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    Examen du Bac: Gérer son stress, et celui de ses parents!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5532 Le 11/06/2019 | Partager
    Crise de panique, blackout, perte de confiance… les cauchemars du jour J
    Des candidats paralysés par la peur de l’échec et la pression de leur entourage
    Donner le droit à l’erreur, essentiel
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    A cause du stress, certains candidats se trouvent paralysés devant leur feuille, désespérément blanche. Mais cette situation reste tout à fait surmontable (Ph. Bziouat)

    C’est aujourd’hui que 441.065 élèves passent leur examen du bac (voir aussi article page 2). Le couronnement de tout un parcours scolaire. La symbolique est forte et la pression est à son comble.

    «Mon problème est que je dois à la fois gérer mon stress et celui de mes parents», confie une candidate au bac. Poussée à bout par ses parents durant la préparation à l’examen, elle a déjà cédé à une crise d’angoisse. Submergé d’informations, son cerveau avait déclaré forfait. La future bachelière avait beau lire et relire des textes, rien ne rentrait. Paniquée, elle a pleuré toutes les larmes de son corps.

    Son cas n’est pas isolé. L’examen du bac est souvent vécu comme une épreuve pour les parents aussi. Ils s’approprient à la fois l’échec et la réussite de leurs enfants. Inconsciemment (ou pas), ils les mettent sous pression, toute l’année.

    «L’institution scolaire est aujourd’hui défaillante. Les parents croient bien faire en surchargeant leurs enfants de cours particuliers, en les entraînant dans une course à la performance, en les maintenant sous haute tension et même en les culpabilisant, en leur rappelant sans cesse qu’ils paient leur scolarité au prix fort», relève Amine Benjelloun, pédopsychiatre, fondateur de l’Observatoire marocain de l’enfant et de l’adolescent des deux rives. «Tous ces facteurs sont paralysants. Il est donc normal que le jeune adulte arrive hyper stressé le jour de l’examen. Pour certains, c’est le blackout total», poursuit-il.

    Le jour J, et malgré des mois de préparation, certains perdent tout à coup leurs moyens, tétanisés par leur peur d’échouer et de décevoir leur entourage. En perte de confiance en eux-mêmes, ils n’arrivent pas à se concentrer et restent figés devant leur feuille, désespérément blanche. Comment donc s’en sortir? Cette situation est tout à fait surmontable, selon le pédopsychiatre, pourvu de bien savoir s’y prendre. «L’examen se prépare évidemment bien à l’avance, et même dès la maternelle, avec un système performant et qui donne droit à l’erreur! Les 48 heures le précédant devraient en principe être réservées à la relaxation et à une bonne qualité de sommeil», estime le pédopsychiatre.

    «En cas de blocage, laisser passer 5 à 10 minutes, lire et relire les consignes et ensuite attaquer les réponses. Il convient de commencer avec ce qu’on sait faire, laisser ce qui est difficile pour la fin, le temps que le stress diminue et que le calme revienne. Il faut avoir dans ses bagages des techniques de relaxation et de respiration qui peuvent aider, faire le vide et essayer de se concentrer sur sa copie», poursuit-il.

    Pour leur part, les parents ont un rôle capital à jouer. «Ils devraient être les meilleurs supporters de leurs enfants, comme pour une équipe de foot, en cas de réussite, comme en cas d’échec. C’est le message qu’ils devraient absolument faire passer», conseille Benjelloun. La peur de l’échec empêche de nombreux candidats d’exploiter tout leur potentiel pour passer les épreuves. Des messages positifs permettraient de les rassurer et de les mettre en confiance.

    Il est, également, important de «dédiaboliser» l’échec. Il peut s’agir d’une expérience douloureuse à vivre, mais ce n’est pas la fin du monde. D’autant plus que ceux qui réussissent avec les meilleures moyennes ne sont pas forcément ceux qui réussissent les meilleures carrières.

    Ahlam NAZIH

                                                                              

    Examen du bac: Ce que les hormones du stress font à votre cerveau

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    Riadh Lebib est docteur en neurosciences, designer cognitif, également  consultant-chercheur chez SBT, un groupe français spécialisé dans le conseil et le développement de services s’appuyant sur les neurosciences (Ph. SBT)

    - L’Economiste: Le stress est paralysant pour certains candidats au bac. Que se passe-t-il dans leur cerveau à ce moment-là?
    - Riadh Lebib:
    Il existe deux principales hormones qui interviennent en cas de stress: le cortisol et la noradrénaline. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le stress est une réaction physiologique normale. Elle est salutaire quand elle apparaît au bon moment, c’est-à-dire, quand notre vie est en danger. En effet, sur le plan biologique, le stress est là pour nous préparer à faire face à une menace. Et il le fait par trois types de réponses physiologiques: la fuite, la lutte ou bien l’inhibition, autrement dit, faire le mort. Or, aujourd’hui, force est de constater que cette réaction se produit alors qu’elle n’a pas lieu d’être. Jamais, par exemple, un examen comme le bac n’a tué qui que ce soit. Alors pourquoi dit-on que l’on stresse dans ce cas-là? Tout simplement parce que notre cerveau est inondé par les mêmes hormones que quand ont fait face à un véritable danger menaçant notre survie. L’on retrouve aussi les 3 formes de réponses comportementales mentionnées plus haut, mais dans un autre registre. La fuite s’exprimera par de l’angoisse, de la peur, voire de la panique. La lutte se reflétera par de l’agacement, de la colère ou de la rage. Et l’inhibition se traduira par de l’abattement, de la tristesse, voire de la déprime.

    - Dans certains cas, le stress ne peut-il pas être motivant?
    - Si l’on entend parfois parler de «bon stress», ce qui est une erreur, c’est parce que les hormones du stress sont aussi celles jouant un rôle dans les phénomènes de motivation ou d’excitation. Mais tout n’est qu’une question de concentration de ces hormones dans notre sang. Jusqu’à un certain niveau - qui varie d’une personne à l’autre - ces hormones nous stimulent et nous donnent l’impression d’être pleins d’énergie. Toutefois, au-delà d’un certain seuil, lui aussi variable selon les personnes, ces hormones déclenchent la réaction de stress, avec tout ce que l’on sait sur le plan comportemental. Si le stress nous paralyse, c’est en raison de la concentration de cortisol et de noradrénaline trop élevée. Ces deux hormones court-circuitent la structure du cerveau nous permettant de prendre de la hauteur sur les choses, de relativiser et de regarder la situation sous un autre angle: le cortex préfrontal. Quand ce dernier ne peut plus assurer son rôle de régulation, c’est alors l’emballement, aussi bien émotionnel que comportemental.

    - Ces hormones sont donc à la fois stimulantes et dangereuses…
    - Sur le plan anatomique, des études ont montré que lorsque les taux de cortisol et de noradrénaline sont souvent élevés dans notre cerveau - comme dans le cas du stress chronique - cela peut provoquer une destruction de certaines cellules cérébrales, notamment au niveau de l’hippocampe. Or, cette structure joue un rôle clé dans la rétention des informations qui nous parviennent, avant de les stocker dans la mémoire à long terme. Du coup, avec un hippocampe qui se dégrade, les personnes en état de stress répété ont souvent du mal à retenir les choses qu’elles entendent ou qu’elles lisent. Elles ont donc beaucoup plus de difficultés pour s’en souvenir et se les rappeler au moment où elles en ont besoin.

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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