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    Enquête L’Economiste-Sunergia: «La musique est au cœur de l’acte social»

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5521 Le 22/05/2019 | Partager
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    «Les instruments de musique ne sont pas de simples moyens pour produire des sons. Ils ont un timbre et une histoire», selon le musicologue Ahmed Aydoun (Ph. RFI/L. Aloir)

    Ahmed Aydoun est musicologue, compositeur, docteur en économie culturelle... A 67 ans, cet ex-fonctionnaire du ministère de la Culture -où il a occupé le poste de chef de division musique et arts chorégraphiques- a écrit aussi un essai sur le patrimoine musical national. Ahmed Aydoun a également participé à la conception de Génération Mawazine. Dans cet entretien, ce musicologue revient en profondeur sur la relation fusionnelle qui lie les Marocains à la musique.    

    - L’Economiste: Selon le sondage L’Economiste Sunergia, 65% des personnes interrogées pensent que «la musique est un élément important dans leur vie». Est-ce que cela vous surprend?
    - Ahmed Aydoun:
    Cela ne me surprend pas, j’ai plutôt tendance à croire que ce pourcentage est en-deçà de la réalité. La raison en est qu’il est rare de trouver des Marocains qui n’ont aucun rapport à la musique, hormis une minorité de gens convaincus de son caractère illicite. Toutefois, de l’audition occasionnelle à l’addiction totale, nous avons une multitude de niveaux de rapport au fait musical.

     - Quelle est la nature du rapport qu’entretiennent les Marocains avec la musique?
    - La musique peut remplir plusieurs fonctions: elle est au cœur de l’acte social, comme c’est le cas par exemple du folklore régional ou dans les chants qui accompagnent les rites de passage. Elle est aussi un divertissement de toutes les saisons, mais également intégrée dans tous les moyens de communication. Il faut aussi prendre en compte l’effet des générations: si les jeunes citadins sont en rapport avec tout ce que l’industrie musicale mondialisée met à leur disposition, une partie des adultes et des personnes âgées et nostalgiques reste fidèle à des répertoires supposés de «la belle époque».

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    «Musiques du Maroc» est un essai d’Ahmed Aydoun. Il contribue à une meilleure compréhension du paysage musical marocain. Notre patrimoine musical résulte «d’une position géographique privilégiée et d’un brassage historique, greffant sur le substrat berbère le modalisme arabe, le raffinement andalou, la rythmique saharienne et subsaharienne, ainsi que des survivances rituelles africaines et méditerranéennes», écrit l’auteur

    - Vers quel sens ont évolué les goûts et le mode de consommation de la musique au sein de notre société?
    - Les goûts obéissent aux changements de générations et aux mutations esthétiques. Toutefois, à défaut de mesurer ces changements à partir des tendances d’écoute, il est possible, sans grand risque d’erreur, de remarquer les changements à partir de l’offre musicale produite par les médias et les événements musicaux organisés sur tout le territoire. Les styles de musique qui drainent le maximum de public se retrouvent paradoxalement dans deux directions opposées: d’un côté, le chaâbi continue d’avoir la cote et, d’un autre, les musiques dites de «la nouvelle scène» occupent de plus en plus d’espace, portées par l’engouement juvénile.   

    - «L’instrument de musique est un réceptacle de mémoire», selon vous (cf. L’Economiste n°5308 du 5 juillet 2018). Jusqu’à quel degré est-ce possible de préserver certains instruments d’extinction? Surtout après l’émergence de la musique dite électronique.  
    - L’histoire de la musique n’est pas linéaire, elle peut opérer pas des retours périodiques, des rétrospectives. La rupture entre l’ancien et le nouveau intervient dans le court terme, poussée par une double logique: le besoin d’expression de l’artiste et la tendance productiviste de l’industrie musicale.
    Les instruments de musique ne sont pas de simples moyens pour produire des sons. Ils ont un timbre et une histoire. Avec le besoin de porter le son à un public de plus en plus nombreux dans les spectacles vivants, les anciens instruments ne pouvaient rivaliser avec d’autres amplifiés et même hyper-amplifiés.
    L’acoustique permet cependant de mettre en valeur les instruments traditionnels en réalisant l’équilibre entre le renforcement de la sonorité et la préservation du timbre. Leur disparition n’est plus inéluctable. 

    Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI

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