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    Economie

    Grève des étudiants de médecine: Amzazi évacue l’année blanche

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5528 Le 31/05/2019 | Partager
    Les examens seront bel et bien organisés dès le 10 juin
    L’ouverture du concours de résidanat aux médecins des facs privées n’est pas une urgence
    Une médiation des parlementaires est en cours

    Saaid Amzazi est catégorique: «L’année blanche est un slogan pour terroriser les citoyens. Notre responsabilité est de préparer la programmation des examens qui démarrent le 10 juin. Nous avons organisé des séances de rattrapage, mis à la disposition des étudiants des polycopiés des cours», a affirmé le ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur qui était accompagné de son collègue de la Santé, Annas Doukkali, lors d’une conférence de presse commune mercredi. A cette occasion, le ministre a proposé une nouvelle offre pour régler les deux revendications restées en suspens.

    La première porte sur l’ouverture du concours du résidanat aux étudiants des facultés privées. Les étudiants grévistes refusent l’intégration de leurs confrères du privé aux examens de résidanat organisés par les facultés publiques. Pour les convaincre de revoir leur position, Saaid Amzazi a fait valoir que la question ne présente aucune urgence.

    Et pour cause, la première promotion du secteur privé a encore deux ans d’études avant d’arriver au concours de résidanat, ouvert à tous les médecins, venant du public ou du privé. Il a profité de cette occasion pour les sensibiliser sur l’importance de la confraternité entre les médecins, qu’ils soient formés dans le public ou dans le privé. L’essentiel est d’offrir un service de qualité aux citoyens, dit-il.

    De son côté, le ministère de la Santé a promis d’augmenter le nombre de postes budgétaires pour les résidents et d’ouvrir un CHU dans chaque région. Annas Doukkali a rappelé le nombre croissant des postes budgétaires dédiés aux médecins résidents contractuels qui est passé de 197 en 2017 à 521 en 2018 et 700 en 2019.

    La seconde revendication en suspens a trait à l’ajout d’une 6e année dans les études de médecine dentaire, une mesure rejetée par les étudiants. Ainsi, durant cette année supplémentaire, les étudiants devront effectuer des stages de 6 mois dans des centres de consultation et de traitement dentaires et les autres 6 mois dans les cliniques privées ou les cabinets.

    Là encore, cette mesure ne présente aucune urgence puisque la première vague des étudiants des facs privées de médecine dentaire est encore dans la 4e année. Mais, officiellement, cette décision se justifie par l’alignement sur les modèles internationaux et éviter les obstacles rencontrés par les étudiants pour décrocher un stage dans les cabinets dentaires. Par ailleurs, les deux ministres rappellent que 90% des exigences des étudiants ont été satisfaites.

    L’enseignant, la pièce maîtresse

    Faut-il reprogrammer les examens pour une autre période? Saaid Amzazi reconnaît son incapacité à trancher cette affaire: «Je ne suis pas maître de la situation. Les seuls responsables habilités à discuter de ces questions sont les chefs d’établissements, en concertation avec leurs conseils».

    Selon lui, l’enseignant est la pièce maîtresse. Il s’est mobilisé pour élaborer des sujets et, à la dernière minute, l’administration l’informe du report des examens pour une autre période. «Ce n’est pas sérieux, il faut se concerter avec lui», martèle le ministre qui a été enseignant à la faculté des sciences de Rabat, avant d’en devenir le doyen et plus tard président de l’Université Mohammed V de Rabat.

    Au cours de la conférence, les critiques formulées par les ministres ont l’allure d’un réquisitoire contre les étudiants. Pour eux, l’absence d’interlocuteur capable de prendre les décisions plombe la gestion de ce dossier. «Aujourd’hui, il ne peut rien entériner, même pas le contenu de l’accord passé entre le ministère et les étudiants», dit l’un d’entre eux. Il donne l’exemple de 5 réunions entre les représentants des étudiants, les doyens et les directeurs, chapeautées par les deux ministres. A la suite de ces rencontres, un communiqué commun a été élaboré.

    Au final, «cela n’a servi à rien puisque les représentants des étudiants n’ont même pas annoncé l’offre proposée par les ministres lors de leur assemblée générale». Ils sont passés directement au vote pour ou contre la poursuite de la grève. Le ministère de tutelle a réagi par la publication du PV de la réunion, ce qui a déplu aux étudiants.

    En tout cas, malgré cet obstacle, Saaid Amzazi ne ferme pas toutes les portes. Il espère que la médiation que tentent des députés, dans le cadre des rencontres avec les groupes parlementaires, apportera ses fruits. «Nous restons ouverts jusqu’à la dernière minute pour trouver des solutions», a-t-il indiqué.

    Le privé pour combler le déficit

    L’ancien Premier ministre, Driss Jettou, avait lancé en 2007 le projet de former 3.300 médecins par an. Objectif: atteindre 35.000 médecin à l’horizon 2020. Des années après, nous sommes loin du compte: à peine 24.000 médecins d’ici 2020, soit un déficit de 11.000 toubibs. Pour Amzazi, les capacités d’accueil et des stages en sont les principales causes. Aujourd’hui, le ministre de la Santé a annoncé qu’à terme, chaque région aura sa faculté de médecine et son propre CHU. Ce qui augmentera la capacité d’accueil des étudiants et les possibilités de spécialisation dans les régions. Parallèlement, la réduction du déficit de formation des médecins pour que le ministère de la Santé puisse proposer un service public de qualité est une priorité.
    La création des facultés privées, dans le cadre d’un partenariat à but non lucratif, s’inscrit dans ce cadre. L’autorisation de ces établissements est accordée par le ministère de l’Enseignement supérieur, selon des conditions strictes. Il les oblige à disposer d’un établissement hospitalier sans lequel, ils n’auront pas le feu vert. C’est à ce prix que l’Etat reconnaît ces facultés privées pour qu’elles puissent délivrer un diplôme national équivalent à celui des facultés publiques, note le ministre de l’Enseignement supérieur.

    M.C.

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