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    Maroc/FMI: Maintenir le cap en période de turbulences-Par Nicolas Blancher

    Par Nicolas Blancher | Edition N°:5557 Le 16/07/2019 | Partager

    Nicolas Blancher est chef de mission pour le Maroc au FMI. Il a rejoint le Fonds en 1996. Depuis, il est passé par plusieurs départements de l’institution internationale, dont celui du développement et de la révision des politiques. Il a également été conseiller au département des marchés monétaires et de capitaux. Blancher a démarré sa carrière en 1992 à la Société générale, en tant que chargé des analyses et du risque pays des marchés émergents (Ph. Bziouat)

    Les tensions régionales et mondiales n’ont pas dissuadé le Maroc de continuer d’opérer des réformes pour atteindre son objectif à long terme d’une croissance plus élevée et plus inclusive, un objectif que le FMI a soutenu ces dernières années.
    Tout au long de la dernière décennie, le Maroc a été confronté à plusieurs défis d’origine extérieure, parmi lesquels la faiblesse de la croissance économique chez ses principaux partenaires commerciaux, les fortes fluctuations des prix internationaux du pétrole et les tensions géopolitiques régionales. En dépit de ces difficultés, le gouvernement a maintenu le cap et a continué à mettre l’accent, non seulement sur la stabilité immédiate, mais aussi sur les besoins à long terme de l’économie.
    Pendant cette période de turbulences, plusieurs priorités ont guidé le pays vers une plus grande résilience économique. Par exemple, les subventions énergétiques, qui représentaient environ 6% du PIB en 2012, constituaient une menace pour les finances publiques. Leur élimination a permis au Maroc de renforcer les programmes sociaux qui ciblent les populations vulnérables. Grâce à l’investissement dans l’éducation, la santé et d’autres services publics, ainsi qu’à l’expansion du système de protection sociale, la part de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté est tombée d’environ 15% en 2000 à moins de 5 % aujourd’hui. En fait, la pauvreté extrême a presque été éradiquée. Par ailleurs, un nouveau cadre juridique a renforcé le contrôle des finances publiques et limité le risque d’endettement public excessif, et un plan prévoyant la mise en place d’une fiscalité plus équitable a été arrêté récemment lors des Assises nationales sur la fiscalité. Le gouvernement a également adopté des réformes importantes au service d’objectifs économiques à plus long terme, tels que l’accélération de la croissance, la diversification de l’économie et son intégration dans l’économie mondiale. Dans le domaine monétaire et financier, la banque centrale a préservé la stabilité financière et favorisé l’expansion des banques marocaines sur le continent africain, où elles sont devenues des acteurs importants. Une nouvelle stratégie d’inclusion financière a été adoptée début 2019 pour faciliter un meilleur accès des particuliers et des entreprises marocains aux services financiers.

    «Des efforts supplémentaires sont nécessaires
     pour réduire les inégalités socioéconomiques et régionales, 
    ainsi que le chômage. Par exemple, près d’un quart des ménages ruraux n’ont aucun accès direct 
    à une route et vivent à plus de 10 kilomètres 
    des services de santé de base»

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    Il est clair qu’il reste encore un long chemin à parcourir avant que le Maroc n’arrive à assurer une croissance plus soutenue et plus inclusive. Néanmoins, des avancées ont été réalisées. Le taux de pauvreté a été sensiblement réduit. Il est passé de 15,3% en 2001 à 4,8% en 2014, selon le HCP

    L’investissement étranger a contribué au développement de nouveaux secteurs, comme l’automobile et les technologies de pointe, qui représentent aujourd’hui l’essentiel des exportations marocaines. En janvier 2018, le gouvernement a commencé à assouplir le régime de change afin de mieux protéger l’économie de l’impact des chocs extérieurs et préserver sa compétitivité.
    Néanmoins, la route menant à une croissance plus élevée et plus inclusive reste longue. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire les inégalités socio-économiques et régionales, ainsi que le chômage. Par exemple, près d’un quart des ménages ruraux n’ont aucun accès direct à une route et vivent à plus de 10 kilomètres des services de santé de base. Les jeunes et la classe moyenne ont besoin d’une éducation et d’emplois de meilleure qualité, et les femmes que l’égalité des chances devienne une réalité. Face à ces enjeux cruciaux, une action d’envergure est nécessaire: il s’agit notamment de promouvoir un secteur public efficient et décentralisé, de fournir des services publics de qualité, ainsi que de favoriser l’entrepreneuriat et le dynamisme des petites et moyennes entreprises qui constitueront le moteur de la création d’emplois à l’avenir.

    Réformes prioritaires

    Heureusement, le Maroc est relativement bien placé pour affronter ces défis en mettant en œuvre une nouvelle génération de réformes. En fait, le débat concernant le modèle de croissance est bien engagé, et les autorités adoptent une approche inclusive en matière de réforme, comme en témoignent les récentes Assises nationales sur la fiscalité. Les grandes priorités sont les suivantes: Améliorer l’éducation, poursuivre la lutte contre la corruption, mettre davantage l’accent sur le développement des nouvelles technologies (notamment pour accroître la transparence du secteur public), réformer la fiscalité, moderniser la fonction publique et le marché du travail, et continuer d’améliorer le climat des affaires. Ces réformes contribueront à renforcer l’économie marocaine et son rôle de partenaire international de premier plan dans la région et sur le continent africain.
    Tout au long de ce processus, le FMI a été un proche partenaire du Maroc, soutenant le gouvernement dans sa volonté de poursuivre une politique économique et des réformes judicieuses, ainsi que dans sa vision à long terme. Les pays se tournent souvent vers le FMI en période de crise, mais dans le cas du Maroc, c’était pour éviter les écueils. Le FMI a été aux côtés des autorités marocaines tandis qu’elles cherchaient à renforcer la résilience de l’économie, à accélérer la croissance et à approfondir l’intégration du pays dans l’économie mondiale. Nous avons aussi mis l’expérience d’autres pays au service du Maroc, en fournissant des conseils sur les réformes des finances publiques, du régime de change et du secteur financier, ainsi qu’une assurance contre les chocs extérieurs pouvant frapper l’économie. Cela dit, la solide prise en charge du programme de réformes par les autorités marocaines a constitué un pilier essentiel de ce partenariat.
    Cette expérience offre des enseignements précieux aux autres pays de la région. Comme pour le Maroc, le FMI est prêt à aider ses pays membres, non seulement en période de crise, mais aussi dans leur engagement à maintenir le cap d’une croissance plus forte et plus inclusive.

     

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