus forte, plus durable et plus inclusive».

    Il est préconisé d’améliorer l’égalité des chances entre les travailleurs et les entreprises et de veiller à des conditions meilleures d’embauche et d’insertion des femmes, des immigrés, des minorités et des seniors sur le marché de l’emploi.

    Les domaines de la formation et de l’emploi sont aussi visés. Une réforme du système d’éducation est d’ailleurs ce qui revient le plus souvent. Selon l’OCDE, il faut œuvrer à ce qu’il soit plus adapté au monde du travail actuel et qu’il mène à des emplois de qualité et à des carrières plus productives. Les réformes préconisent aussi de favoriser «un transfert de charge fiscale vers le patrimoine qui permettrait de stimuler la croissance», surtout dans les pays développés.

    En ce qui concerne les économies émergentes, la priorité reste l’amélioration de l’efficience du secteur public, le renforcement de l’état de droit et un accès garanti à des infrastructures satisfaisantes. Prenant en compte les menaces des changements climatiques et la protection de l’environnement, l’Organisation incite enfin à mettre en place une fiscalité environnementale plus ciblée. Il est question de supprimer progressivement les subventions agricoles et les allégements fiscaux préjudiciables à l’environnement et investir davantage dans les transports publics.

     

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