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    Charivari à l’Afem: La version de Laasri Amrani

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5556 Le 15/07/2019 | Partager
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     «Toutes les tentatives de gérer les comptes et les personnes en toute transparence ont été perçues comme une humiliation ou une perte de privilèges au sein de l’association», s’insurge Aicha Laasri Amrani

    Démission des membres, destitution de la présidente, procès en cours..., l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (Afem) traverse un mauvais chapitre de son histoire. Mise au cœur des tensions, Aicha Laasri Amrani, élue présidente de l’Afem en juin 2018, dénonce «un putsch» et se défend... 

    - L’Economiste: Depuis quelques semaines, l’Afem connaît des tensions au sujet de la gouvernance. Que se passe-t-il exactement?
    - Aicha Laasri Amrani:
    Il y a plusieurs faits générateurs. Tout d’abord, la démission de deux coordinatrices de l’incubateur national et celui de Rabat qui détiennent l’historique de toutes les actions et évènements. Pour cause, une augmentation de salaire qui n’a pu être acceptée car l’état financier de l’Afem ne le permettait pas. Ce que j’ai signalé aux membres du CA tenu le 23 juillet 2018. La gardienne des dossiers de l’Afem, notamment du précédent mandat, a également déposé sa démission pour créer son entreprise. Elle quitte sans aucune passation, ce qui a compliqué la pérennité de nos services. Pour maintenir le cap, nous avons dû auditer l’association. Et surprise! Cet audit a relevé plusieurs manquements dans la gestion lors des exercices précédents. 

    - Quels sont les dysfonctionnements qui ressortent de ce rapport? 
    - Le rapport d’audit nous révèle, entre autres, que les conventions signées avec nos partenaires n’ont pas été respectées. Ce qui a conduit à la baisse de plusieurs subventions. A titre d’exemple, en mai 2017, l’Afem avait signé une convention pour un financement de 5 millions de DH, au final, le partenaire n’a décaissé que 536.000 DH, à cause de la gestion opaque de ce financement. Les auditeurs ont aussi relevé que les comptes fournisseurs et débiteurs n’ont aucune justification. Par ailleurs, sur une note de synthèse remise à l’Afem, un passif de 800.000 DH a été annoncé lors de l’AG élective du 5 juin 2018. Il faut ajouter à cela 4 mois d’arriérés de salaire, 3 mois de loyer non réglés et des fournisseurs non payés, le tout dans une totale opacité pour les adhérents. De plus, jusqu’à aujourd’hui et malgré plusieurs relances, il y a absence de tenue de comptabilité des antennes régionales. J’en déduis que certains membres veulent reconduire ces mêmes pratiques. 
    De ce fait, toutes les tentatives de gestion des comptes et des RH, en toute transparence, ont été perçues comme une humiliation ou une perte de privilèges. Toutefois, après le dépôt de cet audit, des suites seront données pour élucider tous les dysfonctionnements. Nous devons au moins cela à ceux qui nous ont fait confiance et rien ne nous en empêchera. 

    - La dernière assemblée du CA de l'Afem a annoncé votre destitution. Suite à cette décision, vous avez décidé d’ester en justice. Pour quelle raison?
    - Il ne peut y avoir de destitution car, sur la forme comme sur le fond, cette assemblée générale n’a pas respecté les procédures de l’association et le CA ne répondait pas aux règles les plus élémentaires en matière de réunion. D’ailleurs, lors de cette réunion, les membres présents l’ont suffisamment dénoncée. De ce fait, l’AGO qui s’ensuivait ne pouvait être légitime. De plus, cette mascarade a eu lieu après que les instigatrices de ce putsch aient reçu leur convocation en justice. Donc au moment de leur supposé AGO, l’affaire était pendante devant la justice. La question qui se pose est pourquoi elles se sont autant précipitées? Je vous invite à leur demander les raisons.

    - Des membres de l’Afem remettent en cause votre capacité à fédérer votre bureau. Que répondez-vous à cela?
    - Avant mon élection à la tête de l’association, une petite étude auprès des membres avait fait ressortir certains dysfonctionnements. Parmi les points relevés, le manque d’écoute, de communication, de transparence, d’implication des membres aux actions de l’Afem et de participations aux appels d’offres. Le plus effarant dans tout cela, c’est qu’il y avait même un traitement hautain des membres du CA, qui a été signalé. Et voilà qu’aujourd’hui, on me reproche mon incapacité à fédérer! Penchons-nous d’abord sur cette étude! Je suis membre de l’Afem depuis plus de 20 ans, je connais tous les fonctionnements et rouages de l’association. Dans une interview, l’une des initiatrices de l’Afem déclare que mon incapacité à fédérer les a poussées à me révoquer. Pourtant, cette même personne se contredit puisqu’elle avait elle-même annoncé lors de mon élection en juin 2018 que je suis une femme fédératrice. Pour être responsable d’une structure privée depuis des années et employeur de plusieurs dizaines de personnes, je peux affirmer que je suis capable de fédérer mes équipes. 

    Défi: «Etre les championnes de la transparence»

    Les frictions que connaît l’Afem depuis quelques semaines peuvent porter préjudice aux projets de l'association. Toutefois, Aicha Laasri Amrani reste positive. «Il est évident que cela va faire débat et soulever quelques passions, mais c’est inhérent à toute organisation qui veut apporter de la transparence dans sa politique. Si nos partenaires voient que nous nous battons pour rendre notre gestion plus claire, cela ne peut être que bénéfique. De plus, en tant qu’organisation de femmes, nous avons un grand défi à soulever: être les championnes de la transparence», souligne-t-elle. 

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