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    Enquête L’Economiste-Sunergia: Les femmes plus mélomanes que les hommes...! Vraiment?

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5521 Le 22/05/2019 | Partager
    «La musique est un élément important dans leur vie»
    Un besoin biologique qui fait fi du temps et du sexe
    De l’artisanat à la moisson, chanter tisse des liens
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    Pourquoi la musique a, depuis la nuit des temps, une place si centrale dans notre existence? Elle est l’un des dons de l’humanité les plus mystérieux, comme dirait Charles Darwin (Ph. F. Al Nasser)

    «Sans musique, la vie serait une erreur», selon le philosophe Friedrich Nietzsche. Les résultats de l’enquête L’Economiste-Sunergia Market insights confirment quelque part cette vision. Sur environ les 1.000 personnes interrogées, 65% des Marocains sont d’accord ou plutôt d’accord avec le fait que «la musique est un élément important dans leur vie». Musicien et artisan d’instruments traditionnels à Essaouira, Imad-Eddine Dably n’en doute pas.

    «La musique est présente dans notre vie de tous les jours. Elle rythme le travail artisanal comme chez les tisseuses de tapis (au Moyen Atlas), les cérémonies spirituelles, les fêtes de mariage et les moissons en été», commente notre interlocuteur qui a participé, durant l’édition 2018 du festival d’Essaouira Musique du monde, à une rencontre sur les instruments d’Afrique menacés d’extinction (cf. L’Economiste n°5308 du 5 juillet 2018).

    Par ailleurs, ce sondage ne précise pas par exemple les goûts musicaux les plus affirmés des personnes enquêtées: melhoun, chaâbi, latino, jazz, rock, musiques du monde, classique...

    L’essentiel est que le chant, le rythme et l’harmonie sont indispensables au quotidien d’une vie. Les femmes sont visiblement plus enclines à le penser par rapport aux hommes, selon l’enquête L’Economiste-Sunergia. Comment l’expliquer? Khalid Belhaiba s’en étonne un peu.

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    Les classes socioprofessionnelles A et B déclarent majoritairement que la musique est un élément important dans leur vie

    Il appartient à une famille de maître-luthier qui est à sa 3e génération: «Depuis les années 1930, la majorité de nos clients étaient des hommes. A l’époque, les chanteurs-compositeurs étaient principalement masculins. Mais depuis au moins une décennie, de plus en plus de femmes viennent dans nos ateliers».

    Selon notre artisan, la gent féminine semble avoir conquis sa place dans les conservatoires de musique. Dans son atelier à Dar Bouazza aux environs de Casablanca, Khalid Belhaiba a  mis au point, depuis une vingtaine d’années, un luth destiné aux femmes. «Son format épouse les spécificités anatomiques de la femme. L’instrument est simple à manier parce qu’il a une caisse de résonance relativement moins volumineuse. Mais il garde les mêmes caractéristiques techniques qu’un luth normal», explique le maître-luthier Khalid Belhaiba.

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     Les urbains plus que les ruraux donnent une importance à la musique dans leur vie. Par âge, ce sont les 45 ans et plus qui se démarquent. Par région, le centre (El Jadida-Casablanca-Rabat-Kénitra) arrive légèrement en tête par rapport aux régions du sud et du nord-est

    Et qui rappelle que, au-delà de la reconquête des espaces artistiques, la voix des femmes est bien ancrée dans l’imaginaire collectif: «Elles chantent en cuisine (pour s’égayer ou atténuer leur routine), chantent des berceuses pour leurs enfants».

    Dans les lilas des gnaoua, les hommes jouent de leurs instruments, mais ce sont les femmes qui sont en transe. «Et surtout, ce sont elles qui demandent à organiser ce genre de cérémonie où le rythme se mêle au spirituel», précise l’instrumentiste Imad-Eddine Dably.  

    Mais pourquoi la musique a, depuis la nuit des temps, une place si centrale dans l’existence?
    Elle est l'un des dons de l'humanité les plus mystérieux, comme dirait Charles Darwin.

    Plus près de chez nous, le musicologue Ahmed Aydoun évoque tout simplement «un besoin biologique» qui se moque de l’âge. Et pour cause, l’auteur de «Musiques du Maroc» n’adhère pas à l’une des conclusions de l’enquête L’Economiste-Sunergia selon laquelle «les personnes âgées de 45 ans et plus» donnent plus d’importance à la musique dans leur vie. «Nous ne pouvons pas bâtir une théorie à partir de la diversité des offres musicales. Chacun écoute la musique qui lui convient et selon un mode de consommation qui lui correspond (Vinyle, Cd, numérique...)», estime Ahmed Aydoun, auteur en 2012 d’une thèse en économie sur les industries culturelles au Maroc.

    Fiche technique

    L’enquête L’Economiste-Sunergia Etudes fait partie de My Market Insights de Sunergia. Elle a été réalisée par téléphone du 18 février au 7 mars 2019*. Ce sondage aborde plusieurs thématiques: marques marocaines, consommation viande, l’assurance est-elle halal?,  logo d’entreprise, l’importance de la musique dans la vie d’une personne...
    L’échantillon de base compte 8.404 personnes. Au final, environ 1.000 appels ont abouti à des réponses. Ce qui représente 12% de l’échantillon contre 13% de refus, 3% d’abandon et 72% de personnes injoignables. Le profil des sondés a été établi conformément à la structure de la population marocaine recensée en 2014 par le Haut commissariat au plan (HCP). Les sondés sont à 49% des hommes et à 51% des femmes. Par ailleurs, 78% des personnes interrogées sont des citadins et 21% des ruraux. Toutes les grandes régions sont pratiquement représentées: nord-est (30%), centre (41%) et sud (29%). En termes de tranches d’âge, les 15-34 ans représentent environ la moitié de l’échantillon contre 34 pour les 35-54 ans et 19% ont 55 ans et plus. Le tiers des répondants déclarent avoir effectué des études supérieures.

    Faiçal FAQUIHI 

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    *Appels téléphoniques aléatoires sur système CATI

     

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