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    Culture

    Mawazine: OrelSan ou l’éloge de la morosité

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
    Le rappeur était sur la scène OLM Souissi lundi 24 juin
    Une réputation d’artiste maudit qui colle à la peau
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    Le rappeur français a entamé son concert sur la scène de l’OLM Souissi  avec son tube «basic» repris en liesse par le public qui maîtrisait parfaitement la leçon (Ph. Bziouat)

    Une foule un peu clairsemée, un public très jeune mais complètement acquis à l’enfant terrible du rap français.  OrelSan a entamé son concert sur la scène de l’OLM Souissi  avec son tube «basic» repris en liesse par le public qui maîtrisait parfaitement la leçon. Le visage presque poupin, trentenaire à la dégaine d’un adolescent attardé, OrelSan est loin, très loin du cliché du rappeur de la côte Ouest américain. Pas la moindre trace d’ostentation surjouée chez l’artiste français, de son vrai nom Aurélien Cotentin. Ni voiture décapotable, ni chaîne en or ou pluie de billets encore moins de belles femmes à moitié vêtues dans les clips de l’artiste français, mais des histoires racontées, dégageant ainsi une grande impression de simplicité et souvent d’une esthétique proche de celle des mangas, univers apprécié du rappeur originaire de Caen. Fils d’une institutrice et d’un directeur de collège, issu de la classe moyenne, originaire de province, OrelSan dénote, mais fédère en mettant l’accent sur le sentiment de dépression et  de mal-être présents chez les jeunes. En parfait reflet d'une génération (celle des 20 ans) un peu perdue et désabusée, OrelSan pratique la provocation avec minutie en usant de punchlines, petites phrases cinglantes et assassines à l’image d’un adolescent épris de morosité et d'ennui. «J'viens d'la terre du milieu où y'a plein de p'tits vieux/ Où l'chômage et la tisane forment un cercle vicieux/ Où on critique les invités qui viennent de partir/ C'est pas qu'on est lent, c'est qu'on prend notre temps pour réfléchir/  J'viens d'la classe moyenne, moyennement classe/ Où tout l'monde cherche une place, Julien Clerc dans l'monospace», clame-t-il dans son titre «Il pleut», où, à la manière d’un Brel des temps modernes, il règle ses comptes avec une petite bourgeoisie trop étriquée à son goût. Mais avec des paroles autrement plus crues, le rappeur divise.

    Le titre de la discorde

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    Son titre « sale P… » a suscité en 2009,  une véritable levée de bouclier en France et de sérieuses poursuites judiciaires. Dans le titre, le rappeur incarne un homme en costume menaçant de violences son ex-petite amie qui l'a trompé, en lui promettant entre autres qu'il lui «déboîterait la mâchoire» ! Des personnalités comme Ségolène Royal, Valérie Letard (ex Secrétaire d’Etat française à la solidarité) montent au créneau, suivies par plusieurs partis politiques  qui dénoncent des propos «odieux incitant directement à la violence». L’artiste sera déprogrammé de plusieurs festivals. «Dans cette chanson, j'essaie de montrer comment une pulsion peut transformer quelqu'un en monstre. J'ai tourné un clip où je porte un costume cravate et bois de l'alcool, pour montrer qu'il s'agit d'une fiction. En aucun cas je ne fais l'apologie de la violence conjugale. L'attitude de ce personnage me dégoûte, mais j'ai l'impression de représenter artistiquement la haine, comme a pu le faire un film comme Orange mécanique», se défend l’artiste, qui finit par présenter ses excuses.  Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, affiche son soutien au rappeur au nom de la liberté d’expression, en évoquant des précédents comme Rimbaud, et déclare juger la polémique «ridicule». Le 18 février 2016, la cour d'appel de Versailles met fin aux poursuites contre Orelsan. L’image d’artiste maudit lui collera, tout de même,  à la peau. La polémique reprend une nouvelle fois, suite à son sacre, 3 prix reçus, à la cérémonie des Victoires de la Musique, en 2018. Une pétition est même lancée pour demander le retrait de ces trophées. Elle a récolté quelque 100.000 signatures. Une contre-pétition est aussitôt lancée dénonçant «ces gens, qui se veulent féministes», qui continuent à faire polémique sur cette chanson, vieille aujourd'hui de 8 ans, relatant des faits de fiction, sans même prêter attention aux violences portées aux femmes dans les relations conjugales, qui sont, elles, bien réelles, et toujours d'actualité». 

     

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