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    Roman de l'été

    Episode 19 Jésus, une grande figure biblique du Coran: La résurrection et l’ascension de Jésus au ciel

    Par L'Economiste | Edition N°:5531 Le 10/06/2019 | Partager

    Il semble que les Évangélistes aient voulu dégager la responsabilité des Romains dans la mort de Jésus. Pour eux, ce sont les juifs qui l’ont tué. Matthieu, qui a écrit son Évangile à Damas, essaie de décrire un Pilate plus que réticent à la condamnation de Jésus. Il déclare aux prêtres: «Je ne suis pas responsable de ce sang; à vous de voir!», ceci en prenant de l’eau et en se lavant les mains devant la foule, et les juifs qui répondent: «Que son sang soit sur nous et sur nos enfants. » (Matthieu, xxvii, 1-28). Luc est encore plus explicite, il rapporte (Luc, xxiii, 13-15) cette réaction de Pilate: «Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple et voici que moi je l’ai interrogé devant vous et je n’ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l’accusez. Hérode, non plus d’ailleurs, puisqu’il l’a renvoyé devant nous. Vous le voyez, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort». Quoi qu’il en soit, la procédure racontée par les Évangiles dans le procès de Jésus est en violation complète avec la Loi juive. La Mishna est claire : le Sanhédrin ne siège pas la nuit, encore moins pendant la Pâque ou la veille du shabbat, et sans le cérémonial habituel. D’où l’hypothèse selon laquelle la première phase du procès s’est passée dans la clandestinité, et non dans le cadre d’une réunion plénière du Sanhédrin. En effet, ce dernier comprend soixante-dix sages et se réunit dans une grande salle du Temple, en plein jour. Le convoquer pour une réunion plénière, avant le début de la Pâque relève de l’impossible. De même, en prenant de l’eau et en se lavant les mains, dans un geste théâtral, Pilate n’a fait qu’accomplir un rite juif, celui-là même qui est prescrit par l’Ancien Testament (Deutéronome, XXI, 6) et en prononçant les mêmes paroles, en pareille circonstance: «Je lave mes mains en l’innocence.» (Psaumes, XXIV, 6). Ce qui constitue une aberration pour un Romain.
    Même la sanction pose problème car, d’après la Torah: «Qui blasphème le nom de Yahvé (Dieu) devra mourir, toute la communauté le lapidera» (Lévitique, XXIV, 16). La preuve est qu’Étienne sera lapidé par les juifs pour avoir déclaré que Jésus «est Fils de l’homme». En conséquence, Jésus devait être lapidé et non crucifié.

    La mise à mort de Jésus
    Les Évangélistes ne sont pas, tous, d’accord sur la date de la mort de Jésus. Les experts, dont James Tabor, situent la mise à mort de Jésus au 7 avril de l’an 30 ap. J.-C., année où la fête de la Pâque coïncide avec le jour du shabbat. Il est probable

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    que l’Évangile de Jean ait raison quand il affirme que le dernier repas de Jésus avec ses disciples a été organisé un soir avant la Pâque et non pas le jour de la Pâque, comme le rapportent les autres Évangiles. En effet, il est inconcevable que le procès de Jésus et son exécution se soient passés le jour de la grande fête juive. De même, exécuter trois condamnés juifs le jour de la plus grande fête de l’année aurait constitué une faute politique grave de la part de l’occupant romain.
    Quoi qu’il en soit, d’après les experts, la mise à mort a duré de neuf heures du matin jusqu’à trois heures de l’après-midi, et a commencé par la mise en croix de Jésus, lequel doit porter sa croix jusqu’au mont Golgotha «mont du crâne», à l’extérieur de Jérusalem. Durant tout le trajet, les coups de fouets pleuvent sur lui, à tel point que, à bout de force, on demande à un homme de porter la croix à sa place. Deux autres condamnés sont crucifiés avec lui. Lorsque la croix de Jésus est dressée, on y accroche une plaque où il est écrit: «Jésus de Nazareth. Le roi des juifs», et malgré les protestations des chefs religieux, Pilate refuse de changer la plaque en inscrivant : «Jésus, qui se dit roi des juifs)». Pilate déclare: «Ce qui est écrit reste écrit.» Sur la croix, Jésus lance ce cri de détresse: «Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (Matthieu, XXVII, 46). Il faut dire que Jésus subit le mode de punition le plus humiliant, car réservé, à l’époque, aux esclaves et aux voleurs à main armée.
    Au pied de la croix, il n’y a que Jean et, avec lui, des femmes dont Marie, mère de Jésus. L’agonie de Jésus est relativement de courte durée et pour vérifier qu’il est bien mort, un soldat romain lui transperce le cœur avec une lance. Les Évangiles rapportent qu’au moment du dernier souffle, le voile du Temple qui sépare l’autel du saint des saints se déchire violemment. En fait, les chefs religieux et les Romains veulent écourter la crucifixion de Jésus, car le shabbat approche et qu’il n’est pas convenable que son corps reste suspendu durant la fête de Pâque.
    Il faut remarquer que la crucifixion est un mode d’exécution très répandu dans l’Antiquité aussi bien chez les Perses que chez les Indiens, les Assyriens, les Romains et les Grecs. Il est cité dans l’Ancien Testament. Il est pratiqué, souvent, sur les places publiques, devant la foule pour que le châtiment serve d’exemple. L’historien juif Flavius Josèphe rapporte que, pendant la destruction du Temple de Jérusalem, en l’an 70 de notre ère, le nombre de crucifixions a atteint le chiffre effarant de cinq cents par jour, à tel point qu’on n’arrive plus à trouver du bois, car tous les arbres ont été abattus pour fournir les croix. Dans tous les cas, cette mort atroce a suscité des interrogations, même parmi les chrétiens. Quant aux juifs et aux païens, ils ont toujours refusé à Jésus une quelconque divinité, car comment un dieu ou fils de Dieu peut-il mourir et encore moins, mourir de la manière d’un esclave? C’est ce que Paul écrit : l’idée d’un Christ crucifié est tout simplement «scandale pour les juifs et folie pour les païens» (I Corinthiens, I, 23). Pourtant, comme nous allons le voir par la suite, c’est justement Paul qui a élevé Jésus au rang d’un être céleste.

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    La Cène (terme issu du latin cena : repas du soir) est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les Douze Apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa Crucifixion (appelée encore Passion par les chrétiens), et trois jours avant sa résurrection. Ici l’œuvre emblématique de Léonard de Vinci 460 × 880 cm, réalisée de 1495 à 1498 pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan (Crédit DR)

    Le tombeau de Jésus
    C’est un membre du Sanhédrin, qui s’appelle Joseph d’Arimathie, qui demande à Pilate l’autorisation de récupérer le corps de Jésus, sachant qu’il a toujours désapprouvé la décision des autres membres du Sanhédrin de tuer Jésus. Ayant obtenu l’autorisation de Pilate, il fait descendre, avec l’aide d’un autre membre du même Sanhédrin appelé Nicodème, Jésus de la Croix, le fait envelopper dans un linceul et le fait déposer, provisoirement, dans un tombeau creusé dans un roc. Des auteurs rapportent les mêmes faits mais avec quelques différences. Ils racontent que les deux hommes, n’ayant pas eu le temps de préparer le corps selon la tradition juive, se sont contentés de l’envelopper dans un linceul et de l’étendre sur une dalle de pierre puis ils roulent un rocher devant l’entrée. Il est rapporté que Marie, mère de Jésus, et Marie de Magdala ont suivi le corps de Jésus pour situer l’emplacement du tombeau. Sur le lieu supposé où a été déposée la dépouille de Jésus, a été construite l’église du Saint-Sépulcre, où se rendent, aujourd’hui, les chrétiens en pèlerinage. En 1968, sur un chantier près de Jérusalem, a été découvert un ossuaire. Il contient plusieurs urnes de pierre où, selon la coutume, les juifs déposent les os des défunts, un an après leur mort. Sur l’une d’elle, un nom, parfaitement lisible est gravé, celui de Yohânan. À l’intérieur de l’urne, se trouvent les restes d’un homme, dont la taille est de 1,65 mètre environ et dont l’âge est estimé à une trentaine d’années. L’os de son talon est transpercé d’un long clou. Les spécialistes pensent qu’il s’agit du tombeau de Jésus, dont les travaux de restauration ont commencé au mois de mai 2016. Les scientifiques ont retiré, le mercredi 26 octobre 2016, la plaque de marbre recouvrant la tombe. D’après Fredrik Hiebert, archéologue de la National Geographic Society, partenaire de ce projet: «Ce sera une longue analyse scientifique mais nous serons enfin en mesure de voir la surface d’origine sur laquelle, selon la Tradition, le corps du Christ a été déposé après sa crucifixion». Même après la mort de Jésus, les chefs religieux n’abandonnent pas. Ils se rendent chez le gouverneur et lui demandent que le tombeau soit surveillé par les soldats, au moins pour trois jours (Matthieu, XXVII, 65-66).

    La résurrection et l’ascension de Jésus au ciel
    Concernant d’abord la Résurrection, il faut noter que sa narration par les Évangiles est très courte: un seul chapitre dans les trois Évangiles, ceux de Matthieu, Marc et Luc et deux dans celui de Jean. En plus de leur brièveté, les narrations sont d’une

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    La Semaine Sainte commence le dimanche des Rameaux, inclut le jeudi Saint et le vendredi Saint. Elle s’achève avec la veillée pascale, pendant la nuit du samedi Saint au dimanche de Pâques. Elle est destinée à commémorer la Passion du Christ, dans beaucoup de villes de grandes processions ponctuent cette semaine (Crédit DR)

    extrême prudence. Il est vrai qu’ils sont amenés à raconter des faits surnaturels et il est normal qu’ils le fassent avec beaucoup de prudence. De quoi s’agit-il ? Dimanche matin, après le shabbat, des femmes se proposent de faire au défunt la toilette mortuaire d’usage. Il s’agit de Marie de Magdala, Marie mère de Jésus, Salomé et certainement bien d’autres femmes. Remarquons que pour Jean, seule Marie-Madeleine (Marie de Magdala) est allée au caveau.
    Arrivées au tombeau, elles découvrent que celui-ci est ouvert et qu’il est vide. La pierre qui le scelle est roulée et aucune présence des soldats. Elles racontent que deux anges se présentent à elles et leur disent: «Mais pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?» Elles se précipitent chez les disciples de Jésus pour leur raconter ce qu’elles ont vu et les informer que le corps de Jésus semble avoir été enlevé. Pierre et Jean se rendent au tombeau pour faire le même constat que les femmes.
    Marie de Magdala revient encore au tombeau et, en sortant, elle constate la présence d’un homme qu’elle pense être le jardinier. Elle lui demande si c’est lui qui a emporté le corps de Jésus. L’homme l’interpelle par son nom: c’est Jésus lui-même. Il lui dit d’annoncer la nouvelle de sa résurrection aux disciples, en leur donnant rendez-vous en Galilée.
    D’après l’Évangéliste Matthieu (XXVIII), les soldats qui surveillent le tombeau sont revenus en ville en racontant ce qu’ils ont vu. Les chefs religieux leur donnent une forte somme d’argent et leur demandent de dire qu’ils n’ont rien vu et que ce sont les disciples de Jésus qui ont volé le corps durant la nuit. Les soldats ont fait ce qu’on leur a demandé.
    Sur la route d’Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, deux disciples, qui ne font pas partie des douze apôtres, rencontrent un troisième homme. Celui-ci se joint à eux et, au moment où ils se mettent à table dans une auberge, l’homme prononce la bénédiction et rompt le pain. Ils découvrent qu’il s’agit de Jésus. En revenant à Jérusalem pour annoncer la nouvelle, les onze disciples leur disent: «Oui, Jésus est ressuscité, Pierre l’a vu». Se trouvant seul dans une maison, Jésus apparaît aux disciples sauf à Thomas qui est absent.
    Informé de l’événement, Thomas doute jusqu’à ce que Jésus lui apparaisse une semaine plus tard pour lui dire: «Mets ton doigt ici et regarde mes mains. Cesse donc de douter. Heureux ceux qui croient sans avoir vu!» La plupart des disciples se retrouvent, quelques temps après, en Galilée, sur le bord du lac de Tibériade. Ils décident d’aller à la pêche, de nuit. Au petit matin, ils reviennent bredouilles et trouvent, au bord, un homme. Celui-ci leur conseille de jeter les filets à droite de la barque. C’est ce qu’ils font et ils retirent leurs filets pleins de poissons. Jean reconnaît l’homme sur la rive: c’est Jésus.
    Jésus demeure quarante jours avec ses disciples. Pendant ce temps, il continue son enseignement, parle du Royaume de Dieu et donne ses instructions. Il leur annonce qu’il va partir bientôt et de façon définitive. Ses disciples le questionnent sur le Royaume de Dieu et sur le moment où il va revenir sur terre. Il leur répond : «Il ne vous appartient pas de savoir quand viendront ces temps; c’est le Père qui a fixé ce calendrier de sa propre autorité. Quant à vous, vous allez recevoir une force nouvelle quand l’Esprit saint descendra sur vous. Forts de cette force, vous irez annoncer le message reçu et vous serez mes témoins, jusqu’aux extrémités de la Terre».
    Sur ces paroles, et sous les yeux émerveillés des disciples, Jésus s’élève dans les airs et disparaît. Abasourdis par ce qu’ils viennent de voir, deux anges leur apparaissent et leur disent: «Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Ce Jésus qui vient de vous être enlevé, il reviendra de la même manière que vous l’avez vu partir».

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