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    Tribune

    Droits des femmes: qui décide vraiment?

    Par Fawzia Talout Meknassi | Edition N°:5526 Le 29/05/2019 | Partager

    Militante pour les droits économiques des femmes, Fawzia Talout Meknassi est actuellement directrice associée de l’agence Presma Com et directrice de publication de la revue digitale magfarah.com. Elle préside le Réseau des femmes artisanes du Maroc. Elle s’est entre autres occupée des relations publiques de la visite officielle de Hillary Clinton. Elle a co-écrit, avec le Pr. Abdelhak El Merini, un livre d’histoire, «Les femmes marocaines, de l’indépendance à nos jours», ouvrage qu’elle a présenté à feu Hassan II. On sait peu qu’elle a été nominée pour un prix Nobel de la paix dans le cadre d’un mouvement «1.000 femmes pour la paix». La revue Marie Claire l’a choisie pour figurer avec les «100 femmes qui font avancer le monde-1995» (Ph. FTM)

    Un article de 2017, parfaitement écrit, a piqué mon attention. Il relate tous les bienfaits que le gouvernement américain a généreusement fournis aux pauvres femmes martyrisées de l’Afghanistan (voir encadré).

    Et la journaliste d’ajouter: «Les féministes afghanes ne peuvent empêcher ou retarder ce qui est probablement inévitable - le retrait attendu des Etats-Unis. Il est temps d’agir seules pour elles-mêmes.»

    Je reste perplexe: la journaliste veut-elle dire que les femmes afghanes souhaitent que leur pays demeure occupé par l’armée américaine? Pour avoir plus de droits, elles choisiraient l’occupation de leur pays? Elle parle même de la déclaration de Moscou, comme quoi la politique est faite de sentiers imprévus, comme plateforme prédéfinie avec les Talibans pour les droits des femmes. Elle va encore plus dans son argument en relatant la frustration de femmes afghanes face aux pourparlers de paix: Les droits des femmes seront définis comme une affaire intra-afghane. Elles estiment que les droits des femmes devraient être imposés par les Etats-Unis.

    Arguments ambigus

    Je ne sais pas si cet article aux arguments ambigus justifie une guerre qui a duré dix-sept ans, fait 2.500 Américains morts et un nombre indéfini d’Afghans et 126 milliards de dollars de dépenses. Pour quel résultat? Un pays entièrement détruit et des Talibans toujours en place. 

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    Ancienne membre du Parlement afghan, Fawzia Koofi est présidente de la commission des femmes, de la société civile et des droits humains.  «Une des revendications urgentes et déterminantes est celle des droits économiques et sociaux  pour les femmes des couches défavorisées» (Ph. AFP)

    Il est clair que cet article est totalement favorable aux Etats-Unis. Il veut montrer tout le bien que ce pays fait aux autres pays pauvres, y compris par la voix de la guerre. Il y a de nombreuses années que j’ai compris que souvent les Etats-Unis

    choisissaient les femmes comme porte d’entrée lorsqu’ils souhaitaient investir un pays musulman. Au temps de la 1re Dame Hillary Clinton, j’avais quitté le PRB parce que les femmes afghanes y sont présentées sans volonté, totalement soumises au diktat pachtoun.

    Le plus important maintenant, la solution urgente est le droit économique. A mon sens, en parallèle à ce travail, une des urgentes et déterminantes revendications est celle des droits économiques et sociaux  pour les femmes des couches défavorisées. Le droit ne peut être à deux vitesses. Il s’applique et a des incidences sur toute la société toutes couches confondues.

    Nous serions ravies d’ouvrir un débat avec Cheryl Bernard et même de la recevoir dans nos contrées. Depuis 1980, les USA ont attaqué d’une manière directe ou indirecte 18 pays musulmans. Il est clair que toutes ces guerres ont fait des dégâts  énormes non seulement humains, matériels et financiers, mais surtout des incidences d’incompréhension mutuelle. 

    Le temps de la sagesse est venu, le temps pour laisser de côté toutes ces préjugés.

    Les Afghanes ne sont pas différentes des autres femmes. Ce sont quelques Américaines, malheureusement, les plus visibles parmi elles, qui à force de matraquage et d’agenda divers se voilent la face pour justifier l’injustifiable.

    Merveilleux chantiers

    La journaliste explique comment les Etats-Unis ont, durant deux décennies, investi des milliards de dollars dans l’amélioration de la situation des femmes afghanes.
    Comment  a été  supervisée l’élaboration d’une Constitution qui énonçait leurs droits et leur garantissait une présence significative, par le biais de quotas, au Parlement de leur pays. Le gouvernement américain a construit  des écoles, fourni des bourses d’études et financé des dortoirs pour que les filles des zones rurales puissent aller à l’université dans les villes.
    Les innombrables programmes de formation lancés pour préparer les femmes afghanes à des postes de direction, avec des consultants qui leur ont appris à exprimer leurs points de vue, à parler efficacement, à concevoir des programmes et des plateformes politiques, à se porter candidat, à assurer, comment « réseauter », comment créer leur propre entreprise.
    Merveilleux chantier de la part d’un généreux donateur!

                                                                              

     Les «invisibilisées»

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    Partout dans le monde arabo-musulman, des femmes se battent pour leurs droits. Les plus réalistes revendiquent les droits octroyés par l’Islam.

    Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous ne les avons pas encore, et ce, encore une fois, grâce à l’Oncle Sam qui a favorisé la montée de l’islam wahhabite pour contrecarrer l’influence de Khomayni et maintenant de l’Iran.

    Un mouvement féministe musulman existe depuis les années 1980.

    Non islamiste (terme péjoratif que je rejette), il est mené par des femmes magnifiques qui refont une lecture de fond en théologie et sur la question de la relecture des Textes.

    De ces femmes toujours «invisibilisées» (comme dit Asmaa Lamrabet) par le patriarcat universel, nous pouvons citer:  Aïcha Abderrahman, Fatema Mernissi, Asma Barlas, Amina Wadud, Omaima Abou-Bakr, Rifaat Hassan, Ziba Mir Hosseyni, Leila Bakhtyar, Asmaa Sharfuddin, Nayla Tabbara, Asmaa Lamrabet et tant d’autres...

    Toutes ces femmes revendiquent les droits tels qu’ils sont établis dans le Coran avec une lecture plus ouverte.

     

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