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    Stress thermique: L’agriculture et la construction les plus affectées

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5548 Le 03/07/2019 | Partager
    Biens et services environnementaux, ramassage des ordures, travaux industriels… aussi
    L’OIT alerte sur les pertes de productivité
    Le Maroc concerné
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    Le stress thermique fait référence à une chaleur supérieure à ce que le corps peut tolérer sans subir de dommage physiologique. Il intervient généralement lors de températures supérieures à 35 °C, avec un fort taux d’humidité. La chaleur excessive au travail est un risque pour la santé des travailleurs  (Ph. AFP) 

    L’augmentation du stress thermique lié au réchauffement climatique devrait conduire à des pertes de productivité à l’échelle mondiale. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) intitulé «Travailler sur une planète qui se réchauffe: L’impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent». Un document publié alors que la canicule s'est abattue ces derniers jours sur l'Europe, avec des températures avoisinant les 40 degrés.
    Les projections établies sur la base d’une hausse de la température mondiale de 1,5 °C d’ici à la fin de ce siècle laissent augurer qu’en 2030, 2,2% du total des heures travaillées dans le monde seraient perdues en raison des températures élevées. Une perte équivalant à 80 millions d’emplois à temps plein. Ce qui correspond à des pertes économiques de 2.400 milliards de dollars à l’échelle mondiale.

    Les experts de l’OIT avertissent que c’est une estimation prudente parce qu’elle suppose que la hausse de la température moyenne mondiale ne dépassera pas 1,5 °C. 
    Les secteurs qui devraient être le plus durement touchés sont l’agriculture et la construction. Le secteur agricole emploie 940 millions de personnes à travers le monde. Il devrait représenter 60% des heures de travail perdues en raison du stress thermique à l’horizon 2030. Le secteur de la construction sera lui aussi fortement impacté, avec une estimation de 19% des heures de travail perdues dans le monde à la même échéance.  L’augmentation des migrations, les travailleurs quittant les zones rurales à la recherche d’un avenir meilleur, pourrait être l’une des conséquences sociales du stress thermique. Les autres secteurs particulièrement exposés sont les biens et les services environnementaux, le ramassage des ordures, les services d’urgence, les travaux de réparation, le transport, le tourisme, le sport ou encore certains types de travaux industriels…

    Selon les projections, l’impact sera inégalement réparti à travers le monde. Les régions qui devraient perdre le plus d’heures de travail seront l’Asie du Sud et l’Afrique de l’Ouest, où approximativement 5% des heures travaillées pourraient être perdues en 2030. Ce qui correspond respectivement à environ 43 et 9 millions d’emplois. Bien que l’impact du stress thermique soit relativement faible dans la plupart des pays d’Afrique du Nord, le Soudan semble être très touché: 3,7% des heures de travail ayant été perdues en 1995 et 5,9% seraient prévues en 2030 (équivalent à 210.000 et 852.000 emplois à temps plein, respectivement). Pour le Maroc, les pertes varient entre 0,07% (5.000 emplois) en 1995 et atteindrait 0,16% (19.000 d’ici 2030). Làaussi, l’agriculture et la construction sont les deux secteurs exposés. Ce sont les habitants des régions les plus déshéritées qui subiront les pertes économiques les plus importantes. Les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire inférieur devraient en souffrir le plus, surtout parce qu’ils ont moins de ressources disponibles pour s’adapter à la hausse des températures. Ces pertes viendront donc se cumuler aux handicaps économiques qui existent déjà, en particulier les forts taux de travailleurs pauvres, d’emploi informel et vulnérable, d’agriculture de subsistance et l’absence de protection sociale. «L’impact du stress thermique sur la productivité du travail est une conséquence grave du changement climatique, qui s’ajoute aux autres effets néfastes tels que la modification du régime des précipitations, la montée du niveau des mers et la perte de biodiversité…», explique Catherine Saget, Cheffe d’unité au département de la recherche de l’OIT et l’une des principaux auteurs du rapport. 

    Meilleurs systèmes d’alerte

    Pour faire face à cette nouvelle réalité, il faut redoubler d’efforts pour élaborer, financer et mettre en œuvre des politiques nationales pour combattre les risques de stress thermique et protéger les travailleurs. Ceci peut se faire par la création d’infrastructures adéquates et de meilleurs systèmes d’alerte précoce lors des épisodes de canicule. Aussi bien par une meilleure application des normes internationales du travail. Les employeurs devraient fournir de l’eau de boisson et dispenser une formation sur la détection et la gestion du stress thermique. Le dialogue social pourrait se révéler utile pour trouver un consensus sur les modalités de travail à l’intérieur et à l’extérieur, l’adaptation des horaires de travail et les codes vestimentaires et les équipements.  

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