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    Autoroutes du Maroc: La «recapitalisation», un jeu d'écriture?

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5553 Le 10/07/2019 | Partager
    Aucun dirham injecté dans l'entreprise
    L'écart de réévaluation des autoroutes porté dans les capitaux propres
    De 8 milliards de DH en 2015 à 27 milliards en 2018
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    La hausse des fonds propres tient à une réévaluation du patrimoine des autoroutes de l'entreprise

    Comment, en trois ans, Autoroutes du Maroc est parvenue à améliorer ses indicateurs financiers sans passer par une recapitalisation? Son ratio d'endettement et ses  capitaux propres ont connu une nette évolution sans que l'Etat ne décaisse un dirham: de 4,9 en 2015, le ratio d'endettement a baissé à 1,5 en 2018, réduisant ainsi le risque de financement de l'entreprise. Le ratio «normal» étant de 1.
     Les fonds propres de la Société d'Autoroutes du Maroc sont passés de 8 milliards de DH en 2015 à 27 milliards en 2018. Un exploit pour cette entreprise publique qui, en juillet 2014, risquait de se retrouver en cessation de paiement et qui avait fait l'objet d'une alerte de la part de la Cour des comptes. Dans son rapport sur les établissements publics, celle-ci avait relevé que ADM «affiche une situation financière structurellement déséquilibrée en raison de la nature du montage financier des projets qu’elle réalise et de l’exploitation de nouveaux tronçons d’autoroutes moins rentables. De ce fait, ses résultats sont constamment déficitaires». 
    Faute d'une recapitalisation, ADM a procédé à une restructuration financière à partir de 2016. Une des composantes importantes de cette opération est la réévaluation des actifs. Une technique comptable utilisée ailleurs, notamment en France, mais qui n'est pas dénuée de risque, en particulier par rapport à la transparence de l'information comptable. «Le cadre comptable actuel permet aux entreprises d’opérer une réévaluation de leurs actifs corporels et financiers. Cette réévaluation libre du bilan peut être faite sur la base de plusieurs méthodes dont l’économique et la patrimoniale», soulignent des responsables à la Direction des établissements publics et de la privatisation. 
    La réévaluation patrimoniale des autoroutes a été opérée avec l’appui d’un cabinet spécialisé. Elle a ressorti un écart de réévaluation estimé à 22 milliards de DH.
    Pour sa part, la réévaluation économique s’appuie sur l’approche fondée sur l'actualisation des flux de trésorerie disponibles futurs. Elle implique une réévaluation de l’ensemble des immobilisations, l’intégration de l’écart de réévaluation en capitaux propres et elle est neutre fiscalement.
     L'application de cette approche à ADM a permis de dégager un écart économique estimé à 27 milliards de DH. A la Direction des entreprises publiques et de la privatisation, des responsables expliquent: «ADM a retenu la valeur la moins importante qui ressort de l’écart entre la valorisation économique et la valeur nette comptable et de l’écart entre la valorisation patrimoniale  et la valeur nette comptable», explique la DEPP. 
    Cette approche n'est autre que  la réévaluation patrimoniale. Elle donne ainsi une information sur la valeur actuelle des biens détenus par l'entreprise.
    La restructuration financière mise en place en 2016 s'est basée sur plusieurs mesures. C'est le cas notamment de la fusion et le rallongement des concessions. «Nous avons regroupé toutes les concessions pour pouvoir faire l'adossement entre les tronçons rentables et les non rentables. Nous avons allongé la durée pour s'aligner sur les tronçons non rentables pour les faire bénéficier des possibilités de l'adossement», a déclaré Anouar Benazzouz, directeur général  d’ADM dans une interview à L'Economiste (cf. L'Economiste n°5543 le 26/06/2019). 
    De même, près de 50% de la dette, aujourd'hui à 39 milliards de DH, a été restructurée. «Le marché de l'obligataire nous a permis de passer de 20 ans, qui était le maximum, à 25 ans, puis à 30 ans, avec un délai de grâce de 15 ans sur le principal. Nous l’avons fait en 2 fois et cela a fonctionné même si le marché obligataire national n’est pas encore mature». 

     

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