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    Culture

    Festival gnaoua et musiques du Monde: Un moment de grâce dans la ville des Alizés

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5541 Le 24/06/2019 | Partager
    Une 22e édition, un cru excellent, une programmation sans faute
    Un véritable levier pour le développement de la ville
    La culture comme moteur de politiques publiques
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    Pour la fondatrice du festival, ce dernier a ouvert le chemin de tous les possibles pour que la culture ne soit plus un simple moyen de divertissement ou une simple consommation de plaisir et de loisir

    Cette année encore et pour la 22e année consécutive, la petite ville dormante, au charme indéniable, qu’est Essaouira, s’est transformée en capitale mondiale de la culture. Dans les ruelles de la médina, anglais, français, arabe, wolof, espagnol se mélangent dans une parfaite harmonie, dont seule la ville des Alizés a le secret.  On y danse sur les rythmes de la musique gnaoua, bien évidemment, mais aussi sur du reggae, du jazz, de la rumba… Le spectacle vivant est tout autant sur les scènes du festival que dans le reste de la ville. Des groupes de jeunes se forment naturellement, jamment, organisent des bœufs, improvisent des concerts… au grand plaisir des passants aux looks multicolores, toutes générations et classes sociales confondues. Cette année, pour la 22 édition du Festival gnaoua et musiques du monde, qui s’est clôturée dimanche 23 juin, la magie d’Essaouira a encore opéré, offrant aux quelques 400.000 festivaliers des moments de grâce. Avec une quarantaine de concerts: entre les grandes scènes de la place Moulay Hassan et celle de la plage, les places publiques et les sessions beaucoup plus intimistes dans les zaouias, le festival a occupé toute la ville. L’affiche d’ouverture, jeudi 20 juin, a réuni le charismatique mâalem Hassan Boussou et Osain del Monte, un groupe de musiques afro-cubaines dirigé par le percussionniste Adonis Calderon. Véritable prodige de la percussion afro-cubaine, le groupe réunit la jeune génération montante de chanteurs, danseurs et de percussionnistes de la Havane, ambassadeurs des musiques issues de rites sacrés les plus «afro» de la tradition cubaine: santeria, pablo, abacua, iyesa, rumba. Une fusion avec la musique tout aussi sacrée des ganoua qui coule de source pour un concert magique et lumineux. Vendredi, c’était au tour du vénérable Mustapha Baqbou de partager la scène avec le groupe des nomades touaregs du Mali: Les Tinariwen. Connu pour avoir collaboré avec Louis Bertignac, cofondateur du groupe de rock Téléphone, le Mexicain Carlos Santana, guitariste prolifique mondialement connu, ou encore avec le bassiste Marcus Miller, mâalem Bakbou et ses musiciens n’ont eu aucun mal à se trouver en parfaite symbiose avec ceux que l’on surnomme les «Princes du désert». Plus compliquée, la fusion entre la chanteuse soul britannique d’origine indienne, Susheela Raman, et mâalem Hamid El Kasri, n’a pas tenu toutes ses promesses. Univers trop différents? Conflit d’égo? qu’a cela ne tienne. Avec sa maîtrise parfaite de la scène, maâlem El Kasri parfaitement habitué, comme tous les maâlem de sa génération, aux virtuoses des cordes, des cuivres et des percussions venus d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, a réussi à mener le jeu et enchanter le public, laissant la chanteuse britannique et ses musiciens en arrière plan. Il faut dire que le festival s’est fait, tout au long de son existence, le spécialiste des expériences musicales inédites, et des fusions de maâlem gnaouis avec les plus grands musiciens de jazz ou de world music, assumant parfaitement ses prises de risques. De ce fait, rien n’est acquis à l’avance, ce qui donne encore plus de suspense à la programmation et quelques frissons aux spectateurs mais aussi, quelques «flops» à l’instar d’une performance ratée de Keziah Jones et Abdelkbir Marchane en 2003.

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    Lors de la parade d’ouverture, en présence de plusieurs personnalités dont le conseiller royal André Azoulay et le ministre de la Culture Mohamed El Aârej, les mâalem gnaoua restent les stars incontestées de ce festival

    Malgré ce petit incident, cette 22e édition restera l’une des plus abouties de l’histoire du festival. Après quelques éditions modestes (plus recentrées sur elles-mêmes, selon les organisateurs), l’évènement a renoué avec le succès des éditions phares précédentes. Une programmation pointue mais cohérente et accessible, un public venu très nombreux des 4 coins de la planète, le son du guembri et des crotales omniprésents se mêlant au flamenco, au reggae, à la salsa, à la rumba ou encore aux rythmes touareg ou tamoul en sont la preuve la plus évidente. Cette année plus que les autres, «dans la cité des Alizés, la culture a élu domicile», dira Neila Tazi, la fondatrice du festival. Ce dernier «a ouvert le chemin de tous les possibles. Ici, comme partout au Maroc, nous travaillons pour que la culture ne soit plus un simple moyen de divertissement ou une simple consommation de plaisir et de loisir. Nous voulons la culture comme un moteur de politiques publiques» ,confirme la présidente de la Fédération des industries créatives et culturelles au sein de la CGEM, qui milite également pour que la culture soit perçue comme un véritable model de développement. Et pour cause, le festival d’Essaouira est devenu une véritable aubaine pour les habitants, les commerçant ainsi et pour la ville. Chaque année, les recettes municipales enregistrées pendant le festival représentent l’équivalent du budget annuel de la mairie. Ce que confirme l’étude menée par les organisateurs en collaboration avec le cabinet Valyans Consulting, qui démontre que chaque dirham dépensé pour l’organisation du festival génère 17 autre dirhams pour la ville.

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