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    Tribune

    Algérie, la vérité des pouvoirs occultes

    Par Chakib BENSOUDA | Edition N°:5535 Le 14/06/2019 | Partager

    Il est fort navrant que le peuple algérien, notre voisin, soit la victime de la farce qui se joue depuis le mois de février 2019. Une farce dans laquelle il est associé malgré lui. Et ce jusqu’à qu’un coup d’Etat militaire mette fin à la vacance présidentielle et remplisse les prisons par les dignitaires de l’ex-système.

    Cependant, avec cet épisode, la preuve intangible est donnée de la nature obscure et ténébreuse du pouvoir en Algérie, auteur et metteur en scène de cette farce! 

    Dans sa tragi-comédie, la situation que traverse l’Algérie ces mois-ci a le mérite de lever le voile sur une partie de la vérité de ce pouvoir. Certes, elle ne divulgue pas beaucoup sur les forces énigmatiques qui le dirigent. Toutefois, elle dévoile quelques facettes des ressorts qui  les font agir.

    L’occasion de rappeler que c’est à ce pouvoir-là que le Maroc est confronté depuis près d’un demi-siècle. Pendant les 50 ans passés, le Maroc, en tant que Nation, a eu à supporter tous les types d’avanies de la part de ce pouvoir algérien. Des avanies qui ressemblent à s’y méprendre à celles que subit aujourd’hui le peuple algérien. Aujourd’hui, le président officiel intérimaire est  Abdelkader Bensalah mais le pouvoir est entre les mains du général Ahmed Gaïd Salah.  Son chef d’état-major adjoint, en visite sur son «front ouest» (frontière avec le Maroc), alors que les manifestations contre Bouteflika avaient commencé, indiqua que le «second souci stratégique d’Alger se trouvait à l’ouest».

    Identifiant Scald invalide.

    Ancien de la guerre des sables (1963), le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, 79 ans,  et détenteur actuel d’un pouvoir quasi absolu, demande au peuple «de se rallier à l’armée».  Il a fait arrêter les principaux soutiens de divers clans, dont celui de Bouteflika (Ph. TV Algérie)

    Cynisme! Depuis le premier jour, pour légitimer leur intervention, les autorités algériennes ont prétendu défendre, sur le dossier du Sahara marocain, le principe du droit des peuples à l’autodétermination. Mais alors! Que ne l’appliquent-elles pas en Algérie? Que n’accordent-elles pas au peuple algérien ce droit à choisir librement qui doit le diriger?

    Hypocrisie! Depuis le premier jour, les autorités algériennes ont partout prétendu qu’elles n’avaient aucun rapport direct avec l’affaire du Sahara marocain alors qu’elles en sont le soutien permanant, un mensonge aussi vrai que le soleil en plein jour. De manière analogue, elles ont prétendu sans sourciller et sans gêne qu’un homme impotent -que les Algériens qualifient de «cadre photo» pour décrire sa présidence lors des cinq dernières années (on salue un cadre, on se prosterne devant un cadre, le cadre préside les cérémonies…) a «bien gouverné l’Algérie et ce démocratiquement!».

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    Le livre du Pr. Chakib Bensouda décrit ce que sont devenus les bons usages du Maroc, écrasés par l’argent et la religion, quand l’un et l’autre servent d’instruments de domination.  L’ouvrage est introuvable neuf. Voir chez les bouquinistes, avec de la chance

    L’arrogance! Depuis le premier jour, le pouvoir algérien n’a jamais voulu faire le moindre compromis avec le Maroc sur le Sahara marocain. Malgré toutes les tentatives, malgré les concessions énormes consenties au titre et au bénéfice du bon voisinage, les autorités algériennes se sont toujours arcboutées sur leur plan A. Imbues jusqu’au ridicule de leur soi-disant puissance, elles n’ont pas daigné prévoir un plan B  pour la candidature à leur élection présidentielle. Dans leur arrogance, elles sont incapables de prévoyance, d’alternatives, bref, de compromis et de sens de l’intérêt général.

    L’intérêt! Depuis le premier jour, le gouvernement algérien a cherché à assouvir ses propres intérêts à travers son implication dans l’affaire du Sahara marocain. Au détriment des intérêts du Maroc, de la région dans son ensemble et, sans aucun doute, des intérêts de l’Algérie même. Aujourd’hui, avec cette candidature ubuesque, ce même gouvernement donne au monde la preuve tangible que seuls des intérêts occultes le font bouger. Soutenir, épauler et favoriser une candidature aussi burlesque que celle d’Abdelaziz Bouteflika n’ont de sens que si cela sert des intérêts énormes en faveur d’un pouvoir obscur, outre cynique, hypocrite et arrogant, radical et maximaliste!  On en est victime et témoin!

                                                                                 

    «Une situation qui fait honte»

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    A Alger, comme chaque vendredi (jour férié),  les manifestations se reproduisent. Il est difficile de compter les participants, car, d’une part,  les journalistes étrangers, déjà très rares, ont été priés de partir et, d’autre part, la presse algérienne est généralement affiliée à une tendance (sauf le Quotidien d’Oran). Sa virulence ne traduit que cette appartenance, pas une position neutre. Difficile donc de savoir ce qui se passe vraiment dans les protestations publiques et massives, en particulier impossible de savoir où sont passés les islamistes pourtant très nombreux en Algérie (Ph. MT)

    La situation politique en Algérie est véritablement burlesque! Existe-t-il, de par le monde, un pays où la simple candidature à une élection, aussi présidentielle soit-elle, provoque  des déferlements de protestations dans la rue? Une dissuasion qui va au point de chasser ledit candidat, qui se croyait attendu par tous. Finalement les élections ont été «reportées».

    De qui se moquait-on? Quand, en face, un «peuple» se mobilise et manifeste pour dissuader Bouteflika de se présenter! On croit rêver!

    Derrière cette image loufoque, on comprend que le candidat Bouteflika  était assuré de remporter la victoire! Dans le même temps, on parlait d’une élection à venir lors de laquelle, en principe, c’est ce «peuple»  qui devait trancher, soi-disant souverainement, entre les candidats. Burlesque! D’autant plus burlesque qu’il n’était plus possible aujourd’hui d’organiser la moindre élection. Le scrutin est d’ailleurs suspendu sine die.

    Qu’une élection présidentielle suscite débats et controverses, cela s’est déjà vu. Les controverses portent alors sur des questions politiques, juridiques et, souvent, constitutionnelles. Dans ce cas de figure, la polémique a été marquée d’une teinte originale. Une teinte qui, disent nos voisins, «leur fait honte».

     

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