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    Pourquoi la recherche scientifique bugue

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5510 Le 07/05/2019 | Partager
    Budget, accès aux bases de données internationales, maîtrise de l’anglais... les carences
    Le Maroc dépassé par la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie
    Révision du système global, engagement du public et du privé, des impératifs

    Le développement de la recherche scientifique dans un pays est conditionné par un engagement politique permettant de mener une politique volontariste dans ce domaine. C’était le message fort rappelé par la majorité des participants à un colloque international organisé, dernièrement, à la faculté de Souissi-Rabat portant sur l’évaluation et les perspectives de la recherche scientifique au Maroc.

    La promotion de la recherche scientifique et technique occupait déjà une place de choix dans la vision stratégique de la réforme éducative 2015-2030, mais dans la pratique beaucoup de travail reste encore à faire. A ce titre, plusieurs intervenants rappellent les résultats timides enregistrés par le Maroc dans les différents classements mondiaux en matière de recherche scientifique.

    En termes de production scientifique par habitant en Afrique, le Maroc est largement dépassé par la Tunisie qui se trouve en tête suivie par l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Algérie, selon les données Scopus. Cette situation s’explique par un certain nombre de problèmes qui entravent le développement de ce secteur. Le manque de budget et de moyens figure parmi les points avancés par la majorité des intervenants.

    D’ailleurs, le budget alloué à ce secteur avoisine seulement 0,9% du PIB dont la grande part réservée aux salaires, précise un enseignant chercheur de Rabat. Alors que ce taux dépasse les 4% dans certains pays comme la Corée du Sud et Israël et près de 2,5% en Chine.

    «Il y a également des difficultés d’accès aux bases de données nationales et internationales dont la procédure d’autorisation présente des difficultés», ajoute Abdellah Yousfi, enseignant à la faculté de Souissi et président de ce colloque.

    Ce dernier soulève également un sérieux handicap posé pour une grande partie des chercheurs et doctorants marocains. Il s’agit de la bonne maîtrise de l’anglais, ce qui ne leur permet pas de publier dans des revues indexées internationales. Un problème dont souffre l’ensemble des universités y compris celle de Rabat.

    «59% des thèses de nos doctorants sont soutenues en français, 29% en arabe et seulement 11% en anglais», précise Ismail Kassou, vice-président, chargé de la recherche à l’université Mohammed V. «Le statut du corps enseignant chercheur de 1997 ne favorise pas le développement de la recherche notamment à travers des avantages en termes de rémunération et évolution professionnelle», ajoute un enseignant, spécialiste dans les mathématiques.

    Ce dernier rappelle que le salaire d’un chercheur actif au Pakistan peut dépasser celui d’un ministre. Cette motivation financière est une pratique qu’on retrouve dans tous les pays qui ont réalisé des progrès dans le domaine de la recherche scientifique comme Cuba, la Chine et la Tunisie.

    Alors qu’au Maroc, il n’y a pas une grande différence en termes de salaire et retraite entre un professeur actif et un autre improductif sur le plan de la publication. Le système d’évaluation est donc indispensable pour le développement de la recherche, recommande la majorité des intervenants.

    La Chine constitue l’exemple du pays qui a pu, grâce à la recherche et le savoir, de sortir du sous-développement pour devenir une grande puissance économique en moins d’une trentaine d’années. En termes de publications, ce pays a dépassé les Etats Unis, en 2017-2018, avec 420.000 contre 406.000, confirme dans son intervention Mohamed Najim, professeur Emérite Bordeaux-France et ex-enseignant à la faculté des sciences de Rabat.

    25% des thèses nationales viennent de Rabat

    Près d’un quart de la production scientifique est réalisée par l’université de Rabat qui comprend près de 2.000 enseignants chercheurs et 6.500 doctorants, indique Kassou. Environ 450 thèses soutenues par an, ce qui représente 25% de l’ensemble des thèses au niveau national. Près de 50% concernant le domaine des sciences humaines et sociales y compris les branches juridique et économique, mais avec une part de publications moins de 10% contre 90% pour les sciences et techniques.

    Noureddine EL AISSI

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