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    Lectures du Ramadan

    Jésus, une grande figure biblique du Coran/Episode 5: Les fondements de la Loi juive

    Par L'Economiste | Edition N°:5517 Le 16/05/2019 | Partager
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    L’arrivée des Romains

    À l’époque, les Romains dominent un vaste empire autour de la Méditerranée, divisé en plusieurs provinces. En 63 avant J-C., les armées romaines conquièrent la Galilée, balayant le royaume juif. Cette conquête de la Terre d’Israël, par les armées conduites par le général Pompée, s’est faite dans des conditions brutales. Après trois mois de siège implacable, les troupes romaines, profitant du repos sabbatique, s’emparent de Jérusalem en assassinant plus de douze mille juifs. Pompée s’est même permis de rentrer le jour du Kippour, avec ses lieutenants, dans le Temple et même dans le saint des saints auquel seul le grand prêtre a accès, le jour de Yom-Kippour. Les historiens sont d’accord pour dire que, au début, l’occupation des Romains a été caractérisée par une certaine tolérance, en ce sens qu’ils ont accepté les pratiques locales, notamment celles en relation avec la religion, dès lors qu’ils profitent pleinement des richesses des habitants, en particulier par le biais des impôts. Les affaires qui concernent la communauté juive, notamment religieuse, sont du ressort du Sanhédrin. Le gouverneur, nommé par les Romains, s’occupe des affaires militaires, organise la fiscalité, et, en matière de justice, il n’intervient que si la sentence pénale est susceptible d’entraîner la mort. Dans un premier temps, entre 63 et 40 av. J.-C., les Romains laissent en place les Hasmonéens mais en les rattachant à la province romaine de Syrie. Ces derniers, véritables rois prêtres, gouvernent avec beaucoup d’autorité. Les Romains nomment, alors, Hérode gouverneur de la Galilée, qui sera, par la suite, désigné par le sénat romain «roi de Judée». Pour se donner une légitimité, il épouse Marianne, descendante des Hasmonéens et lance un chantier gigantesque de rénovation du Temple de Jérusalem. Hérode partage son royaume en trois parties, dans la perspective que ses trois enfants en héritent, et c’est dans ces trois pays que Jésus va évoluer, il s’agit de la Galilée (Jordanie actuelle), l’autre côté du Jourdain et la Samarie. À la mort d’Hérode et de ses trois enfants, les préfets romains se succèdent et le plus connu d’entre eux est sans doute Ponce Pilate qui gouverne la Palestine entre 26 et 37 ap. J.-C. C’est un homme assez violent qui, par ses nombreuses actions, a provoqué la colère des juifs: effigie de César à Jérusalem, confiscation de l’argent du Temple, assassinat d’opposants juifs, instauration au profit des Romains d’impôts et taxes en proportion avec le nombre d’habitants, d’où le recensement de la population. Les frictions des juifs avec l’occupant romain se multiplient, en relation d’ailleurs avec les difficultés économiques, la répression brutale et le développement de la corruption. Tout ceci débouche sur une véritable révolte générale qui éclate en 66 ap. J.-C. et qui aboutit en 70 ap. J.-C. à l’incendie et la destruction du Temple de Jérusalem. Une seconde insurrection éclate de 132 à 135 ap. J.-C. pour deux raisons: la circoncision qui devient illégale et le fait que Jérusalem est rebâtie pour devenir une ville de garnison romaine avec la construction d’un nouveau sanctuaire en l’honneur du dieu Jupiter. Ce qui est certain, c’est que Jésus a été formé à la religion de son peuple de l’époque qui est le judaïsme. D’où l’importance de l’environnement religieux dans lequel il est né et a vécu.

    Le contexte religieux

    Ce contexte est marqué par le respect des fondements de la Loi juive que sont la Loi hébraïque et le Temple de Jérusalem, mais également par l’existence de nombreux courants du judaïsme où le religieux et le politique sont souvent imbriqués.
    Il est important de comprendre que Jésus a été juif à sa naissance et même pendant toute sa vie. Après sa mort, le christianisme a été considéré, pendant un certain temps, comme une forme de judaïsme. Donc, il est primordial de comprendre le judaïsme au temps de Jésus. Par ailleurs, le peuple issu d’Abraham possède le pays de Canaan. C’est l’une des plus anciennes promesses de Dieu et ce pays inclut et dépasse l’ensemble territorial que constituent aujourd’hui l’État d’Israël et les territoires palestiniens. À la naissance de Jésus, ce territoire n’appartient plus véritablement aux juifs mais aux Romains. Mais que ce soit pour les juifs qui vivent sur ce territoire comme pour ceux qui vivent en dehors, c’est-à-dire la Diaspora, la terre d’Israël constitue le point d’ancrage de la foi juive.
    - La Loi: C’est la Loi donnée par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. La Loi ou Torah comprend aussi bien l’ensemble des commandements que le groupe des livres où ces commandements sont consignés. Il s’agit du Pentateuque, ou la Torah écrite, qui signifie en grec «cinq rouleaux». Dans ces livres dont les titres français sont la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, on peut lire l’histoire d’Abraham à Moïse. Ils servent de fondement à trois convictions: le monothéisme (Il n’existe qu’un seul Dieu), l’Élection (Israël est le peuple élu par Dieu), l’Alliance (Dieu a fait alliance avec Israël). S’ajoute à la Torah écrite la Torah orale (Talmud, Mishna, etc.), constituée des enseignements et des commentaires de la Torah écrite, transmise par les maîtres à leurs élèves, au fil des générations. Le principe est que la Torah, étant la parole de Dieu, a nécessité, dès l’origine, une interprétation, pour qu’elle ne soit pas périmée. C’est la Loi orale ou Kabbale (du verbe hébreu «qibbel» qui veut dire «recevoir») qui donne une lecture des textes permettant de découvrir leur aspect ésotérique et caché, en vue d’accéder à une réalité supérieure. La Loi régit la vie collective et religieuse du peuple juif ainsi que ses fêtes et ses rituels: le

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    shabbat, la prière quotidienne, les règles alimentaires, les préceptes de morale et de vie en société, la conversion, etc. Pour les juifs, la Loi est revêtue d’une autorité absolue car, à travers elle, c’est Dieu qui s’exprime et toute parole divine est un ordre. Elle prend sa source dans la Torah et les six cent treize commandements divins. Appelée la «Halakha » (en hébreu «manière de marche»). Elle forme le guide officiel de la vie religieuse et civile du judaïsme dans la mesure où, décrétée par les autorités rabbiniques, elle constitue la référence à suivre pour tout juif orthodoxe. Cette Loi sera au cœur de plusieurs débats entre Jésus et les théologiens juifs de son temps. Par ailleurs, de la Loi, découle toute une série de pratiques que tout juif doit observer. Certaines de ces pratiques, dont la circoncision et l’alimentation, prendront un intérêt particulier, dans le processus de la naissance du christianisme, après la mort de Jésus, comme nous aurons l’occasion de le voir. C’est la raison pour laquelle on propose une comparaison de ces pratiques avec celles des deux autres religions monothéistes, le christianisme et l’islam, comme l’ont fait certains auteurs, dont Isabelle Lévy.
    - La prière: chez les juifs, on distingue la prière individuelle de la prière publique, organisée à la synagogue où la présence d’un mynian, c’est-à-dire le quorum de dix personnes de sexe masculin ayant atteint la majorité religieuse, est nécessaire. La prière individuelle est pratiquée trois fois par jour, le matin, à midi et le soir. Les hommes couvrent, en permanence selon la Tradition, leur tête d’une kippa («calotte» en français). Les femmes portent un foulard ou une perruque pour cacher leurs cheveux, à la synagogue ou lors des prières. Pour les chrétiens, c’est à l’église et au temple où s’exerce le culte. Les croyants s’y réunissent pour écouter la Parole de Dieu, participer au sacrement et s’adresser au Seigneur par le chant et la prière. Au début de la messe, le prêtre proclame et commente la Parole de Dieu. Dans l’islam, les prières quotidiennes, qui sont au nombre de cinq par jour et qui sont effectuées en direction de La Mecque, après des ablutions, peuvent être effectuées soit individuellement, soit, de préférence, en groupe, à la mosquée («Al Masgid», lieu où on se prosterne). Les cinq prières sont obligatoires pour tout musulman et seuls les malades et les femmes lors de leurs menstruations en sont dispensés. Des facilités sont accordées aux malades et aux voyageurs qui peuvent réunir les prières et réduire le nombre des prosternations. L’appel à la prière est effectué par le muezzin, qui remplace la trompette des juifs et la cloche des chrétiens catholiques. C’est l’ange Gabriel qui a enseigné au prophète Mohammed comment faire les ablutions et effectuer la prière rituelle.
    - Le jeûne: une fois par an, à l’occasion de Yom Kippour «Jour du Grand Pardon», le juif est invité à un jeûne strict de vingt-cinq heures, sans boisson ni nourriture. Il lui est, également, interdit, pendant ce laps de temps, de se laver, d’enduire son corps d’huile ou d’onguent, de porter des chaussures en cuir, de fumer et d’avoir des relations sexuelles. Cette journée est réservée au repentir des fautes commises pendant l’année. Ce qui équivaut à la confession dans la tradition chrétienne. D’autres jeûnes sont prévus pour les juifs: le jeûne d’Esther, le jeûne des premiers-nés, des jeûnes qui commémorent les sièges et la destruction du Temple de Jérusalem. Tous ces jeûnes débutent au point du jour pour se terminer à la tombée de la nuit, sauf celui de TishaBeav dont la durée est de vingt-cinq heures comme Yom Kippour. Les chrétiens observent les quarante jours du carême, avant la fête de Pâques chrétienne. C’est un moment de prière, de jeûne et de recueillement, en souvenir de Jésus qui, après avoir été baptisé par Jean-Baptiste, comme nous allons le voir, a jeûné pendant quarante jours, dans le désert, avant de commencer son prêche public.
    Rappelons que les musulmans jeûnent, pendant tout le mois de Ramadan, de l’aube au crépuscule, sans manger, ni boire, ni fumer, et sans avoir de relations sexuelles. Ce jeûne est obligatoire pour toute personne ayant atteint l’âge de la puberté. En sont, cependant, dispensés les enfants, les femmes pendant leurs périodes mensuelles, les voyageurs, les malades et les vieillards. Les jours non jeûnés peuvent être rattrapés sauf en cas d’incapacité permanente. D’autres jeûnes, non obligatoires, sont, parfois, suivis à l’occasion de certains évènements comme le jour de l’Achoura qui correspond à l’exode des juifs d’Égypte et le jour d’Arafat pour les non-pèlerins.
    - Le pèlerinage: les juifs, qui le peuvent, se rendent trois fois par an, dans la ville sainte de Jérusalem, auprès du mur occidental appelé «le Mur des lamentations». Ils se recueillent sur les tombes des patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Par ailleurs, des juifs retournent, parfois, aux sources de leurs pays d’origine. Ainsi, de nombreux pèlerinages sont organisés à Djerba, en Tunisie, où se trouve la plus vieille synagogue du monde, datant de l’époque du roi Salomon, en l’an 900 av. J.-C. Les chrétiens se rendent en pèlerinage à plusieurs endroits de la Terre sainte: à Bethléem, ville de la naissance de Jésus; Nazareth, ville de son enfance; Jérusalem, en particulier le tombeau du Saint-Sépulcre.
    Les catholiques effectuent des pèlerinages dans des lieux liés, souvent, à des apparitions de la Vierge Marie dont Lourdes en France, et Fatima au Portugal. Ils se rendent, également, à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, déclaré par le pape Alexandre VI comme lieu de pèlerinage pour les catholiques avec Rome et Jérusalem. De nombreux chrétiens se rendent à la basilique Saint-Pierre à Rome, là où les apôtres Pierre et Paul ont été martyrisés et enterrés. Quant aux musulmans, le grand pèlerinage à La Mecque (Arabie Saoudite) constitue le cinquième pilier de l’islam. Il est obligatoire une fois dans la vie de tout musulman, adulte, qui a la possibilité de le faire. Il se déroule pendant les premiers jours du mois d’El hijja. Tout musulman peut également effectuer, à toute époque de l’année, le petit pèlerinage (Al Omra), à la Grande Mosquée de la Mecque (Al Masgid Al Haram).

    Jésus, une grande
    figure biblique du Coran

    Rachid Lazrak
    La Croisée des Chemins,
    L’Harmattan, 2019

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