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    Roman de l'été

    Episode 22 Jésus, une grande figure biblique du Coran: Les méthodes de transmission du message de Jésus

    Par L'Economiste | Edition N°:5534 Le 13/06/2019 | Partager

    Les historiens sont presque unanimes à reconnaître que Jésus était un orateur exceptionnel, ayant une connaissance parfaite des hommes et de leur comportement. Il sait fasciner les foules et adapter ses propos à l’auditoire auquel il s’adresse. Ainsi, on rapporte que, à Jérusalem, face aux gens du Temple, aux scribes et aux docteurs de la Loi, il utilise de façon magistrale les références à la Bible hébraïque. À son auditoire rural de Galilée, il tient un langage plus simple, plus traditionnel et surtout plus imagé, donnant des exemples de la vie de tous les jours, en évoquant les semailles, les moissons, les vendanges, la garde des brebis ; le tout, sous forme soit de paraboles, soit de bonnes paroles.

    Les paraboles comme mode de transmission du message

    L’une des formes utilisées par Jésus pour transmettre son message est la parabole, «parabolè» en grec, qui désigne un discours de sagesse, présenté sous forme d’allégorie, de fable, d’analogie, de proverbe ou de sentence énigmatique. C’est une méthode où il a excellé, même si ce n’est pas le premier à l’avoir pratiquée. Les maîtres juifs l’utilisaient souvent, mais plus que les autres, il en fait une véritable base de sa pédagogie. En effet, au lieu d’affronter son auditeur de front, il s’adresse à lui de façon latérale. D’ailleurs, il est rare que Jésus donne lui-même une interprétation de la parabole et sur sa signification. Souvent, il laisse le soin à ceux auxquels elle est adressée d’en tirer les conclusions, selon la perception de chacun et selon le contexte dans lequel elle a été prononcée.

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    Certains spécialistes ont soutenu que dans ses paraboles, on retrouve des réminiscences de son ancien métier de charpentier. Il cite le cas du sage qui a bâti sa maison sur le roc et l’insensé qui l’a édifiée sur du sable ou encore cette affirmation pleine de sagesse: «Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas?» Certaines de ces paraboles sont restées célèbres et en rapporter quelques-unes ne peut que donner une idée sur cette méthode originale de transmission du message de Jésus.
    - La parabole de la brebis égarée (Matthieu, XVIII, 12 ; Luc, 15.1-10): Il est admis que Jésus n’hésite pas à parler à des gens qui sont considérés, dans la société de l’époque, comme peu fréquentables, tels que les collecteurs des impôts ou les femmes de mauvaise vie. Ce que les pharisiens et les maîtres de la Loi lui reprochent. Un jour, en discutant avec eux à ce sujet, il leur dit: «Si quelqu’un parmi vous possède cent brebis et qu’il perde l’une d’entre elles, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans leur pâturage pour partir à la recherche de celle qui est perdue et ce, jusqu’à ce qu’il la retrouve et, quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la met sur ses épaules, rentre chez lui, puis appelle ses amis et ses voisins et leur dit: (Réjouissez-vous avec moi car j’ai trouvé ma brebis, celle qui était perdue)» Par cette parabole, Jésus veut montrer que chaque personne a une grande valeur aux yeux de Dieu qui fera tout pour récupérer son âme perdue. Dieu, Miséricordieux, pardonnera tous les pêchés de ceux qui se repentent et se tournent vers Lui. De même, il y aura plus de joie, dans le ciel, pour un pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf personnes qui n’ont pas besoin de repentance.

     - La parabole du bon Samaritain (Luc, X, 25-37): Un jour, un maître de la Loi essaie de piéger Jésus, en lui posant la question: «Qu’est-ce que je dois faire pour recevoir la vie éternelle?» Jésus lui répond de faire ce qui est écrit dans la Loi, et notamment d’«aimer son prochain comme soi-même». Le maître de la Loi lui demande alors qui est «son prochain». Jésus, au lieu de lui répondre directement, a préféré lui raconter l’histoire d’un homme qui venait de Jérusalem à Jéricho quand il a été attaqué par des brigands qui l’ont battu et l’ont laissé à moitié mort. Passe alors un prêtre qui, au lieu de secourir l’homme, s’en éloigne. Passe ensuite un lévite (employé du Temple) qui a la même réaction que le prêtre. Vient, alors, un samaritain, membre d’un mouvement considéré par les gens du Temple comme impur. Le samaritain prend soin du blessé, le met sur sa monture et le conduit dans un hôtel. Avant de partir, il donne deux pièces d’argent à l’hôtelier et lui demande : « Prends soin de cet homme, lorsque je repasserai par ici, je te paierai ce que tu as dépensé de plus pour lui». Quand Jésus termine son histoire, il demande au maître de la Loi: «Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme?» Le maître de la Loi lui répond: «Celui qui a été bon pour lui. » Jésus lui dit alors: «Va et fais-en autant». La parabole prend toute son importance dans la mesure où c’est un maître de la Loi qui pose la question, que les personnes n’ayant pas secouru l’homme blessé sont des agents du Temple et surtout que celui qui a secouru le blessé soit membre d’une communauté considérée comme impure par les gens du Temple.
    - La parabole de l’ivraie et du bon grain (Matthieu, XIII, 24-30): Jésus, en discutant un jour avec ses disciples leur dit : «Le royaume des Cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : (Seigneur, n’as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y ait de l’ivraie ?) (Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent: Veux-tu que nous allions l’arracher?) «Non», dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, ils ne déracinent en même temps le blé. (Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: «Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la

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    On demande à Jésus s’il faut, en tant que bon juif, payer l’impôt à César, c’est-à-dire à l’envahisseur romain, sa réponse: «Rendez à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui appartient à Dieu» (Crédit DR)

    brûler, mais amassez le blé dans mon grenier»)». Le sens de la parabole est que dans le monde, le bien et le mal sont mêlés, tout en ayant une origine différente. Il faut attendre parfois longtemps pour que le bien et le mal soient séparés, mais le Jugement dernier est inéluctable. Cette parabole a donné l’adage «il faut séparer le bon grain de l’ivraie».
    - La parabole du publicain et du pharisien (Luc, XVIII, 9-14) : Jésus dit, un jour, à propos de certaines personnes qui se considèrent comme justes, mais ne font aucun cas des autres : «Deux hommes montèrent au Temple pour prier; l’un était pharisien (religieux), et l’autre publicain (collecteur d’impôts). Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : (Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus). Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant : Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit chez lui justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé».
    Par cette parabole, Jésus veut montrer qu’on n’a pas le droit de juger les autres et même quand on est pécheur, il faut rester humble et croire dans la miséricorde divine.

    Les belles paroles de Jésus

    En plus des paraboles dont on a cité quelques exemples, Jésus a laissé de «belles paroles» qui sont devenues célèbres et ont pris, parfois, la forme de proverbes : -Rendez à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui appartient à Dieu (Matthieu, XXII, 21): On demande à Jésus s’il faut, en tant que bon juif, payer l’impôt à César, c’est-à-dire à l’envahisseur romain, Jésus demande qu’on lui montre une pièce de monnaie. Il la regarde de plus près, montre le côté face et demande : «De qui est cette effigie ?». On lui répond « De César » et Jésus laisse tomber cette phrase, devenue un proverbe : «Alors, rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».
    - «À chaque jour suffit sa peine (Matthieu, VI, 34): Jésus conseille à ses auditeurs de ne pas s’inquiéter sans cesse de ce qu’ils vont manger ou de quoi ils vont se vêtir. Il rappelle que Dieu prend soin de ceux qui lui font confiance. Selon lui, réduire sa vie à des préoccupations matérielles est digne de ceux qui n’ont pas saisi l’essentiel. Il conclut ainsi: «Ne vous inquiétez pas du lendemain, car le lendemain prendra soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine».
    - «Que celui qui n’a jamais commis une seule faute lui jette la première pierre» (Jean, VIII): Des hommes amènent à Jésus une femme surprise en flagrant délit d’adultère. On lui demande ce qu’il faut faire d’elle car, selon la loi de Moïse, elle est passible de lapidation. Les accusateurs utilisent la femme pour piéger Jésus. Quand il a compris dans quelle impasse on essaie de le mettre, Jésus répond: «Que celui qui n’a jamais commis une seule faute lui jette la première pierre!» Du coup, tout le monde s’éclipse, du plus vieux au plus jeune. Jésus dit à la femme: «va, je ne te condamne pas mais ne pêche plus!»
    - Veille sur ton cœur, car de lui viennent les sources de la vie (Marc, VII): Un jour, Jésus explique à ses disciples que les règles alimentaires ne protègent pas de l’impureté. Il insiste pour dire que ce n’est pas ce qui rentre dans le corps qui rend ce corps impur, mais ce qui souille l’homme est déjà en l’homme. «C’est du dedans, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les débauches, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, l’orgueil, l’envie, la folie. Toutes ces choses mauvaises viennent du cœur» Il répète alors: «Veille sur ton cœur plus que sur toute autre chose car de lui viennent les sources de la vie»
    Cette bonne parole rappelle un évènement particulier que le prophète Mohammed a connu à l’âge de quatre ans. Alors qu’il jouait avec des enfants de son âge, deux hommes se sont saisis de lui, et l’ont couché à terre, puis ils lui ont ouvert la poitrine pour extraire quelque chose. Des années plus tard, le Prophète parlera de cet épisode et racontera que les deux hommes lui ont fendu la poitrine pour en extraire un caillot noir qui représente le mal. Par cette action, le cœur du Prophète a été purifié, dans la perspective de sa mission prophétique. Le Coran mentionnera cette action, en affirmant:
    «N’avons-nous pas ouvert ton cœur? Ne t’avons-nous pas débarrassé de ton fardeau ? Qui pesait sur ton dos? N’avons-nous pas exalté ta renommée?» (Coran, XCIV, 1-3) Tout ceci rejoint la bonne parole de Jésus, concernant le fait que l’action de l’homme est liée à son cœur.  Mais qui était, donc, cet homme avec autant de sagesse ? Autrement dit, quelle était l’identité de Jésus?

    Jésus, une grande
    figure biblique du Coran

    Rachid Lazrak
    La Croisée des Chemins,
    L’Harmattan, 2019

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