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    La CGEM, opposant en chef à El Othmani

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5531 Le 10/06/2019 | Partager
    Les élus du patronat brossent un réquisitoire du bilan gouvernemental 2017-2019
    Les réformes ne se traduisent pas sur le vécu des entreprises
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    «Pour une meilleure incrémentation des stratégies sectorielles au plan régional, le gouvernement devrait créer des corridors industriels», propose Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM (Ph. Bziouat)

    La CGEM pointe les insuffisances du modèle de développement suivi jusqu’à présent. C’était lors de la discussion à la deuxième Chambre du Parlement du bilan du gouvernement au titre de la période avril 2017-avril 2019.

    Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire du patronat rappelle que le Maroc est bien remonté dans plusieurs classements: Doing Business (60e au lieu de 68 en 2017), Forum Davos sur la compétitivité (75e au lieu 77 en 2017)… Le rapport de ce dernier avait identifié cinq obstacles au développement: corruption, inefficacité de l’administration publique, accès au financement, fiscalité et inadéquation entre l’enseignement et le marché du travail.

    «Les avancées dans les ratings internationaux n’ont eu aucun impact sur l’investissement et de nombreux textes d’application n’ont toujours pas été publiés», constate le président du groupe CGEM. C’est tout le modèle de développement qui est à réinventer. Les élus de la CGEM à la Chambre des conseillers l’illustrent par quelques indicateurs.

    ■ Abandon scolaire
    Au niveau de l’enseignement primaire, plus de 38.700 élèves ont quitté l’école en 2017-2018. La situation est plus alarmante dans le cycle secondaire: 183.200 élèves (12%) ont abandonné leurs études. Dans l’enseignement supérieur, les chiffres ne sont pas meilleurs: 47% des étudiants jettent l’éponge sans décrocher aucun diplôme. «Les réformes enclenchées par le gouvernement n’ont pas permis de résorber l’abandon scolaire. Ce qui fait que l’école n’est donc plus un ascenseur social. Nous redoutons que le projet de loi 51-17 sur l’éducation, la formation et la recherche scientifique ne vienne saper la gratuité de l’enseignement car cela pourrait aggraver les chances de scolarisation des milieux défavorisés», prévient le président du groupe de la CGEM à la Chambre des conseillers.

    ■ Une croissance molle
    Au cours de ces huit dernières années, l’économie nationale n’a pas pu conserver son rythme de croissance enregistré depuis plusieurs décennies. En cause, la dépendance de l’économie par rapport au secteur agricole, lui-même étroitement dépendant des conditions climatiques. Ainsi, le taux de croissance n’a pas dépassé 4,5% en 2015 et 1,2% en 2016 en raison du recul de la valeur ajoutée agricole. Cette année, il ne devrait pas dépasser 2,9%. L’objectif d’un taux de croissance de 5,5% promis par le gouvernement apparaît «irréalisable».
    «L’examen du rythme de développement en dehors du secteur agricole indique que la croissance évolue à un rythme très faible: 1,8% en 2015, 2,2% en 2016 et 2,7% en 2017. Ce qui reste insuffisant», rappelle Abdelilah Hifdi. En cause, la dualité de l’économie nationale: d’un côté, un secteur moderne, caractérisé par une certaine dynamique, et de l’autre, l’informel, qui tarde à être restructuré.

    ■ Des investissements peu efficaces
    Le volume de l’investissement par rapport au PIB fait partie des plus élevés au niveau mondial. Depuis quatre ans, il oscille autour de 30% du PIB en moyenne (32,5% en 2019) pour une croissance entre 2% et 4%. Pourtant, avec 19% et 20,7%, la Turquie et la Malaisie arrivent à atteindre une croissance respective de 5% et 6%. Les limites du modèle de développement sont également matérialisées par l’indicateur ICOR (Incremental Capital Output Ratio), qui mesure le nombre d’unités nécessaires pour obtenir un point de croissance supplémentaire. Au Maroc, ce coefficient atteint 8,5%, soit la moitié du taux enregistré au niveau mondial. Ce qui suppose que l’investissement soit orienté vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée et qui ont un effet d’entraînement sur d’autres secteurs. Le challenge sera également de l’avis de la CGEM d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale en misant sur l’industrie et l’export.

    ■ Un contenu pauvre en emplois
     Abstraction faite des aspects conjoncturels, le faible niveau de création d’emplois revêt un caractère structurel, qui s’aggrave chaque année. Ainsi, entre 2003-2006, un point de croissance suffisait pour créer 38.000 nouveaux postes. Au fil des années, ce ratio a régressé pour atteindre 12.000 au cours de la période 2007-2011 et 8.000 à 10.000 entre 2012 et 2015. Là encore, il s’agit de l’inefficience du modèle de développement qui contribue moins qu’avant à l’insertion sociale, d’autant qu’une grande proportion des emplois créés ne nécessitent pas de grandes qualifications. En 2018, le taux de chômage a atteint officiellement 9,8% contre 10,2% en 2018. Mais ces chiffres cachent une réalité alarmante: 52% des 15-34 sont au chômage. 47,6% vivent en milieu urbain. 

    Des assises dédiées au commerce extérieur

    Les limites du modèle de développement se matérialisent également par le déficit commercial. Pour y remédier, la CGEM propose l’organisation d’assises dédiées au commerce extérieur. La proposition intervient à quelques mois après celle concernant l’informel, qui n’a d’ailleurs reçu aucune suite du gouvernement. «Notre commerce extérieur est caractérisé par un déficit structurel et la part des échanges commerciaux dans le PIB reste très limitée. Ce qui empêche les entreprises, particulièrement les PME, d’orienter leurs activités vers l’export. De plus, à l’exception de la Jordanie, tous les accords de libre-échange signés avec 56 pays sont déficitaires», a déclare Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire CGEM.

    Hassan EL ARIF

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