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    Economie

    Pomme de terre: 2 millions de tonnes et l’import explose!

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5527 Le 30/05/2019 | Partager
    Faute d’industrialisation, frites, flocons et purées arrivent de l’extérieur
    Des petits producteurs doublent leur production
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    La conservation hors froid prédomine toujours. A l’instar de l’oignon, les pommes de terre sont couvertes de leurs propres plantes et aspergées de pesticides. C’est dire le danger sanitaire pour le consommateur (Ph. Jarfi)

    Hausse de production, recul de rentabilité. Le cas de la pomme de terre est édifiant à cet égard. Après les pics de 120.000 tonnes à l’export, enregistrés début des années 1990, les ventes à l’extérieur peinent à dépasser la barre de 10.000 tonnes actuellement.

    Sur la trentaine d’exportateurs qui y opéraient il y a 3 décennies, seuls 3 à 4 continuent de desservir les marchés extérieurs. Selon une source professionnelle, les opérations ne sont réalisées que pour compenser une partie des importations des semences en admission temporaire. Pour réduire  ainsi le coût des droits de douane. L’augmentation des superficies cultivées en pommes de terre (PDT) implique l’importation de volumes de plus en plus importants.

    En revanche, l’export ne suit pas la même tendance. Certains expliquent la situation  par la baisse de rentabilité de la PDT par rapport à d’autres produits: tomate, poivron, haricot vert, piment… Alors que d’autres attribuent le déclin au déficit de certification et à l’absence de diversification variétale à l’export. En effet, la certification constitue le sésame pour pénétrer la distribution moderne.

    Or, les exportateurs s’approvisionnent auprès d’une multitude de petits producteurs dont  la moyenne des superficies est en dessous de 1,5 ha. Il y a aussi la prédominance à hauteur de 90% de la variété Nicola. Sans oublier le vrac. L’export se réalise pour l’essentiel dans des conteneurs en bois de 1,2 tonne (big bag). Ce qui nécessite le reconditionnement sur le marché d’importation en emballage consommateur de 1, 2 et 3 kg ou plus.

    Pourtant, la culture de la pomme de terre a beaucoup évolué les dernières décennies. Il y a lieu de citer l’introduction de variétés performantes: Nicola et Spunta (à chair blanche), Désirée (à chair rouge) et autres (Timate, Roseval, Diamant...). De même, le catalogue officiel de l’Institut de recherche agronomique (INRA) recense une cinquantaine de variétés adaptées aux conditions physico-édaphiques du pays. 

    Des progrès ont été réalisés quant à la maîtrise des techniques de production. A tel point que la production frôle actuellement les 2 millions de tonnes. La PDT est devenue ainsi la 2e sole maraîchère après la betterave à sucre. Par ailleurs, la tubercule est la plus consommée par les Marocains: 40 kg par personne et par an.

    Dans la région de Larache où des programmes d’irrigation au goutte-à-goutte ont été réalisés, les rendements à l’hectare dépassent les 80 tonnes. Avec à la clé deux cultures par an. Loin vers le sud, il a suffi de l’accompagnement de l’OCP en termes d’analyses du sol et d’apports d’engrais appropriés pour que des petits maraîchers doublent leur production (voir encadré ci-dessous).

    Seulement, l’élan risque d’être estompé par le niveau des prix obtenus par le producteur par rapport aux coûts de production. D’où la nécessité de trouver des solutions à l’export. Pour le moment, des tentatives ont visé des pays africains avec des volumes conditionnés. En 2018, environ 4.000 tonnes ont été exportées à partir de la région de Berkane. 

    Mais dans l’ensemble, la valorisation et la logistique font cruellement défaut. Les techniques de  conservation restent archaïques pour l’essentiel de la production avec le recours massif aux pesticides. Le froid est trop coûteux pour ce produit de grande consommation. Il faut compter en moyenne 0,9 DH/kg dans la région de Larache et pas moins de 0,5 DH à Casablanca.

    Par ailleurs, la pomme de terre marocaine demeure toujours boudée par le 1er restaurateur de fast-food. Il préfère s’approvisionner pour ses frites auprès des producteurs égyptiens et européens. Cependant, un grand pas est en passe d’être franchi en ce qui concerne l’irrigation économe et la mécanisation de la récolte.

    Pour la pomme de terre, comme pour de nombreuses cultures, le coût et la rareté  de la main-d’œuvre en période de forte demande pèsent de plus en plus sur la rentabilité des exploitations. Cette situation justifie l’effort d’investissement dans la  mécanisation des principales opérations culturales et de la préparation du sol jusqu’à la récolte. En effet, la mécanisation permet d’améliorer la productivité et la qualité et donc le revenu des agriculteurs.

    Dans les exploitations traditionnelles, la cueillette mobilise une main-d’œuvre abondante pour les opérations d’arrachage et de ramassage. De plus, les outils utilisés occasionnent beaucoup de dégâts sur les tubercules. La mécanisation de la récolte permet un gain de temps et une réduction considérable de la main-d’œuvre et une hausse des rendements  puisque très peu de tubercules échappent à la machine. L’arrachage mécanisé des tubercules peut se faire par des arracheuses simples ou par des machines combinées, réglables qui peuvent aussi être automotrices.

    La pomme de terre est une plante exigeante en eau. Les racines peuvent se développer jusqu’à une profondeur de 50 cm dans le sol, c’est un niveau équivalent pour la laitue et l’oignon. Ces racines sont nombreuses, mais la plupart d’entre elles (80%) se situent dans la zone 0-30 cm de la surface du sol. Les besoins en eau vont principalement avec les conditions climatiques, la nature du sol, la densité de plants, les pratiques culturales.

    Le Maroc importateur net de frites

    Faute d’industrie de transformation, le Maroc importe des frites prédécoupées et calibrées de l’UE et d’Egypte. Au total, 10.000 tonnes sont ainsi importées dans le cadre des accords de libre-échange. Il en est de même de la pomme de terre en flocons et en poudre pour la fabrication de la mortadelle.
    Les restaurateurs et à leur tête le leader du fast-food préfèrent les frites surgelées prêtes à l’emploi. Même si les prix sont élevés, ils se retrouvent sur les gains résultant du coût de la main-d’œuvre: épluchage, découpage.

    L’impact du soutien de l’OCP

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    En une année, des petits producteurs de la région de Safi ont pratiquement doublé leur production. Le témoignage est fourni sur place par Mustapha Salem, président de la coopérative Rouahla qui regroupe 44 adhérents totalisant 50 ha. Selon lui, la production à l’hectare s’établit cette année à 50 tonnes contre 25 avant l’accompagnement de l’OCP. Le soutien s’est traduit par les analyses des sols et l’apport de fertilisants adaptés. Le tout a été fourni gracieusement par le groupe, assorti du suivi de l’itinéraire technique par les ingénieurs agronomiques de l’OCP.

    2.000 plateformes programmées

    L'opération récolte mécanisée des pommes de terre s’insère dans le cadre du programme «Al moutmir li khadamat al qorb». Il est basé  sur les services de vulgarisation en matière de recherche scientifique et d’innovation au profit de l’agriculteur. Il comprend notamment deux laboratoires itinérants d’analyse de sols et des plateformes de démonstration. Pour l’actuelle campagne, il est prévu d’organiser 2.000 plateformes à travers le pays. Le plan porte également sur des sessions de formation.
    Porté par une équipe d’ingénieurs agronomes, le dispositif a d’ores et déjà été  déployé dans plusieurs provinces. Chaque ingénieur agronome est en charge, dans le cadre du développement commercial de l’OCP, de la promotion d’une fertilisation raisonnée selon un itinéraire technique. Au total, plus de 40 agronomes sont mobilisés de manière permanente, assurant au quotidien des formations aux agriculteurs.  
    L’offre OCP comprend aussi une large gamme de services et d’outils intégrant des unités de production innovantes (Smart Blenders), des applications mobiles, un centre d’appel, des capteurs et des objets connectés permettant de recueillir et d’analyser les données. Véritable accélérateur de développement, le digital est positionné au cœur de ce dispositif. Il permet ainsi de faciliter l’acheminement du savoir scientifique vers le fellah et d’encourager le partage avec l’écosystème agricole.

    A.G.

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