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    Politique

    Amazigh: La loi organique passe en plénière

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5531 Le 10/06/2019 | Partager
    Ce texte, très attendu, soumis au vote aujourd’hui
    Il a été approuvé par les députés en commission après des années de blocage
    Cette langue officielle sera écrite en tifinagh
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    Finalement, les députés se sont mis d’accord sur l’utilisation du tifinagh pour l’écriture de l’amazigh, comme cela a été déjà consacré par certains ministères et administrations (Ph Bziouat)

    Après plusieurs années de blocage, les députés sont arrivés enfin à un consensus autour des dispositions du projet de loi organique sur le caractère officiel de la langue amazigh. Ce texte a été approuvé par les membres de la Commission de la culture et de l’enseignement de la Chambre des représentants, lundi dernier. Il devra être soumis au vote en séance plénière, aujourd’hui lundi 10 juin.

    Globalement, les députés sont arrivés à résoudre certains points de blocage. En tête, la question de l’utilisation du tifinagh, pour l’écriture et la lecture du tamazigh. Cette option a été consacrée, après le débat qui avait eu lieu lors des précédentes réunions de la Commission de la culture, proposant le recours aux caractères latins ou arabes.

    Autre modification consacrée: l’intégration et la généralisation de l’enseignement de la langue amazigh, dans tous les cycles et sur tout le territoire national. Dans la version initiale, l’article 4 du projet de loi organique prévoyait son «intégration, de façon progressive, dans l’enseignement primaire», avant de passer à l’étape de la généralisation aux autres cycles, notamment le collège et le lycée.

    Parallèlement, les députés ont introduit l’acte de mariage dans la liste des documents administratifs, pouvant être délivrés en langue amazigh. L’article 21 a dressé la liste des documents officiels comportant des informations en arabe et en amazigh. Il s’agit de la carte d’identité nationale, du passeport, du permis de conduire, de la carte de séjour délivrée aux étrangers résidant au Maroc, ainsi que les différentes attestations délivrées par l’administration.

    Dans le domaine judiciaire, ce texte consacre le droit des justiciables amazighophones, d’utiliser cette langue durant les procédures d’investigation et de plaidoirie. L’Etat sera chargé de fournir le service d’interprétariat sans que cela n’engage de dépenses supplémentaires pour les justiciables.

    D’autres domaines seront concernés par l’intégration de cette langue officielle, après la finalisation de la procédure d’adoption du projet de loi organique et sa publication officielle. Le Parlement sera appelé à mobiliser un service d’interprétariat instantané, lors de ses travaux, afin de garantir l’utilisation de la langue amazigh. Des versions en amazigh des projets de loi et de décrets devront également être publiées, de façon progressive.

    Au niveau de l’espace public, l’amazigh devra figurer, au même titre que l’arabe, au niveau des façades des administrations, institutions publiques, instances constitutionnelles et conseils élus. Idem pour les panneaux de signalisation dans les boulevards, ainsi que dans les ports et aéroports.

    Les administrations publiques devront également se préparer à l’intégration des nouvelles dispositions imposant notamment l’utilisation de l’amazigh dans les messages sonores visant l’orientation des usagers. Elle sera également introduite dans les campagnes de communication et de sensibilisation de l’Etat, particulièrement via les médias audiovisuels.

    Le Conseil national des langues et de la culture marocaine (voir encadré), est appelé à mobiliser l’appui technique au profit des institutions et autorités publiques concernées par l’application de ce projet de loi, comme cela est prévu par l’article 33.

    Conseil national des langues

    Egalement en stand-by depuis des années, le projet de loi organique sur le Conseil des langues et de la culture marocaine a été finalement approuvé en commission à la Chambre des représentants. Il devra également être soumis au vote en séance plénière ce lundi. Cette instance sera chargée de la protection et du développement des langues arabe et amazighe, ainsi que des diverses expressions culturelles marocaines, qui constituent un patrimoine authentique et une source d’inspiration contemporaine, comme cela est prévu par la Constitution. Finalement, les députés ont pu aboutir à un consensus autour des points qui avaient suscité la polémique, dont la question de l’apprentissage et du perfectionnement des langues étrangères les plus répandues. Aujourd’hui, la mise en place de ce Conseil sera décisive, à un moment marqué par le débat autour de la question linguistique, notamment dans le domaine de l’éducation. Cette instance est chargée de «la garantie de la cohérence et de la complémentarité des politiques linguistiques».

    M.A.M.

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