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    Fès/Parkings: C’est l’anarchie totale… en attendant la SDL

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5532 Le 11/06/2019 | Partager
    La Commune sans recettes depuis… plus d’un an
    Une perte sèche estimée à plus de 5 millions de DH
    L’Intérieur peine à valider le nouveau mode de gestion
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    Des gardiens de voitures, il y en a partout dans les quatre coins de la ville de Fès. Depuis 2018, ces derniers ne sont liés à la mairie par aucun contrat. Oui… ils travaillent pour leur compte engendrant ainsi une perte sèche estimée à 5 millions de DH (Les visages ont été modifiés) (Ph. YSA)

    ZERO recette dans la rubrique des parkings de la capitale spirituelle depuis plus d’un an. Pourtant, il y a bien des gardiens qui squattent les quatre coins de la ville. Où vont les recettes quotidiennes récupérées par ces individus? Personne ne sait. Pour certains observateurs, l’implication des autorités dans ce dossier est inévitable. Et ce, afin d’activer la validation du projet de la Société de développement local (SDL) en charge de la gestion du stationnement par l’Intérieur, et ensuite permettre à la ville de fructifier ses recettes et surtout lutter contre l’anarchie. Décryptage.

    ■ Quelques ajustements avant de trancher…
    Pour rappel, la Commune de Fès avait lancé, en juin 2018, un appel à candidature pour désigner une SDL chargée de la gestion et de l’exploitation du stationnement sur la voie publique et sur les parcs de stationnement. A travers cette opération, Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville, voulait identifier les candidats potentiels qui l’accompagneront dans «la rénovation de la gestion du stationnement», dans le respect de la loi organique relative aux communes. Et c’est à l’issue d’un «processus administratif ficelé» que la mairie a levé le voile, le 13 septembre 2018, sur son partenaire en charge de la gestion des parkings. Il s’agit du groupement KLB, constitué de sociétés Kiunsys et Liberologico d’Italie et Bigazzi de France. Dans un communiqué de presse, le Conseil communal notait que «l’aboutissement de ce processus reste lié à l’approbation de la convention par le ministère de l’Intérieur». Or, celui-ci peine à délibérer (y compris pour la future SDL en charge de l’éclairage public). En revanche, les responsables de la ville tempèrent. Selon eux, «ces deux dossiers sont finalisés à quelques ajustements près». 

    ■ Automobilistes… votre argent ne va pas dans les caisses de la Commune!
    «Depuis que le Conseil communal a décidé la création d’une Société de développement local (SDL) en charge de la gestion du stationnement, il n’a plus aucun lien avec quiconque», explique un haut responsable de la ville. Car, selon lui, «la mairie ne pouvait pas, à la fois, lancer un appel d’offres pour le choix d’un gestionnaire dans le cadre de la SDL et un autre appel d’offres pour le choix de locataires, c’est incompatible!». Rappelons que le Conseil communal avait approuvé dans sa session d’octobre 2016, conformément à la loi organique relative aux communes, la décision de création d’une SDL pour la gestion du stationnement dans la Commune de Fès. Ladite SDL devrait prendre en charge la gestion et l’exploitation du stationnement sur la voie publique ainsi que le financement, la conception, la construction, la gestion et l’exploitation des parcs de stationnement à la Commune de Fès. Mais voilà que plus de 8 mois après l’approbation, par la ville, de l’offre du groupement KLB, la SDL n’est toujours pas validée par le département de l’Intérieur. En outre, la ville ne fait plus de recettes dans la rubrique dédiée aux parkings. Autrement, les automobilistes ne seraient plus dans l’obligation de payer les «gardiens» travaillant pour leur compte. Car, finalement, l’argent ne va pas dans les caisses de la Commune. 

    ■ Ce que dit le cahier des charges
    La décision de création d’une SDL pour la gestion du stationnement s’est soldée par l’élaboration d’un cahier des charges, puis le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt. La date limite de dépôt des dossiers de candidature étant fixée au 29 juin 2018, la mairie avait reçu trois offres. «Deux répondaient aux conditions de consultation pour le dialogue compétitif», explique-t-on. Et d’ajouter: «La sélection du partenaire s’est faite selon la procédure du dialogue compétitif». Comme pour la SDL de l’éclairage public, l’objet de cette procédure est de permettre à la Commune de déterminer la ou les solutions, ainsi que les moyens techniques les mieux à même de répondre à ses besoins. Au final, l’offre du groupement KLB a été jugée la plus avantageuse. A noter que le groupement KLB se chargera de la gestion du stationnement pendant une durée de 25 ans, à compter de la date de signature du contrat. En outre, la mairie exige, à son partenaire, un montant de 6 millions de DH, qui sera encaissé annuellement. Selon les termes du contrat, «cette somme sera révisée chaque année sur la base des augmentations des prix des tickets et des espaces exploités par la société».

    ■ Investissement, réorganisation et actionnariat… les promesses
    Une réorganisation de la gestion du stationnement, un parking souterrain à la place de Florence et des aires de stationnement intelligentes… C’est en gros ce que promet la future SDL. Celle-ci devrait disposer de l’expertise du métier, tout en gardant le contrôle nécessaire pour la bonne réalisation du projet. Ainsi, les actionnaires de la nouvelle entreprise seront la Commune de Fès, à hauteur de 51% au minimum, et le groupement KLB, à hauteur de 49% au maximum. Une fois constituée, la SDL aura pour objet la gestion du stationnement dans le périmètre urbain de la ville de Fès. L’ambition du Conseil communal est de mettre en place un mode de gestion innovant et intelligent. Lequel permettra d’améliorer la qualité du service ainsi que les recettes générées par le secteur. Celles-ci sont estimées à près de 5 millions de DH par an. Grâce au nouveau mode de gestion, les recettes devraient atteindre, d’ici trois ans, 18 millions de DH par an. En attendant, la future SDL envisage la construction et l’exploitation d’un parking de deux étages en sous-sol sur la place Florence. D’une capacité d’environ 500 places, l’édifice nécessitera un investissement de 74 millions de DH. Pour aller vite, la société se chargera de toutes les études techniques et des documents administratifs nécessaires pour la réalisation de ce projet, dans une période ne devant pas dépasser 10 mois, à compter de la date de signature du contrat.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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